Nouveau coronavirus (COVID-19)

Q & R : Quel est l’impact de la pandémie de COVID-19 sur l’investissement

Q1. Quels sont les défis posés par la pandémie de COVID-19 ?

Q1. Quels sont les défis posés par la pandémie de COVID-19 ?

Cette pandémie sans précédent crée une incertitude et des difficultés considérables à travers la planète, aussi bien pour la santé publique que pour le bien-être social et économique des populations, leur sécurité alimentaire et leur nutrition. La situation est d’autant plus difficile qu’elle est imprévisible. Si la crise ralentit dans certains pays, elle resurgit ou se poursuit dans d’autres. Les restrictions de déplacement, les mises en quarantaine, les obstacles au commerce et les retards de livraison ont perturbé les chaînes d’approvisionnement alimentaire, le commerce et la logistique, affectant de façon disproportionnée les pays en développement.

À juste titre, les gouvernements et les donateurs s’efforcent de répondre aux besoins immédiats des communautés les plus pauvres et les plus vulnérables. De nombreuses personnes ont perdu leur emploi ou ont vu leurs revenus baisser considérablement. L’aide alimentaire d’urgence, les programmes d’appui à la nutrition et de protection sociale peuvent les aider à traverser cette période difficile.

Il est également essentiel que les chaînes d’approvisionnement agricole et alimentaire continuent à bien fonctionner, notamment pendant les périodes de confinement, tout en respectant les mesures de sécurité pour le COVID-19.

Les produits alimentaires qui sont conformes aux exigences existantes de sécurité sanitaire doivent pouvoir franchir les frontières. Les agriculteurs doivent être en mesure d’accéder aux intrants, aux financements et aux marchés afin de pouvoir cultiver, récolter et vendre leur production. Et les consommateurs doivent pouvoir accéder en toute sécurité à des aliments sains, nutritifs et à des prix abordables.

Q2. Comment les agriculteurs et le secteur agroalimentaire s’adaptent-ils à cette nouvelle réalité ?

Q2. Comment les agriculteurs et le secteur agroalimentaire s’adaptent-ils à cette nouvelle réalité ?

La crise affecte l'offre et la demande mais ouvre également des opportunités uniques. On observe des changements importants dans la façon dont les gens font leurs achats, mais aussi de ce qu’ils mangent. Les technologies numériques servent à créer des plateformes de commerce électronique, qui rendent les chaînes d'approvisionnement plus courtes en connectant directement les agriculteurs aux détaillants et aux consommateurs, notamment dans les zones urbaines et péri-urbaines.

Grâce à ce que l’on appelle le « financement mixte », les gouvernements et le secteur bancaire pourraient s’allier pour atténuer les difficultés subies par les petites et moyennes entreprises et leur proposer des lignes de crédit et des mécanismes de garantie. Dans les zones rurales, les petits agriculteurs et les coopératives risquent d’avoir plus de mal à accéder au crédit pour la prochaine campagne agricole. Se rendre physiquement dans une banque peut être impossible du fait des restrictions de déplacement. Les banques peuvent aider les gens à respecter les règles de distanciation sociale et limiter les retards en accélérant la mise à disposition de services bancaires en ligne.

Au Bangladesh, une initiative pilote utilise des centres d’appel virtuels qui conseillent les agriculteurs et les aident à utiliser les services existants de commerce électronique et de paiement en ligne. Ce type de mesures – et de nombreuses autres – sont relativement faciles à mettre en place, touchent un grand nombre de personnes et assurent une communication en temps réel avec une infrastructure minimale.

Q3. Que faut-il faire ?

Q3. Que faut-il faire ?

Il faut agir rapidement, à la fois en termes de politiques et d’investissement, tout en évitant les solutions passe-partout.

Il sera maintenant encore plus difficile d’atteindre les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, notamment l’éradication de la faim et de la pauvreté. Nous devons redoubler d’efforts pour bâtir des systèmes agroalimentaires durables qui soient mieux armés pour surmonter les crises et les chocs.

Le statu quo n’était pas une approche viable avant la crise et il l’est encore moins maintenant.

Ces vingt dernières années, nous avons traversé la crise des prix alimentaires en 2008, la crise financière en 2009 et maintenant la pandémie de COVID-19. Nous devons nous poser la question : « Qu’avons-nous fait de bien en 2008, qu’avons-nous mal géré et que peut nous enseigner la crise actuelle ? »

Nous savons qu’il faut adapter les politiques et les plans d’investissement aux réalités et besoins spécifiques des pays. Cela nécessite des données de qualité et une analyse rapide qui permet de cerner les problèmes et d’identifier des solutions .

Q4. Que fait le Centre d’investissement de la FAO ?

Q4. Que fait le Centre d’investissement de la FAO ?

Le Centre est pleinement conscient de l’urgence avec laquelle il lui faut aider les pays à s’adapter à cette nouvelle réalité. Cela passe par la restructuration des projets d’investissement en cours mais aussi par la conception de nouveaux projets qui s’attaquent de front aux défis que le COVID-19 pose aux systèmes agroalimentaires. Un grand nombre de nos spécialistes travaillent uniquement sur cette question.

Au début de la pandémie, nous avons collaboré avec la Banque mondiale, l’un de nos plus anciens partenaires financiers, pour élaborer un outil d’évaluation diagnostique des investissements qui collecte et analyse rapidement les données sur la sécurité alimentaire et le secteur agroalimentaire. Les données recueillies permettront de repenser les propositions de projets en cours pour répondre aux défis posés par la pandémie et d’éclairer les choix de nouveaux investissements pour aider les pays à faire face à la crise et accélérer leur redressement. Des évaluations sont en cours dans de nombreux pays.

Des pays se tournent vers la FAO pour obtenir des conseils stratégiques en matière de réponse à la pandémie. Nous avons contribué à plusieurs documents d’orientation de la FAO, par exemple des conseils à l'usage des petits États insulaires en développement, sur le rôle des autorités locales dans le maintien en activité des systèmes alimentaires, sur les marchés intérieurs et encore l'agriculture numérique. Nous organisons des webinaires sur l’agriculture numérique et participons à des études thématiques. Nous travaillons notamment sur une étude consacrée à l'élevage et à l’approche « Un monde, une santé » avec la Banque mondiale et notre bureau régional pour l'Afrique, ainsi qu’à une autre étude en Asie de l'Est et le Pacifique, toujours sur l’approche « Un monde, une santé » et la réduction des risques émergents liés aux maladies infectieuses transmises par la faune sauvage.

Avec la Banque mondiale et d’autres partenaires financiers de longue date tels que le FIDA (Fonds international de développement agricole) et la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement), nous collaborons à la restructuration d’opérations d’investissement afin d’y inclure le financement d’actions d’urgence et de moyen terme pour faire face à la pandémie.

Avec la BERD, par exemple, nous préparons un programme d’assistance technique conjoint qui couvrira l’Europe centrale et orientale, l’Asie centrale, la Turquie, ainsi que la Méditerranée du Sud et de l’Est. L’idée est de limiter les perturbations à court terme des chaînes de valeur agroalimentaires tout en soutenant la transition vers des systèmes agroalimentaires plus résilients et plus durables.

Nous sommes également en train d’intégrer des activités de réponse à la pandémie de COVID-19 dans des projets du Programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) en cours de finalisation, notamment en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Libéria et en République centre-africaine. Avec d’autres départements de la FAO, notamment les départments de l’Agriculture et des Pêches, nous participons aussi à des études sur la réponse à la pandémie COVID-19 dans différents pays.

Nous contribuons à des outils d’appui aux politiques que la FAO met en ligne, par exemple pour l’utilisation des big data et l’obtention d’informations en temps réel sur l’impact de la pandémie sur l’alimentation et l’agriculture, les chaînes de valeur, les prix alimentaires et la sécurité alimentaire mondiale. Nous soutenons également des réunions ministérielles de haut niveau sur la crise, dont une sur la sécurité alimentaire en Afrique co-organisée par notre Directeur général et l’Union africaine.

Le mandat de la FAO nous appelle à nous concentrer en pemier lieu sur les personnes les plus vulnérables et leurs besoins. Nous continuerons à nous appuyer sur nos partenariats de longue date avec les institutions financières internationales et les banques de développement régional, ainsi que sur notre collaboration avec les divisions techniques, les bureaux régionaux et les bureaux pays de la FAO, pour aider les pays à limiter l’impact de la pandémie sur l'alimentation et l'agriculture.

Nous avons une bonne expérience en matière d’organisation de réunions rassemblant à la fois les parties prenantes du secteur public et du secteur privé, notamment les agriculteurs et leurs organisations, pour discuter des questions de politiques et surmonter les blocages.

Nous conseillons également ces partenaires sur des solutions de « financement mixte » pour limiter les contraintes de liquidités et de financement afin de bâtir des chaînes de valeur agroalimentaires plus résilientes. A travers l’initiative Agrintel financée par l’Union européenne, la FAO conseille plusieurs fonds et facilités qui investissent dans le secteur agro-alimentaire.

À mesure que la crise évolue, nous continuerons à plaider en faveur de la concertation sur les politiques, à fournir de l’assistance technique lorsqu’elle est nécessaire, à partager les connaissances et l’innovation et à sensibiliser le grand public à la situation dans les médias.

Faire les bons investissements aujourd’hui, que ce soit dans les infrastructures, le capital humain, les capacités ou la technologie, c’est aider à bâtir des systèmes alimentaires plus résilients et plus inclusifs dans l’avenir.

Partagez