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Environnement


L'iguane à crête
Survie de la faune sauvage au Bangladesh
La tourbe au Burundi
Inventaire du couvert forestier de Sri Lanka
Recherche tropicale au Mexique
Polémique autour des parcs nationaux en Thaïlande
Second programme quinquennal de conservation en Indonésie
Coût des dommages créés à l'environnement dans les pays développés en termes de PNB


L'iguane à crête

Brachylophus vitìensis

Le Service cinématographique des Fidji a tourné un film en couleurs sur le cycle biologique de l'iguane à crête, Brachylophus vitiensis. Ce reptile rare, découvert par M.J. Gibbons, de l'université du Pacifique Sud, et décrit pour la première fois en 1981, vit dans une île écartée des Fidji.

Le film couvre une année d'observation de cet iguane et enregistre les différents aspects de son comportement, de l'éclosion à la mort. Il existe en 16 mm ou en vidéocassette PAL U-matic de 3/4 de pouce, dure 13 minutes et convient bien pour l'enseignement de l'anglais.

Pour se procurer une copie du film, dont le prix est de $U.S.250, écrire à:

Director of Film Production
Fiji Film Unit
Government Buildings
Suva, Fidji

Survie de la faune sauvage au Bangladesh

La perturbation, le rétrécissement et la destruction des habitats mettent gravement en danger la faune sauvage du Bangladesh. Certaines espèces importantes ont disparu, et on estime que les effectifs de populations sont très inférieurs à la capacité de charge optimale.

Le gouvernement a institué divers régimes d'étatisation des terres pour tenter de refréner la chasse, le piégeage et l'exploitation commerciale des forêts. Environ 13000 km2 de forêts sont gérés par le service forestier, auxquels s'ajoutent 9000 km2 de forêts domaniales non classées, le domaine public englobant les marais côtiers et les estuaires. Néanmoins, les forêts de plaine ont été pratiquement éliminées sous l'effet de la pression démographique, ce qui a eu des conséquences désastreuses pour les reptiles, les oiseaux et les mammifères. Pour des animaux comme les éléphants, qui ont des habitats spéciaux, les changements dans les écosystèmes sont une menace particulièrement grave. Il en est de même pour le tigre du Bengale, le gaur (Bos gaurus), la panthère nébuleuse (Neofelis nebulosa), le chat viverrin (Felis viverrina), ainsi que certains oiseaux et reptiles.

Les expéditions du Fonds mondial pour la nature (WWF) en 1966 et 1967 ont contribué à attirer l'attention sur le péril menaçant la faune sauvage au Bangladesh. Le gouvernement de ce pays y a répondu en 1973 avec la promulgation de la Loi sur la préservation de la faune sauvage au Bangladesh et le Décret n° 23 sur la préservation, qui visaient à sauvegarder la faune sauvage moyennant la création d'un réseau national de zones protégées. Ce plan prévoyait la constitution et l'entretien de trois sanctuaires pour le tigre, un pour l'éléphant, six réserves cynégétiques, un sanctuaire pour les crocodiles et 14 centres de protection de l'avifaune aquatique. Il existe également un zoo dans le pays, mais il n'a pas d'écologiste et les installations et équipements indispensables y font défaut.

La tourbe au Burundi

Les forêts du Burundi sont à ce point dégradées qu'il ne reste de réserves de bois que pour une dizaine d'années; aussi le gouvernement prend-il des mesures pour exploiter la tourbe, dont le pays est abondamment pourvu.

Le prix de revient de la calorie tirée de la tourbe n'est que de 40 pour cent du prix de la calorie tirée du bois et de 80 pour cent de celui de la calorie tirée du charbon de bois. Les réserves de tourbe du Burundi sont estimées à 2 milliards de m3, mais il faut au préalable drainer les tourbières et ensuite extraire, débarder et sécher la tourbe. Après exploitation de la tourbe, les tourbières riches en éléments nutritifs peuvent être reboisées ou converties à l'agriculture ou au pâturage. Toutes ces opérations exigent une planification, des investissements et une formation du personnel.

A la suite du lancement d'un «Projet de tourbe au Burundi», les pouvoirs publics ont sollicité l'assistance de l'Irlande, dont 20 pour cent des besoins énergétiques sont couverts par la tourbe. L'Irish Peat Board (Office irlandais de la tourbe) de même que l'organisme irlandais de coopération (Agency for Personal Services Overseas) ont fourni une assistance technique. Le Service de secours catholique et l'Organisme danois pour le développement international (DANIDA) ont accordé une aide financière. Pour unifier son programme, le Burundi a créé un Office national de la tourbe (ONA-TOUR), placé sous la tutelle du Ministère des mines et de la géologie.

Selon de nombreux observateurs (voir Appropriate Technology, Vol. 8 n° 1, juin 1981, p. 11-12), la tourbe offrirait de grandes perspectives d'avenir comme source d'énergie pour le Burundi. Si l'expérience de ce pays s'avère positive, un certain nombre d'autres pays d'Afrique possédant des gisements de tourbe Ouganda. Rwanda, Zimbabwe. Lesotho, Zaïre - pourraient bénéficier de son exemple.

Inventaire du couvert forestier de Sri Lanka

Une évaluation plus précise du couvert forestier de Sri Lanka est maintenant disponible, grâce aux efforts conjoints du Département des forêts de Sri Lanka et du Projet suisse d'inventaire par télédétection. Les résultats de cet inventaire indiquent une proportion de 25 pour cent de couvert forestier dense, auxquels s'ajoutent 10 pour cent de forêts claires et autres, soit au total 35 pour cent du territoire national. En y incluant le couvert végétal des plantations d'hévéas et des cocoteraies, on arrive à un total compris entre 45 et 50 pour cent. Les petits jardins villageois, les parcelles boisées et les galeries forestières le long des cours d'eau accroîtraient encore la superficie totale de la couverture arborescente.

En dépit des déboisements dans le périmètre du Mahaweli Ganga, la situation forestière générale de l'île apparaît saine.

Un résultat important de l'étude est la recommandation formulée par le Département des forêts de faire des plantations d'enrichissement dans les réserves de faune où le pâturage, le broutage et le piétinement des hardes nuit à la végétation.

Recherche tropicale au Mexique

Depuis sa création en 1975, l'Institut national mexicain de recherches sur les ressources biologiques, auquel incombe la tâche redoutable de préserver les ressources biologiques du pays, a étendu ses travaux à des domaines nombreux et variés. Cette action élargie vient de se traduire, entre autres, par la publication d'un ouvrage intitulé Classement des bois au Mexique, lequel expose une méthode de classement visuel correspondant à la résistance structurale. Grâce à cette méthode l'industrie est déjà mieux disposée à utiliser différents types de bois tropicaux.

Un autre fait nouveau est la constitution d'une réserve de forêt ombrophile, qui sera aménagée en «banque de gènes», à la station de terrain de l'Institut à El Morro de la Mancha. Une pépinière attenante renferme environ 20000 plants d'arbres et autres plantes de 100 espèces différentes.

Basé à Xalapa, dans l'Etat de Veracruz, l'Institut compte plus d'une centaine de scientifiques et chercheurs employés à plein temps, plus un personnel auxiliaire de 150 employés. En outre, 24 candidats à des licences venus du Mexique et d'ailleurs étudient à l'Institut, et 24 autres y terminent leur thèse.

MEXIQUE. LA VALLÉE DE MOZQUITAL l'érosion a déjà endommagé 20 pour cent de la superficie des terres

D'autres programmes sont en cours, dont l'identification et le catalogage des ressources de la biosphère, l'enseignement aux paysans mexicains, l'entretien d'un herbier et différentes catégories de recherche sur ordinateur. A la station de La Mancha, se trouve une ferme intégrée comprenant, outre l'exploitation agricole, une réserve de forêt ombrophile, une lagune saumâtre, un étang d'eau douce et une pépinière forestière. De nombreux programmes analogues sont financés par des subventions du gouvernement mexicain, de divers organismes des Nations Unies et de fondations privées.

L'importance du programme est évidente. Une bonne partie des forêts tropicales humides du Mexique, qui couvrent au total 388500 km2, soit 19,7 pour cent du territoire national, a été détruite ou sérieusement dégradée par l'érosion. Les forêts spontanées des Etats de Tamaulipas et de Veracruz, par exemple, ont presque disparu. Celles de l'Etat de Tabasco sont en régression, et celles des Etats de Campeche et de Yucatán sont menacées. Grâce au travail de l'Institut, cette tendance pourrait être renversée.

Reproduit de Research and Development, Vol. 2, n° 11

Polémique autour des parcs nationaux en Thaïlande

L'année 1962 a été marquée par la création du premier parc national de Thaïlande, le parc de Khao Yai, d'une superficie de 216800 ha, dans le centre du pays. Sous l'impulsion de Khun Pong Leng Ee, directeur de la Division des parcs nationaux depuis 1978, le nombre de parcs a doublé, passant à 35, plus sept à l'état de projet, couvrant maintenant au total quatre pour cent du territoire national. Il existe également 24 sanctuaires de faune administrés à part.

En dépit de son expansion, le programme de parcs nationaux n'a pas rencontré un éloge unanime. Ses détracteurs affirment que les parcs ne répondent pas aux normes de l'Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (UICN), qu'ils sont mal gérés, et que le braconnage et la coupe illicite de bois y sont généralisés. Plutôt que d'en créer de nouveaux il vaudrait mieux, selon eux, améliorer ceux qui existent. Les partisans du programme actuel leur opposent l'urgence de la situation. Avec une couverture forestière réduite à 25 pour cent du territoire national, alors que le taux de boisement était de 58 pour cent il y a seulement 25 ans, ils soutiennent que la rapidité du déboisement et la pression démographique croissante exigent l'acquisition de nouveaux terrains pour les parcs tant qu'ils sont encore disponibles. Ils soulignent en outre la disproportion dans la répartition géographique des parcs: la plupart sont situés dans les régions montagneuses du nord-ouest du pays, à végétation forestière sempervirente et décidue, alors qu'ils sont très rares dans les zones de forêt sempervirente de plaine, de marais, de mangroves et de récifs coralliens.

Une question cruciale dans ce débat est la manière dont on pourrait améliorer la qualité de la gestion. Il est généralement reconnu qu'un accroissement des effectifs de personnel n'est pas un remède infaillible, mais que l'appui des villageois est la condition indispensable d'une conservation efficace dans les zones rurales.

Le tourisme est une source de revenus quasi inexploitée pour les parcs. La Thaïlande accueille annuellement 1,8 million de touristes, mais la durée moyenne de séjour dans le pays n'est que de cinq jours, ce qui ne donne guère le temps de visiter les parcs nationaux. On espère qu'avec des incitations appropriées les visiteurs étrangers commenceront à explorer le patrimoine naturel de la Thaïlande.

DANS UNE PLANTATION DE TECK renouveler l'une des ressources les plus précieuses d'Indonésie

Un rapport récent de la FAO propose une révision des zones protégées de Thaïlande de façon à réaliser un ensemble complet et homogène. Une des recommandations importantes est l'intégration des sanctuaires de faune existants dans le système de parcs nationaux et l'établissement d'un classement hiérarchique des parcs et réserves.

Second programme quinquennal de conservation en Indonésie

L'Indonésie, archipel formé de 13000 îles, a signé récemment une importante convention quinquennale de conservation avec le WWF et l'UICN, visant à assurer «une exploitation soutenue des ressources naturelles».

La Convention de 1981 fait suite à un plan quinquennal précédent qui était destiné à a apporter de grands bienfaits au peuple indonésien». Depuis 1977, le WWF et l'UICN ont appuyé 37 projets pour un total de 1,5 million de dollars U.S. A l'heure actuelle, 20 projets WWF/UICN sont en cours de réalisation. Le résultat sera un réseau de 196 zones protégées, couvrant quatre pour cent du territoire national indonésien.

Occupant le cinquième rang dans le monde par sa population, l'Indonésie possède de grandes étendues de forêts denses tropicales. Le bois constituant la plus grosse source de rentrées de devises après le pétrole, la conservation des ressources naturelles est la clef de la prospérité future du pays.

Le nouveau programme de conservation, financé à peu près dans les mêmes proportions que le précédent, a principalement pour objet de coordonner les activités du Projet de développement des parcs nationaux de la Banque mondiale. Il fait appel à des crédits d'autres organismes de développement internationaux, non seulement pour les parcs, mais pour le logement de quelque 500000 personnes vivant dans leurs alentours.

Les initiatives indonésiennes dénotent une tendance favorable dans les efforts de conservation. En 1981, le gouvernement a accru de 56 pour cent son budget pour la protection de la nature, qui est passé à 5,4 millions de dollars U.S., et il existe plus de 400 groupements privés de défense de la nature.

La campagne 1982-1983 du WWF pour les forêts tropicales et les primates a choisi l'Indonésie comme un des 12 pays désignés pour une attention prioritaire. Refuge d'orangs-outangs, de tigres, d'éléphants, de rhinocéros, et de quelque 17 pour cent des espèces d'oiseaux du globe, l'Indonésie est un pays riche en espèces animales et en potentialités.

Coût des dommages créés à l'environnement dans les pays développés en termes de PNB

Les dégâts occasionnés à l'environnement dans les pays développés coûtent près de 3 à 5 pour cent du produit national brut, selon Nature, le bulletin du Conseil de l'Europe.

Les sommes dépensées pour réparer ces dégâts, selon Nature ne représentent que de 1 à 2 pour cent du produit national brut.


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