Central and West Asia and North Africa
Regional Meeting Report

MESURES GOUVERNEMENTALES ARRETEES EN VUE
DE LA CONSERVATION ET DE L'UTILISATION DES
RESSOURCES PHYTOGENETIQUES


Rapport National sur les Ressources Phytogénétiques Tunisie

1. ETAT ACTUEL DES RESSOURCES PHYTOGENETIQUES

La Tunisie et l'Afrique du nord d'une façon générale constitue un centre de diversification de plusieurs espèces agricoles où on dénombrait plusieurs cultivars qui portaient souvent le nom de l'agriculteur qui l'a sélectionné ou de la localité où il était cultivée.

Cette diversité intéresse des espèces comme le blé dur, l'orge, la pastèque, le melon, l'amandier, l'abricotier, le grenadier, le palmier dattier, l'olivier, le figuier et plusieurs espèces fourragères. Actuellement l'agrobiodiversité se caractérise par la prédominance de certaines espèces vivrières (céréales et olivier qui occupent plus de 65% de la S.A.U.) et la mise en culture d'un nombre très restreint de variétés au niveau de chaque espèce.

Cet appauvrissement de la diversité au niveau variétal provient de l'extension de l'agriculture commerciale moderne et intensive. L'adoption des nouvelles variétés ou races plus productives ou mieux adaptées à l'agriculture intensive, a marginalisé l'emploi des variétés ou races locales et a même engendré la disparition de certaines d'entre elles.

En effet au niveau des céréales et durant les 30 dernières années l'état a fait un effort pour le financement des travaux de sélection qui s'est traduit par la création de nouvelles variétés plus productives. Cet effort de recherche a été accompagné d'une action de vulgarisation à travers la division technique de l'office des céréales et celles d es offices régionaux de mise en valeur agricole, ce qui a conduit à l'adoption rapide par les agriculteurs des nouvelles variétés plus productives et des techniques d'intensification qui leur sont associées (fertilisation, désherbage, etc.) mais on a assisté également à l'abandon progressif des variétés locales qui sont souvent plus rustiques mais non sélectionnées et donc moins productives ou de moindre valeur commerciale.

La politique de mobilisation des ressources hydriques a permis par ailleurs une extension rapide des périmètres irrigués à des zones qui n'ont aucune tradition dans la conduite des cultures irriguées et qui sont donc plus ouvertes à l'innovation. En absence d'efforts soutenus de recherche touchant l'amélioration des variétés locales et d'organisme producteur de semences, les cultures maraîchères et fourragères ce sont faites dans ces nouveaux périmètres sur la base de l'emploi des variétés importées dont le produit final est de meilleure qualité. Petit à petit plusieurs variétés locales, ont ainsi disparues du circuit de production. La majorité d'entre elles sont actuellement introuvables (cas de la pastèque, du melon et du piment).

L'évolution étant moins rapide pour les ligneuses, c'est au niveau des espèces arboricoles qu'on arrive à retrouver le plus de variétés locales, mais cette situation de diversité relative ne peut pas durer encore longtemps, quand on constate la vitesse à laquelle les terres agricoles sont dévastées par l'urbanisme (les vergers sont souvent implantés autour des villes et villages) et quand on constate également que la plupart des nouvelles plantations même chez les amateurs, sont faites avec des variétés " standard " dont le nombre par espèce est très limité.

 

2. CONSERVATION EX-SITU DES RESSOURCES PHYTOGENETIQUES

L'activité de collecte et de conservation des ressources phylogénétiques a démarré avec les activités de sélection et d'amélioration variétale au sein de l'INRAT (ex Service Botanique de Tunisie). Ainsi des collections actives d'espèces annuelles (Blé dur, orge, espèces fourragères et cucurbitacées) et d'espèces pérennes (olivier, amandier, abricotier, vigne, etc. ont été réalisées et utilisées dans des programmes de création variétale. Certaines de ces collections (blé dur et Medicago sp.) ont même été transférées à des banques de gènes étrangères (Beltsville, Bari et Australie).

La plupart de ces collections actives en particulier celles des espèces annuelles n'ont pu être maintenues d'une façon intégrales faute de moyens. Conscient de l'importance des ressources phylogénétiques pour un développement durable de l'agriculture et de l'érosion qui frappe ces ressources, le gouvernement a créé en 1982 une banque de gènes à l'Institut National de la Recherche Scientifique et Technique (INRST). Cette création a mobilisé un investissement de 2 Millions de Dinars pour les constructions, les chambres froides, les équipements de conditionnement des semences et les équipements de laboratoire pour l'évaluation.

La gestion des activités de cette banque a été confiée à un comité provisoire. Les crédits de fonctionnements mobilisés entre 1982 et 1986, ont permis le recrutement de quatre jeunes chercheurs et la réalisation de collecte de variétés locales de blé, d'orge et de Medicago sp. Certains travaux d'évaluation ont même été initiés. Cependant l'inexistence de statut juridique à cette banque de gène et d'un statut pour le personnel, les difficultés de gestion rencontrées par l'INRST (absence de crédits à partir de 1986 pour la gestion de la banque), ont fait que cette unité, conforme pourtant aux normes internationales, n'a pas poursuivi ses activités et a connu le départ de trois chercheurs. Actuellement elle n'est pas opérationnelle et les équipements de laboratoire qu'eue renferme sont utilisés pour d'autres activités de recherche.

Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre la désertification, l'Institut des Régions Arides a mis en place avec le concours du PNUD en 1986, une unité de conservation des ressources génétiques pastorales disponibles au sud tunisien. Cette unité qui est relativement modeste, est constituée d'une chambre froide de 24 m3 maintenue à 8°C. Cette unité renferme actuellement une collection de 150 espèces autochtones de parcours dont certaines sont menacées de disparition. En parallèle à ces activités de conservation et de caractérisation des espèces à parcours, l'IRA a constitué également des collections de variétés locales d'espèces arboricoles adaptées aux oasis du sud. Ces espèces sont le palmier dattier, le grenadier et le figuier. En outre, dans le cadre des activités de sélection et d'amélioration des plantes réalisées au sein des Institutions de Recherche et d'Enseignement Supérieur, des collections actives de variétés locales et étrangères ont été constituées au fur et à mesure du développement de ces programmes.

Depuis 1994, le Secrétariat d'Etat à la Recherche Scientifique et à la Technologie (SERST) a considéré la conservation des ressources phylogénétiques comme une activité prioritaire et a mobilisé à cet effet durant la période 1993/97 plus de 450 000 Dinars pour consolider ces collections actives et améliorer les conditions de leur conservation (environ le tiers de cette somme a été consacré à l'acquisition d'équipements pour améliorer les conditions de conservation). Enfin récemment le conseil des ministre restreint du 25/02/98 consacré à la réorganisation du secteur des semences a donné le feu vert pour la création d'une banque de gènes nationale Le ministère de l'environnement a déjà entamé une étude de faisabilité et des consultation avec les organismes concernés pour concrétiser cette action en évitant les erreurs du passé.

 

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