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Focus / 2006

Tests pour contrôler la qualité des aliments au Liban

Nouveau paradigme: la qualité

Le Département de l'agriculture entame 2006 avec un mandat élargi et une nouvelle unité, la Division de la nutrition et de la protection des consommateurs. Louise O. Fresco, la Sous-Directrice générale de la FAO*, explique les changements et la manière dont ceux-ci sont censés améliorer ses services ...

En quoi le mandat du Département a-t-il changé?
"Fondamentalement, il a été étendu pour englober toute la chaîne alimentaire - 'de la ferme à la table' - c'est-à-dire depuis les pratiques de pré-production à la distribution des produits aux consommateurs. De sorte que, en plus des grands programmes de la FAO en matière de production agricole et de systèmes de soutien, le département est désormais chargé des travaux sur la qualité des aliments et la protection des consommateurs, y compris le programme du Codex Alimentarius conduit conjointement avec l'OMS. Ces tâches incombaient précédemment à la Division de l'alimentation et de la nutrition du Département économique et social (ESN), qui a été transférée au sein d'AG en tant que Division de la Nutrition et de la Protection des consommateurs. Notre nouveau mandat est plutôt innovant, car l'intégration de l'agriculture et de la qualité des aliments n'existe pas dans la plupart des institutions gouvernementales des pays membres de la FAO. Cela pourrait ouvrir la voie..."

Qu'est-ce qui a provoqué ces changements?
"Ils font partie d'un processus de réforme visant à garantir l'efficacité et les performances de la FAO dans un environnement mondial en pleine évolution, et entendent aussi contribuer aux Objectifs du Millénaire pour le développement. Et ils confirment et consolident les faits nouveaux intervenus au cours des dernières années, tant dans le cadre des travaux de l'Organisation que dans le secteur alimentaire et agricole.
      "Nous observons trois grandes tendances aujourd'hui. En premier lieu, les chiffres mondiaux indiquent que la croissance démographique ralentit beaucoup plus que prévu - les peuples des pays en développement font moins d'enfants et ils les font plus tard. Deuxièmement, le développement économique augmente plus vite que les prévisions, et la demande de produits agricoles est en pleine expansion. La croissance économique s'accompagne d'une modification rapide des habitudes alimentaires et de normes de qualité des aliments de plus en plus rigoureuses. Troisièmement, il ne faut pas oublier l'impact de l'agriculture sur l'environnement, et la pression exercée par la croissance économique d'une façon générale sur nos ressources naturelles.
      "Ces tendances indiquent que nous devons revoir notre façon d'envisager le monde. Les enjeux d'aujourd'hui sont comment produire les types d'aliments et de produits agricoles dont les gens ont besoin (y compris sous l'optique de la santé), et comment obtenir les meilleurs systèmes de production possibles - qui limitent au minimum les effets néfastes sur l'environnement et garantissent un taux élevé de productivité. Le secteur de l'agriculture et de l'alimentation doit englober la chaîne entière, de la production à la consommation, et y incorporer les aspects liés à l'environnement. A l'avenir, l'agriculture ne sera plus autant régie par l'offre qu'elle ne l'a été au cours des dernières décennies, mais beaucoup plus par les interactions entre la demande et l'offre, par de nouveaux critères et de nouvelles normes, sans oublier les nouvelles technologies.

"Nous assistons donc à un 'basculement des modèles', les questions de qualité - qualité de la vie, qualité de l'environnement et qualité de la nutrition prenant le pas sur les tonnes, les calories et les hectares"
       "Nous assistons donc à un 'basculement des modèles', les questions de qualité - qualité de la vie, qualité de l'environnement et qualité de la nutrition prenant le pas sur les tonnes, les calories et les hectares. La question de la qualité des aliments est incontestablement au premier plan des préoccupations des consommateurs à cause des craintes liées aux épizooties - la crise de la grippe aviaire en est un exemple flagrant et a fortement sensibilisé l'opinion publique au lien entre santé publique et agriculture. Un autre aspect de la question de qualité est le problème croissant de l'incidence de l'obésité, dans les pays en développement comme dans les pays développés."

De quelle manière les travaux récents d'AG ont-ils ouvert la voie à cette nouvelle orientation?
"Au cours des trois ou quatre dernières années, le Comité de l'agriculture de la FAO [COAG] a examiné les questions relatives à l'approche de la 'chaîne alimentaire' pour des approvisionnements salubres et nutritifs, les bonnes pratiques agricoles, et la nécessité d'une approche mondiale de biosécurité, c'est-à-dire la gestion des risques biologiques et écologiques liés à l'alimentation et l'agriculture. La sécurité sanitaire des aliments a également fait l'objet d'un document du COAG sur les impacts de la mondialisation sur la production animale.
       "Toutes ces lignes de force émergentes laissent entendre clairement que les chaînes alimentaires relient les pays non seulement à l'échelon national, mais aussi international. Ce qui est produit au Brésil nourrira les poulets en Chine, et des parties de ces poulets seront consommées sur place tandis que d'autres seront expédiées dans le monde entier. Ce sont ces réseaux tentaculaires qui déterminent l'avenir de l'agriculture et de l'alimentation. La chaîne alimentaire n'est pas locale, la Terre est en fait un immense réseau de chaînes alimentaires, au point que tous les jours, chacun se retrouve associé à un complexe plus vaste. Ceci signifie aussi que chaque citoyen devrait s'intéresser à ce qui se passe dans le reste du monde."

Quels changements les pays attendent des services dispensés par le Département?
"Notre rôle est d'aider les pays à faire des choix importants sur l'avenir de leurs secteurs de l'agriculture et de l'alimentation. Ces décisions reflèteront

"Il existe un sentiment de collaboration et de diversité plus diffus, de personnes souhaitant préserver leur identité et leur mode de vie..."
leurs priorités nationales, le consentement de leurs citoyens, et le sens de responsabilité que tout pays et tout gouvernement devrait assumer vis-à-vis de l'impact à plus long terme de l'agriculture sur l'environnement. Sur le plan politique, nous reconnaissons en outre que le monde n'est plus divisé en deux grands blocs. Il existe un sentiment de collaboration et de diversité plus diffus, de personnes souhaitant préserver leur identité et leur mode de vie. Nous ne pouvons nous contenter de transmettre des schémas ou de donner des recettes - l'idée de la chaîne alimentaire prévoit différentes approches dans différents pays et différents contextes.
       "Notre nouveau mandat et notre nouvelle Division de la nutrition et de la protection des consommateurs nous permettront de consolider l'approche de la chaîne alimentaire et d'intégrer dans la production les questions de qualité des aliments, d'établissement de normes et d'information nutritionnelle. Je pense que tout le personnel du Département est enthousiaste à l'idée de ce nouveau rôle, tout en étant conscient de la grande responsabilité qu'il comporte. Avec le temps, l'agriculture emploiera un pourcentage de plus en plus réduit de la population, ce qui veut dire que son "public" rétrécira. Mais tous les êtres humains de la planète sont des consommateurs de nourriture, ce qui revient à dire que nous sommes tous le public du Département de l'agriculture."


* Louise O. Fresco a quitté la FAO le 1er juin 2006. Mme Fresco sera désormais Professeur à la chaire de développement international et durabilité à l'Université d'Amsterdam
  • Voir les articles Focus sur: La filière alimentaire, L'élevage à l'heure de la mondialisation, Bonnes pratiques agricoles et La biosécurité
  • Visiter le site web de notre nouvelle Division de la nutrition et de la protection des consommateurs
  • En savoir plus sur La réforme de la FAO
Publié en janvier 2006
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