Viale delle Terme di Caracalla
00100 Rome, Italie
Téléphone: +39 06 57051
Fax: +39 06 570 53152
Telex: 625852/610181 FAO I /
Télégrammes: FOODAGRI ROME
Courrier électronique:
FAO-HQ@fao.org

EnglishEspañol

 

Allocutions

Curriculum vitae du Dr Jacques Diouf

 


Message du Directeur général de la FAO à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation et du TeleFood 1999 sur le thème: Les jeunes contre la faim"

Rome, Italie, 16 octobre 1999

 

Aujourd'hui, à l'occasion de la dix-neuvième Journée mondiale de l'alimentation, nous célébrons aussi le cinquante-quatrième anniversaire de la fondation de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à Québec, au Canada.

Le thème de la Journée mondiale de l'alimentation et du TeleFood de cette année: "Les jeunes contre la faim" a été choisi à la fois pour souligner le rôle des jeunes dans la lutte contre la faim et la malnutrition et pour leur donner l'occasion de participer à la campagne visant à assurer de la nourriture pour tous.

Les jeunes constituent 17 pour cent environ de la population mondiale. Dans bien des pays en développement, ce pourcentage est encore plus élevé, notamment dans les zones rurales. Aujourd'hui, quelque 472 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans vivent à la campagne. D'ici 2015, il y aura 1,4 milliard de jeunes sur notre planète. Autrement dit, 1,4 milliard de jeunes gens qui pourraient être mobilisés pour lutter contre la faim et pour atteindre l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique, qui dépasse aujourd'hui les 800 millions.

Il est donc important de tenir compte des jeunes dans nos programmes de développement et nos politiques nationales. Surtout dans les sociétés agraires et semi-urbaines, où les jeunes contribuent, chaque fois qu'ils le peuvent, à la production d'aliments de subsistance. De même, là où sévit la guerre civile, là où le SIDA fait des ravages, les ménages dirigés par de très jeunes garçons et filles sont devenus une triste réalité et leur nombre croît de façon spectaculaire. On comprend que, dans ces conditions, le rôle des jeunes dans la production agricole et la sécurité alimentaire revêt une importance capitale.

La faim et la sous-alimentation chronique font obstacle à la vie humaine. Lorsqu'une personne n'a pas accès, physiquement ou pratiquement, à une alimentation saine et nutritive à tout moment, les conséquences sont désastreuses. Le cas des jeunes souffrant de faim et de malnutrition est encore aggravé par les fléaux indissociables de l'analphabétisme, de la pauvreté et du chômage qui leur interdisent l'accès à l'éducation, à une formation élémentaire et à l'emploi.

Avec des perspectives d'avenir aussi incertaines dans leurs communautés rurales, de nombreux jeunes rejoignent les rangs de ceux qui migrent vers les centres urbains ou même à l'étranger. Mais cette migration est due aussi au peu de considération que les jeunes ont pour les métiers de l'agriculture. Avec l'arrivée massive dans les villes de ces nouveaux venus non qualifiés, tout un éventail de problèmes urbains, sociaux, écologiques et politiques, tels que la croissance rapide des bidonvilles, le trafic de stupéfiants, le chômage et la criminalité, s'intensifient.

Pour briser cette spirale négative, il faut commencer par résoudre le problème numéro un, à savoir la faim et la malnutrition. Nous avons les connaissances et les technologies nécessaires pour y parvenir et la capacité, à l'échelle mondiale, de produire suffisamment de nourriture, dans des conditions rentables et durables. A cela doit s'ajouter un travail d'éducation, de sensibilisation et de renforcement des organisations sociales formelles et informelles pour aider les jeunes à tirer parti des services et des ressources productifs nécessaires à la production alimentaire.

Le défi auquel notre génération est confrontée est donc d'inciter les jeunes, des pays développés comme des pays en développement, à jouer un rôle plus actif dans la sécurité alimentaire. Dans les pays industrialisés, il peut s'agir de participer, dans le cadre du large éventail d'institutions et d'organisations gouvernementales et civiles, à la promotion et à la recherche de fonds pour des activités de lutte contre la faim. Si les jeunes veulent s'engager encore davantage, ils peuvent plaider la cause de la sécurité alimentaire auprès de leur gouvernement à l'occasion d'une vaste campagne visant à assurer de la nourriture pour tous.

Dans les pays en développement, le défi consiste à obtenir que les jeunes participent efficacement aux activités de production agricole et de sécurité alimentaire, en surmontant des obstacles comme le manque de terre, d'accès au crédit et aux ressources nécessaires à la production ou encore l'absence de formation à un emploi agricole. Il faut également prévoir des activités génératrices de revenu et de moyens dans les zones rurales. Il faut enfin organiser des groupes de jeunes, dans le cadre du processus de dévolution des pouvoirs à la communauté, pour leur permettre d'accéder aux services de vulgarisation et de soutien assurés par les gouvernements, les organisations non gouvernementales et le secteur privé.

Comme par le passé, la célébration de la Journée mondiale de l'alimentation de cette année donne l'occasion aux gouvernements et à tous les secteurs de la société civile de se réunir pour examiner les progrès accomplis dans le suivi du Sommet mondial de l'alimentation. C'est aussi une occasion de dialogue et de mobilisation des divers secteurs de la société civile pour lutter contre la faim, la pauvreté et la malnutrition. En attirant l'attention sur les problèmes et sur les capacités des jeunes, nous sensibilisons les responsables politiques et les décideurs aux besoins, aux priorités et à la contribution potentielle des jeunes aux activités en faveur de la sécurité alimentaire.

La Journée mondiale de l'alimentation débutera aujourd'hui par la cérémonie de la Journée mondiale de l'alimentation qui se tiendra au siège de la FAO, ainsi que par de nombreuses autres manifestations organisées dans le monde. Elle sera couronnée par un concert de gala de cinq heures à la Jamaïque, qui sera diffusé mondialement le 4 décembre. Depuis deux ans, la diffusion mondiale du TeleFood touche chaque année plus de 500 millions de personnes de tous les continents, beaucoup ont répondu au message du TeleFood "De la nourriture pour tous" en envoyant une contribution au Fonds du TeleFood. Les dons reçus servent à financer des projets de base aidant directement les agriculteurs et les agricultrices pauvres, notamment les jeunes, à produire des aliments, à mieux se nourrir et à gagner de l'argent, de façon à accéder, avec leurs familles et leurs communautés, à une meilleure qualité de vie.

J'ose espérer qu'en attirant l'attention du monde sur la contribution des jeunes à la lutte contre la faim, cette Journée mondiale de l'alimentation marquera une étape décisive dans la réalisation de l'objectif fixé par le Sommet mondial de l'alimentation de réduire de moitié le nombre des personnes qui souffrent de la faim d'ici 2015. Ainsi commencerons-nous, peut-être, à nous acquitter de nos obligations à l'égard de la génération suivante, en jetant les bases, pour le prochain millénaire, d'un monde libéré du fléau de la faim.  

 

 


Cherchez | Page d'accueil de la FAO | Anglais | Arabe | Espagnol

[ Commentaires?: Webmaster@fao.org ]