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CHAPITRE 1 INTRODUCTION


1.1 Généralités

Parmi les efforts pour éradiquer la faim et diminuer la pauvreté, le Département des pêches de la FAO, à travers le Service de la planification du développement, a commencé la promotion de l’aquaculture commerciale dans les pays en développement, tout spécialement en Afrique subsaharienne. Le but est d’aider les pays en développement à mettre en place des politiques d’aide à la création ou à l’essor de l’investissement aquacole privé en visant un développement durable de ce secteur.

Pour atteindre ce but, la FAO a commandé une large gamme d’études couvrant les aspects socio-économiques, le marché, la politique, les aspects juridiques et institutionnels en Côte d’Ivoire, à Madagascar, au Malawi, au Mozambique, au Nigéria, en Zambie, au Costa Rica et au Honduras. L’enquête a porté aussi sur la documentation pertinente à ces aspects. Les résultats de ces études sont rapportés dans les différents volumes du rapport.

En plus de traiter du concept d’aquaculture commerciale et de décrire certaines des conditions préalables à son développement, le Volume 1 expose les raisons qui poussent à appuyer l’aquaculture commerciale durable, examine les principaux obstacles à son développement et propose un cadre de politique générale pour sa promotion.

L’aquaculture commerciale, c’est-à-dire l’élevage d’organismes aquatiques pour maximiser les bénéfices dans un but commercial, et ce d’abord dans le secteur privé, est appuyée pour sa capacité à contribuer à la sécurité alimentaire, directement en produisant du poisson et autres organismes pour l’alimentation humaine, et indirectement par la création d’emplois et de revenus permettant d’acheter des denrées alimentaires. Elle est également appuyée pour sa capacité à générer des revenus pour les gouvernements à travers la collecte des impôts, pour sa viabilité financière indépendamment des fonds publics, et aussi pour sa faculté à aider l’aquaculture artisanale (Ridler et Hishamunda, 2001).

Un ensemble de facteurs empêche l’aquaculture de se développer en Afrique subsaharienne. Ils sont entre autres: un niveau d’investissement local et étranger qui est faible dans le secteur, la faible disponibilité des semences et d’aliments de bonne qualité, des services de formation et vulgarisation inadaptés, l’absence de terrains convenables dans certains pays, des droits fonciers ou des droits à l’eau mal définis ou non définis, le manque d’une législation spécifique à l’aquaculture dans la majorité des pays, l’absence ou l’inaccessibilité des capitaux et les intérêts bancaires élevés (Ridler et Hishamunda, 2001; Percy et Hishamunda, 2001). L’insuffisance d’informations sur le marché des poissons d’élevage limite aussi ou pourrait limiter le développement de l’aquaculture en Afrique subsaharienne (Ridler et Hishamunda, 2001).

Une combinaison de bonne gouvernance, d’ouverture au marché mondial, de politiques de croissance macro-économiques, la reconnaissance de l’investissement privé comme source de richesse, une sécurité foncière, les exemptions d’impôts et les moratoires, les garanties de prêts, l’émission d’actions en échange de dettes, la promotion de grandes fermes, les associations de producteurs, une planification stratégique et l’existence de procédures réglementaires transparentes sont les facteurs clés permettant d’attirer des investisseurs vers l’aquaculture commerciale, de faire face aux problèmes de formation et d’influencer positivement le développement, à long terme, de ce secteur en Afrique subsaharienne (Ridler et Hishamunda, 2001).

Les problèmes liés à l’eau et à la terre, ainsi que la question de la législation portant sur l’aquaculture sont examinés en détail dans le Volume 3 de ce rapport, qui traite du cadre juridique et institutionnel de la promotion de l’aquaculture commerciale durable. La partie relative à l’étude de marché de l’aquaculture commerciale est traitée dans le Volume 4. Enfin les questions d’absence de capitaux ou de manque d’accès aux capitaux et la question des intérêts bancaires élevés sont traitées dans le présent volume.

1.2 Méthodologie

L’approche méthodologique globale de l’étude a été présentée dans le Volume 1. Une large gamme d’études couvrant les aspects socio-économiques, le marché, les politiques, les aspects juridiques et institutionnels de l’aquaculture commerciale, a été commandée dans six pays d’Afrique subsaharienne[1] et deux pays d’Amérique latine[2]. On a étudié les élevages qui réussissaient et étaient considérés comme durables. L’étude s’est limitée à trois espèces: les tilapias, les clarias et les crevettes[3], qui, en 1998, représentaient plus de la moitié de la production aquacole dans la région.

Les entretiens avec les éleveurs ont été complétés par des entretiens avec des banquiers, des détaillants et des responsables des gouvernements. Ces entrevues ont identifié les obstacles au développement de l’aquaculture commerciale et ont permis d’obtenir des informations sur le marché et les politiques susceptibles d’aider le développement de l’aquaculture.

Afin d’examiner de plus près les problèmes de risque d’échec de l’aquaculture commerciale, on a étudié la faisabilité économique de l’aquaculture commerciale, en analysant les données comptables de plusieurs entreprises des six pays africains étudiés. On également étudié la documentation disponible décrivant des exemples pris dans les pays développés ou dans les pays en développement, et la façon qu’ont les gouvernements de traiter du problème de l’accès aux capitaux afin de financer l’aquaculture.

1.3 A propos de ce volume

Le présent volume passe en revue le problème du financement adéquat des entreprises d’aquaculture commerciale en Afrique subsaharienne. Il traite d’abord, dans le Chapitre 2, du financement des entreprises aquacole dans la région, en insistant sur les raisons et les facteurs qui empêchent les entrepreneurs d’avoir accès aux capitaux pour financer leurs entreprises.

Les chapitres successifs du présent Volume analysent les facteurs qui limitent l’accès des entrepreneurs aux capitaux, tels qu’identifiés au Chapitre 2. En particulier, le Chapitre 3 analyse la perception des risques dans les entreprises aquacoles à fins commerciales et évalue la faisabilité économique d’entreprises sélectionnées en Afrique subsaharienne. Le Chapitre 4 traite du problème des garanties et des taux d’intérêt élevés. Le Chapitre 5 examine le problème de la recherche de prêts. En plus des différentes questions dont ils traitent, chaque chapitre propose des politiques et/ou stratégies qui pourraient alléger les problèmes. Les politiques suggérées sont spécifiques à chaque cas, étant donné qu’elles ont été identifiées sur la base des questions liées aux investissements; questions qui n’ont pas été traitées lors des études de terrain. Le Chapitre 6 présente un résumé général, des conclusions et des recommandations.


[1] Côte d’Ivoire, Madagascar, Malawi, Mozambique, Nigéria et Zambie.
[2] Costa Rica et Honduras.
[3] Les fermes de crevettes ont été étudiées à Madagascar et au Mozambique.

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