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CHAPITRE 6 RÉSUMÉ GÉNÉRAL ET CONCLUSIONS


Le premier Volume de ce rapport sur la «Promotion de l’aquaculture commerciale en Afrique subsaharienne» et intitulé «Cadre politique», a présenté entre autres, le concept d’aquaculture commerciale comme l’élevage d’organismes aquatiques avec pour objectif de maximiser les profits et non de seulement dégager quelques profits. Il a aussi montré l’existence de nombreux obstacles, qui incluent l’absence ou l’obtention de capital, le coût élevé d’emprunt de l’argent, l’investissement direct ou étranger limité dans le secteur, le manque d’aliments de bonne qualité, un niveau faible en qualité comme en quantité de production de semences, des services de vulgarisation et de formation inadéquats, des droits d’utilisation des terres mal définis ou manque des terrains qui conviennent à l’aquaculture dans certains pays, le manque de politique ou une politique mal définie pour le développement de l’aquaculture comme activité commerciale et le manque de cadre juridique spécifique à l’aquaculture dans la majorité des pays d’Afrique au sud du Sahara. Les politiques visant à traiter la plus grande partie des problèmes susmentionnés ont également été présentées. Le présent Volume se penche plus spécialement sur les difficultés d’accès aux capitaux que connaissent les investisseurs.

Le capital qui représente la valeur de tous les facteurs de production, est nécessaire pour créer, entretenir, et développer l’entreprise, accroître son efficacité, et couvrir les dépenses courantes. Dû au manque de capital propre, la plupart des investisseurs en Afrique subsaharienne dépendent de financements extérieurs pour démarrer leurs entreprises. Des fonds doivent être empruntés d’abord auprès du secteur formel, les prêts du secteur informel étant généralement non seulement chers, mais aussi limités et servant surtout comme fonds de roulement et de financement des imprévus.

Cependant, les emprunteurs potentiels rencontrent des difficultés à satisfaire les conditions imposées par les banques pour l’octroi de prêts. Les banques examinent leur profil, leur capacité de remboursement, leur capital propre et surtout les garanties qu’ils apportent. Plus spécifiquement, il existe quatre facteurs limitants l’accès aux prêts bancaires par les investisseurs potentiels en aquaculture en Afrique subsaharienne: la perception des banques que l’aquaculture comporte un grand risque d’échec en Afrique subsaharienne, l’insistance des banques pour avoir des garanties, les taux d’intérêt élevés et le manque de connaissance des emprunteurs sur les procédures d’obtention de prêt, et en particulier celles relatives au projet d’entreprise.

Tandis que certaines de leurs impressions sont fondées, surtout dans un secteur pas encore développé et dans lequel des difficultés peuvent naître du manque local des intrants nécessaires, que le marché n’est pas testé et qu’il n’existe pas d’exemples de réussites, il apparaît que les banques exagèrent l’éventualité d’échec de certaines catégories d’emprunteurs. L’analyse économique de certaines entreprises aquacoles commerciales en Afrique subsaharienne qui est présentée dans ce rapport montre qu’il est possible de créer et de gérer des projets d’aquaculture commerciale hautement rentables. Les exemples donnés montrent des taux de retour sur investissement compris entre 71 et 117 pour cent par an. Avec une exception, celle d’une ferme dont le taux de retour sur investissement est de 13 pour cent, mais dont le taux pourrait être fortement augmenté si les poissons étaient nourris. Ces taux de retour sur investissement sont élevés et donnent une marge de sécurité contre des événements réduisant soit les prix de vente, soit le niveau de récolte.

Néanmoins, la présentation des détails de l’activité des ces entreprises très performantes n’est pas faite pour masquer les échecs. Ils ont été nombreux ces dernières années, dus aux problèmes d’ordre technique, financier, de marché ou de gestion. Ces problèmes peuvent être largement réduits dans le cas des projets bien planifiés et préparés, ce qui permet d’avoir de bonnes raisons de croire qu’un grand nombre d’entreprises peut générer des profits pour les entrepreneurs, les communautés locales et les gouvernements. Le processus de développement demande un effort d’éducation et les freins à l’établissement et au développement du secteur aquacole doivent être levés. En considérant le potentiel inexploité sur de larges étendues de terre et la disponibilité en eau de qualité convenable, l’aquaculture commerciale peut et devrait devenir un secteur important dans la région. Elle permettrait d’améliorer le niveau nutritionnel, améliorerait les revenus et créerait des emplois sur de grandes régions du continent.

L’examen des différentes expériences et possibilités d’atténuer les problèmes de manque de garanties et de taux d’intérêt élevés, montre à l’évidence que des idées nouvelles, comme les initiatives d’auto financement, peuvent résoudre le manque de garanties. L’exemple novateur de la Grameen Bank au Bangladesh ces trente cinq dernières années montre qu’il est possible de prêter de l’argent à ceux qui ne possèdent que peu ou pas d’avoirs et de se faire rembourser. Il doit être possible d’étendre ces services à des entrepreneurs désireux de lancer des programmes commerciaux plus ambitieux et qui ont de gros besoins financiers. Parfois, une adaptation des prêts solidaires qui demandent une grande mobilisation de la petite épargne comme garantie, peut être un moyen d’aider le développement de l’aquaculture en Afrique subsaharienne.

Le cadre juridique et réglementaire ne rend pas toujours possible d’utiliser une large gamme d’avoirs en garantie. Les gouvernements doivent assurer qu’il est possible, dans ce cadre, d’utiliser différents avoirs comme garantie. Mieux les gouvernements assureront que le cadre juridique et réglementaire permet d’utiliser des avoirs différents comme garantie, plus bas seront probablement les taux d’intérêt et plus grandes seront les possibilités d’obtenir des prêts pour développer l’aquaculture commerciale.

Avec l’échec de taille subi dans la fourniture des services financiers aux entreprises rurales en Afrique subsaharienne, il est nécessaire que les gouvernements étudient de près cette question et voient les meilleures façons de résoudre ces problèmes. La question des prêts bonifiés et des garanties publiques des prêts a été discutée en indiquant les précautions à prendre. Avec l’échec évident des services financiers, et la durée nécessaire pour le volume des économies et des prêts pour accroître et atteindre le point mort, il apparaît possible qu’une provision de subvention aux services financiers soit une politique d’incitation. Cependant, il n’apparaît pas réaliste pour la plupart des pays de la région et dans un contexte d’austérité budgétaire.

En plus de vouloir connaître le profil et le passé historique en matière de crédit de son client, ses capacités de gestion et ses possibilités d’apporter des garanties, lorsqu’il évalue le dossier, le banquier étudiera en détail le projet d’entreprise pour s’assurer que l’entreprise est rentable et que l’emprunteur a la capacité de rembourser le prêt demandé.

Un projet d’entreprise aquacole doit décrire les aspects physiques, techniques et juridiques de l’entreprise, et la capacité du personnel à gérer le projet. Il doit aussi indiquer la destination de la production, sa taille, le prix de vente et les époques de mise sur le marché ainsi que les possibilités qu’a l’entrepreneur d’étendre le marché existant et d’en ouvrir les nouveaux. De plus, le plan d’entreprise doit contenir les éléments financiers du projet proposé. Lorsque le projet d’entreprise est complet, il doit être clairement présenté et d’une manière logique dans un dossier accompagné d’une lettre présentant le projet et demandant au banquier de considérer sa demande de prêt.

Une formation spécifique devrait être donnée à ceux qui désirent demander un prêt pour le développement de l’aquaculture commerciale, de façon à optimiser les chances d’accéder aux capitaux nécessaires. La connaissance des informations demandées par les banques et leur présentation peuvent grandement faciliter les relations entre les banques et le client potentiel, et faciliter aussi une réponse positive à la demande de prêt.


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