Cette partie du rapport apporte un éclairage particulier sur un des obstacles majeurs au développement de laquaculture commerciale dans les pays dAfrique subsaharienne, et qui est la difficulté des entrepreneurs à accéder aux capitaux. Le problème semble venir, en partie, du manque de garanties, des taux dintérêts de remboursement demprunts trop élevés, de lidée des banquiers que laquaculture est risquée, et du manque de connaissance des éleveurs des modalités daccès aux institutions financières allouant des prêts. Le problème est aggravé par le manque de connaissance des prêteurs des entreprises aquacoles qui réussissent dans la région.
Tandis que certaines impressions des prêteurs sont justifiées, surtout lorsque le secteur nest pas encore stabilisé, et que des difficultés peuvent naître de lindisponibilité locale en intrants de première nécessité, dun marché non établi et quil nexiste pas dexemple de succès commercial montrant sa viabilité, il semblerait à première vue que les banques tendent à exagérer le risque déchec des projets daquaculture commerciale en Afrique subsaharienne. Les emprunteurs doivent être capables de préparer et présenter leurs projets dune façon précise et concise pour donner aux prêteurs une vue attrayante de lentreprise, montrer quelle sera profitable et comment ils seront capables de rembourser les emprunts. Le problème des garanties peut être résolu grâce à la mise en place de formules «sans garanties» telles les emprunts de groupes, les banques villageoises et les groupes de solidarité, ou des garanties sur des titres de propriété et des propriétés cessibles, ce qui, dans plusieurs cas, en appelle à des réformes juridiques et réglementaires; et enfin à travers des garanties de prêts publics. Ces dernières ainsi que des taux dintérêt subventionnés, lorsquils sont possibles, peuvent aussi être un moyen de diminuer les problèmes de taux dintérêt élevés.