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4. Le point de vue des hommes sur les organisations de femmes


4. Le point de vue des hommes sur les organisations de femmes

Les organisations étudiées sont exclusivement des organisations de femmes. Ce chapitre contient les interviews sur les points de vue de huit hommes sur les organisations de femmes choisies au hasard dans les communautés de Gunjur et de Brufut hommes sont dans le sous-secteur dans lequel les organisations étudiées sont engagées mais n'appartiennent à aucune de celles-ci.

Les interviews ont porté sur la question divergente de l'inclusion ou non des hommes dans ces organisations de femmes. Le premier répondant fut Nyakassi Saidy, un vulgarisateur retraité qui est aujourd'hui dans la pêche artisanale. Il est du point de vue que les femmes Kaffo ou organisations doivent inclure les hommes. Voici comment il expliquait son point de vue.

... Les femmes Kaffo doivent incorporer des hommes comme membres. Ceci encouragera ('unité entre les deux sexes de la communauté. Les femmes ne doivent plus maintenir la norme traditionnelle ou les valeurs qui stipulent que les hommes sont leurs dirigeants. Elles doivent plutôt voir les hommes comme des co-partenaires au développement dans n'importe qu'elle organisation mixte. Ceci, j'ose croire pourrait amener à l'augmentation de la production ce qui apporte la pérennité (une part intégrale du développement moderne).

Le deuxième répondant fut Malafy Jammeh de Gunjur, un chauffeur associé de près à la pécha. Il est de l'opinion que les organisations de femmes doivent être laissées telles qu'elles sont et ne doivent pas inclure des hommes. Malafy a ses raisons.

... Notre tradition où les hommes continuent de dominer les femmes est loin d'être abandonnée. Dans n'importe quelle organisation, ou un sexe domine l'autre, la tendance est que la productivité du sexe dominant est défavorablement influencée. Les organisations de femmes doivent leur être laissées pour accomplir leurs vieux désirs d'indépendance vis-à-vis des frustrations traditionnelles, sociales, culturelles et socio-économiques.

Le troisième répondant fut M. Faburama Barrow un tailleur de Gunjur. Il est de l'opinion que les organisations de femmes doivent inclure des hommes. Pour lui:

... les hommes et les femmes, ensemble dans une organisation amènent la solidarité. Les problèmes communs aux deux sexes sont bien discutés au sein de l'organisation. Ceci encourage une meilleure compréhension des stratégies à suivre pour résoudre les problèmes et qui contribueront à la réalisation des objectifs de l'organisation. Les hommes et les femmes travaillant ensemble apportent non seulement des bénéfices, mais aussi un effort d développement durable.

Le cinquième répondant, Bajamba Bojang est le dirigeant de la communauté de Brufut et travaille également dans le secteur de la pêche. Il pense que les hommes et les femmes, ensemble dans une organisation peuvent apporter le développement. Il précise:

... Les hommes qui sont généralement plus dynamiques que les femmes peuvent être des instruments de productivité des femmes. Les organisations de femmes manquent des compétences en gestion ce qui affecte leur viabilité, leur pérennité et dans une large mesure, leur progrès. Avec des hommes rejoignant ces organisations, elles seront bien gérées et seront capables d'attirer les investissements des institutions et du Gouvernement.

Le sixième répondant est M. Paul Mamadou Gassana, un chauffeur de Brufut qui a pour seconde occupation le jardinage. Il pense fortement que les organisations de femmes travaillent bien et ne devraient pas changer leur composition. Pour lui

.. La femme africaine et plus particulièrement gambienne est très entreprenante et très engagée à améliorer les conditions de vie de sa famille. Si les hommes et les femmes doivent rester dans une même organisation; les hommes vont toujours dominer les femmes Dans ces conditions les femmes qui travaillent d'arrache-pieds ne participeront pas de manière effective à la prisé de décisions sur les questions qui les affectent.

Le septième répondant est Momodou Ceesay de Brufut. Il cultive et vend de l'arachide. Il est aussi de l'avis que les organisations de femmes ne doivent pas inclure des hommes. Il donne ici ses raisons

... Bien que les organisations de femmes manquent des compétences en gestion nécessaires et de support financier, elles travaillent extrêmement bien individuellement comme collectivement dans les secteurs de l'horticulture et de la pêche. Les hommes sont généralement paresseux, attendant toujours l'assistance d'un donateur. Les organisations de femmes doivent être supportées.

Le damier répondant fut Alagi Mammeh, un chauffeur de Brufut très associé au secteur de la pécha. Il préfère aussi que les organisations de femmes soient laissées telles qu'elles sont. Il précise:

... Une organisation mixte dans une société traditionnelle comme la nôtre où les hommes dominent souvent les femmes, il y a une situation antidémocratique dans la structure de ('organisation. Les positions clés de l'organisation sont occupées par les hommes reléguant les femmes à l'arrière-plan des prises de décisions. Les organisations de femmes existant doivent être renforcées à travers des formations, des aides financières du Gouvernement ou des ON plutôt que de changer leur composition.

CONCLUSION

Les points de vue exprimés par les répondants son divers, mais le fait que les organisations de femmes peuvent mieux faire, sans changer de composition semble l'emporter. Dans une société traditionnelle où les hommes dominent les femmes, les organisations de femmes doivent être encouragées à rester comme elles sont en vue d'exercer une indépendance dans la prise de décision sur des problèmes les affectant. L'assistance du gouvernement ou du donateur en terme de formation et d'aide financière peut fortement aider à la réalisation des objectifs des femmes en transformant les organisations en organisations viables et pérennes.

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