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Carte de la zone d’étude


Carte de la zone d’étude

1. Introduction

1.1 Historique de la pêche au Nigéria

Avec une population multi-ethnique d'environ 88 millions d'habitants (recensement de 1993), le Nigéria est le plus grand consommateur de poisson et de ses dérivés en Afrique. Situé à l'intérieur des tropiques entre les 4° et 14° latitudes au Nord de l'équateur et les 3° et 14° longitudes à l'Est du Méridien Greenwich, le Nigéria est limité à l'Ouest par la République du Bénin, au Nord par la République du Niger, à l'Est par la République du Cameroun, et est arrosé au Sud par l'Océan Atlantique. Des plages sablonneuses s'étendent sur presque toute la côte longue de 800m et qui croise le Delta du Niger réputé pour son complexe réseau de ruisseaux et de rivières

D'une superficie de 913.072,64 km² le pays est bien arrosé par les fleuves Niger et Bénoué et leurs affluents Son climat varie du type tropical sur la côte au type subtropical à l'intérieur du pays Il existe deux saisons bien distinctes: une saison sèche de novembre à mars et une saison pluvieuse d'avril à octobre La température sur la côte n'excède pas 32°C mais l'humidité peut atteindre 95% Le climat devient plus sec plus au nord et on note parfois des températures extrêmes variant entre 36°C à 12°C.

Au Nigéria, comme dans tous les pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, le poisson constituait la source de protéine animale la moins chère dans l'alimentation des populations pendant plusieurs décennies précédant les difficultés économiques des années 90. Il est donc évident que les produits de pêche jouent un rôle très important dans la satisfaction des besoins nutritionnels des populations et la création d'emploi. Dans les communautés de pêche, toute la famille (homme, femmes et enfants) est impliquée dans la pêche La pêche côtière est surtout pratiquée par les pêcheurs locaux qui utilisent des pirogues au large des plages battues par les vagues et dans les zones fluviales Au Nigéria en particulier, les femmes jouent un rôle très important dans la production, la transformation, la distribution et la commercialisation du poisson. De plus certaines femmes jouent un rôle déterminant quant à l'aspect financier de la production de poisson parce qu'elles financent les unités de production. Ainsi donc le rôle économique de la femme dans les communautés de pêche est important et opportun.

1.2 Le rôle de la pêche dans l'économie nationale

Depuis les années 60, le secteur de la pêche a contribué entre 1,1 1% et 2,4% au Produit Intérieur Brut (PIB) soit 3% et 6% du PIB agricole Ceci est dû au fait que le poisson est une source essentielle de protéine d'origine animale et son importance n'a cessé de croître au fil des ans, surtout comme substitut de la viande de boeuf. Des études récentes ont confirmé que dans les ménages au Nigéria la viande est de plus en plus délaissée au profit du poisson (CBN/NISER, 1992). Le sous-secteur de la pêche artisanale constitue une source essentielle d'emploi notamment dans les régions côtières maritimes/riveraines du Sud. Le revenu approximatif dépasse cinq cents millions de nairas1. Au Nigéria on pêche le poisson dans la mer, les rivières et plus récemment dans les étangs et aussi en utilisant d'autres systèmes de culture artificielle. La production de la pêche artisanale de tous les Etats a augmenté régulièrement passant de 465. 569 tonnes métriques en 1980 à 506 790 tonnes métriques en 1983. Ensuite, il y eut une baisse régulière et la production a chuté de 326 963 tonnes métriques environ en 1984 à 184 412 tonnes métriques en 1993 (Tableau 1) Il n'est donc guère étonnant que le ratio d’autosuffisance poisson basé sur un taux de croissance de 3,5% de la population soit 28% pour 1996 et estimé à 35% pour l'an 2010 (Tableau 2). La crise de l'économie a naturellement affecté tous les secteurs y compris le secteur de la pêche. La baisse de la production de la pêche artisanale qui avait ainsi commencé en 1983 s'est aggravée avec l'application du Programme d'Ajustement Structurel et a continué depuis comme l'indique le Tableau I. Il en résulte une demande largement supérieure à l'offre (Tableau 2).

[11 US $ = 80 naira (octobre 1996)]

Tableau 1: Production de la pêche artisanale au Nigéria (par Etat, 1980 - 1993)

ANNEE

1980

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

ETATS COTIERS

                           

Akwa Iborn

             

43287

52887

42393

32285

40297

44134

15713

Edo/Della

537691

76520

87010

75667

70045

40177

55382

58617

48684

53686

37593

34248

34186

15454

Cross River

106942

123221

146148

164320

86685

52967

51423

19023

30016

2860

13587

10727

10942

8725

Lagos

14047

18811

20997

27715

28000

16577

25927

191

219

18321

17216

18396

21462

1865

Ogun

388

304

280

2576

12154

316

233

8168

13926

278

364

2419

3371

944

Ondo

12491

14838

15779

15806

8950

3630

8639

16469

39449

11460

13627

13731

12555

13726

Rivers

86521

90322

107469

90890

40850

27206

18565

   

42334

55787

18393

57752

33109

SOUS-TOTAL

274158

324016

377693

376974

246684

140873

160169

145755

185181

1711332

170459

138211

184407

89536

ETATS NON COTIERS

                           

Anambra/Enugu

4999

4176

4328

2694

2916

2721

7247

7057

6364

6187

5657

6381

5846

2612

Bauchi

2348

1956

1988

2648

6022

113

29

32

208

405

317

488

405

173

Benue

15845

12840

13106

14952

7673

633

9478

9478

7675

6860

6756

1421

905

446

Bomo/Yobe

64886

58222

15193

21379

28446

22878

34141

34141

53070

68424

7639

71832

46398

47266

Adamawa/Taraba

19995

12850

15337

19970

11723

2188

14975

14975

12726

13235

13557

14331

13558

13568

Imo/Abia

21596

18492

19593

3585

3200

577

805

802

995

13262

1606

1587

1831

902

Kaduna

2995

2669

3732

3424

2071

2255

2214

2214

1637

1355

681

6341

1530

756

Kano/Jigawa

4658

3852

3803

8105

2255

3020

2314

2341

613

3993

673

1056

838

735

Katsina

                 

309

554

801

1109

547

Kwara/Kogi

6932

6260

6051

7689

5325

2936

59

59

144

145

147

185

10

152

Niger

2894

1232

1296

7980

5470

17

1038

1038

1108

1157

821

1671

1076

1019

Oyo/Osun

303

75

161

1359

1159

283

284

284

252

389

356

271

231

256

Plateau

2331

1608

2995

3769

3697

124

44

44

339

377

617

238

238

283

Sokoto/Kebbi

41629

33635

32994

32262

322

22757

30767

30767

27312

27924

9654

16442

25428

26161

SOUS-TOTAL

191411

157867

120577

129816

80279

60502

103395

103232

112443

144022

49035

123045

99403

94876

TOTAL

465569

481883

498260

506790

326963

201375

263564

248987

297624

315354

219494

261256

283810

184412

Source: Federal Fisheries, Abuja, 1995.

1 Unité: Federal Fisheries métriques

Tableau 2. - Projections Offre-Demande et ratios d'autosuffisance en poisson avec un taux de croissance démographique de 3,2% et 3,5% de 1996 à 2010 ('000 Tonnes).

 

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

1. 3.2% Population

                             

a. Offre

272

292

312

332

352

372

392

412

432

452

472

492

511

531

551

b. Demande

958

989

1021

1053

1087

1122

1158

1195

1233

1273

1313

1399

1399

1443

1490

2 3 5% Population

                             

a. Offre

272

292

312

332

352

372

392

412

432

452

472

492

511

531

551

b. Demande

958

992

1027

1063

1100

1138

1178

1219

1262

1306

1352

1399

1448

1499

1551

c. Ratio d'auto- suffisance (%)

28.39

29.44

30.38

31.23

32.00

32.69

33.28

33.70

34.23

34.61

34.91

35.17

35.29

35.42

35.53

Source: NISER (1995): Economic Background to NARSP.

*C'est la proportion (pourcentage) de la demande totale satisfaite par l'offre de poisson

1 3 Le secteur artisanal

Les hommes et femmes pêcheurs artisans se servent de filets maillants, de filets calés, d'hameçons et de lignes, de pièges et d'autres types d'engins utilisés traditionnellement dans la plupart des communautés de pêche pour attraper le poisson, les crevettes et les mollusques dans les eaux marines, saumâtres et douces de la région côtière. Ils exercent leurs activités de pêche à l'aide d'embarcations qui vont de petites pirogues à pagaies non motorisées aux grande pirogues motorisées de type ghanéen. Les activités de pêche dans le Delta du Niger sont généralement caractérisées par une faible productivité par unité, un travail intensif, un capital relativement peu important, de faibles coûts de fonctionnement ainsi qu'un rayon d'action limité pour les engins. Les pertes après capture sont élevées tandis que les bénéfices sont relativement faibles.

Malheureusement, il existe très peu de travaux de recherche qui ont apporté des informations quantitatives sur la contribution du secteur de la pêche au Produit Intérieur Brut du Nigéria. Cependant, les eaux côtières de la côte Ouest Africaine sont réputées riches en ressources halieutiques dont l'exploitation commerciale peut satisfaire au moins 45 à 55% de la demande nationale en poisson. Le Nigéria pour sa part produit 90% du poisson consommé localement (Tobor, 1991). Pendant plus de deux décennies la production de la pêche artisanale a été la principale source de protéine d'origine animale pour la population nigérianne en raison des problèmes de production dans le secteur du bétail. Ces problèmes vont de la sécheresse Sahélienne à l'avancée du désert, à l'épidémie de la peste bovine ainsi qu'à la rareté des pâturages (Ajayi et Talabi, 1984).

En 1969, la FAO a publié les résultats d'une vaste étude sur la pêche côtière et estuarienne de l'ancienne Région Ouest composée aujourd'hui des Etats de Lagos, Ogun, Ondo, Osun et Oyo ainsi que de l'ancienne Région Moyen-Ouest composée aujourd'hui des Etats de Edo et Delta. Les résultats de l'enquête comportent des données sur 300 à 600 communautés de pêche visitées y compris la zone de la présente étude. Au total 91.203 pêcheurs ont été recensés dont 54,32% étaient engagés à plein temps dans les opérations de pêche (FAO, 1969). Les recherches effectuées par Scott (1966) et Ndaguba (1983), Ssentongo et al (1983) montrent que les populations des communautés de pêche et les pêcheurs des Etats de Rivers et Cross River (devenus états de Akwa Ibom et Cross River) ont plus que doublé par rapport à celles des Régions Ouest et Moyen-Ouest.

Ajayi et Talabi (1984) ont estimé le potentiel de la pêche artisanale nigérianne à 128.000170.000 tonnes métriques dont environ 25.000 tonnes métriques de Nemato-palaemon hastatus et le reste du poisson (Marioghae, 1981). Okpanefe et al (1991) ont entrepris dans un passé très récent une enquête sur 62 communautés de pêche, y compris dans la zone de pêche. De cette étude il ressort que tous les villages qui ont fait l'objet de l'enquête pratiquaient la pêche mais à divers niveaux. Par exemple dans les villages situés près des petits cours d'eau, la pêche est l'une des deux ou trois activités économiques.

Bolaji et al (1994) ont réalisé une étude sur la croissance de la population et le développement dans deux communautés de pêche de l'Etat de Delta. Il ressort de leurs études, comme des études précédentes, que la pêche est une profession viable qui est essentielle pour les communautés de pêche dans la zone de l'étude. Il s'avère donc nécessaire de gérer les ressources halieutiques de manière à assurer la création d'emplois, des revenus corrects et la nourriture à la population croissante de ces communautés de pêche. Malgré l'absence de chiffres sur le taux de croissance, les auteurs de l'étude ont préconisé la sensibilisation des pêcheurs sur les corrélations entre la croissance de la population et les ressources halieutiques, tout en insistant sur la nature précaire des ressources et le besoin de conservation qui en résulte

1 4. Vente des produits de pêche

Selon la FAO (1969), Talabi (1982), Ajayi et Talabi (1984) les pêcheurs (hommes et femmes) commercialisent généralement les poissons de grande taille frais, tandis que les poissons débarqués vivants sont vendus vivants comme les poissons-chats, par exemple. Les pêcheurs ne conservent leurs produits de la pêche que s'il n'est pas possible de vendre le poisson frais. Que plus de 90% de la production artisanale soit transformée est donc une pratique socio-culturelle courante. Le poisson est soit séché à la fumée ou au soleil, soit salé ou encore frit. Souvent les produits restants sont commercialisés frais mais après avoir perdu énormément en qualité. Les principales difficultés de la conservation du poisson proviennent du dessin des pirogues elles-mêmes qui rendent difficile la conservation des produits frais à bord du manque de glace et d'équipements de conservation sur les sites de débarquement vu que les pêcheurs artisans restent attachés aux pratiques traditionnelles. Toutes ces difficultés expliquent la mauvaise qualité et les pertes énormes enregistrées dans la vente du poisson frais

2. Méthodologie

En plus des données primaires et secondaires on a utilisé l'approche de recherche participative. Les données des études précédentes de l'auteur ont complété les données secondaires tirées de sources publiées ou non de même que les données compilées lors des discussions de groupe. Les informations recueillies étaient fondées sur des expériences de vie individuelle ou des questions ouvertes aux femmes de différentes classes d'âge afin de déterminer le travail productif et reproductif des femmes, les changements lies aux facteurs traditionnels, sociaux et économiques.

Un échantillon de 88 femmes a été sélectionné. Pour pouvoir couvrir les différents aspects des rôles économiques de la femme dans les communautés de pêche une méthode d'échantillonnage à dessein a été utilisée. Un effort particulier a été fait pour incorporer toutes les entreprises économiques, et on a accordé une grande attention aux différentes opérations et techniques de pêche des hommes et femmes qui fournissent les produits de base. Des interviews approfondies, ainsi que des discussions de groupe formelles et informelles ont été organisées à la recherche d'informations de qualité

L'analyse a été faite en utilisant de simples calculs et des tableaux de fréquence. Quant aux estimations de revenu là où elles sont nécessaires, des valeurs ont été demandées. Dans certains cas on a dû convertir des quantités en valeur marchande correspondante à l'aide des prix des produits concernés sur le marché (exemple: poisson, boeuf et produits vivriers consommés à la maison). Des tableaux ont été utilisés pour faire ressortir les points saillants.

3. Koko: La zone de l'étude

Koko, une ville du Delta du Niger, est situé à environ 60-70 kms à l'Ouest de Sapele et Warri. Il constitue un port sur l'estuaire de la rivière Bénin tout comme Sapale et Warri pour la région du Moyen-Ouest. Il a un relief plat et bas avec une côte recouverte de palétuviers et une végétation de forêt de type équatoriale. Sa population est d'environ 10.000 habitants appartenant au groupe riverain multi-ethnique du Moyen-Ouest. Quatre groupes ethniques ont été identifiés dans la région: les Itsekiri (le plus important), les Ilaje (qui ont émigré de l'Etat d'Ondo dans la région Sud-Ouest), les Ijaw et les Urhobo.

Koko est la capitale administrative de Warri Nord et a quelques caractéristiques importantes. Historiquement, c'est l'une des régions où les premiers blancs se sont installés au Nigéria parce qu'il sert de voie d'accès aux 62 villages éparpillés sur les rives gauche et droite de l'Estuaire du fleuve Bénin. L'accés s'effectue par l'embouchure de la Rivière Escavos. En tant que port pour les bâteaux de commerce et les navires, il a un passé historique dans les relations commerciales avec l'Europe.

Enfin' Koko est bien situé par rapport aux villages en aval parce qu'une bonne route le relie à Benin City, la capitale de l'Etat de Edo, et au reste du Nigéria. Le centre hospitalier de Koko est pris d'assaut par les populations des villages environnants.

L'industrie de la pêche à Koko et dans les villages environnants est d'une importance capitale. Koko demeure l'une des principales villes de pêche sur la côte du Nigéria, notamment à cause de sa bonne situation géographique le long de l'Estuaire de la Rivière Bénin (Figure 2)

3.1. Caractéristiques démographiques des personnes interrogées

3.1. 1. Age des personnes interrogées

L'âge des personnes interrogées est compris entre 17 et 75 ans. Sur un total de 88 femmes, 67 (76%) appartiennent à la classe d'âge active de 20 à 59 ans (Tableau 3).

3 1.2. Statut marital

La majorité des personnes interrogées (65%) sont mariées. L'une d'entre elles a été délaissée par son mari tandis que quatre (5%) vivent séparées, six (7%) sont divorcées, cinq (6%) sont veuves et le reste (17%) encore célibataires. Ce qu'on attend naturellement d'une femme dans les communautés de pêche c'est qu'elle ait des enfants. Ainsi, six des femmes célibataires ont un ou deux personnes à charge (Tableau 4). Le statut social de la femme est rehaussé lorsqu'elle respecte les règles de la tradition qui veulent que la femme ait autant d'enfants que possible afin de garantir une main d'oeuvre suffisante pour les travaux ménagers à la maison. On attend des enfants qu'ils s'occupent de leurs parents âgés. Ainsi donc environ 49% des personnes interrogées avaient entre 5 et 11 enfants, 40% en avaient entre I et 4 tandis que 11% n'avaient pas encore d'enfant (Tableau 5).

Tableau 3: Groupe d'âge des personnes enquêtées.

GROUPE D'AGE

FREQUENCE

POURCENTAGE

10-19

3

3

20-29

23

26

30-39

20

23

40-49

24

27

50-59

9

10

60+

3

3

70+

1

1

N/C²

 

6

TOTAL

88

100

Tableau 4: Status marital des personnes enquêtées.

STATUT MARITAL

FREQUENCE

POURCENTAGE

Mariée

57

65

Séparée

4

5

Divorcée

6

7

Veuve

5

6

Célibataire

15

17

Abandonne

1

1

TOTAL

88

100

Tableau 5: Nombre d'enfants.

NOMBRE D'ENFANT

FREQUENCE

POURCENTAGE

0

10

11

1-4

35

40

5-9

39

44

10+

4

5

TOTAL

88

100

2 NC: Non connu

3.1.3. Niveau d'éducation

Trente et une (35%) des personnes interrogées n'avaient pas reçu une éducation formelle mais trente deux (36%) d'entre elles ont terminé le cours primaire. Trois (3%) ont reçu une formation professionnelle après le cours primaire tandis que deux (2%) ont reçu la même éducation après le cours secondaire et encore deux autres (2%) ont reçu une formation universitaire. C'est là une situation unique parce qu'en général il n'est pas de coutume que les pêcheurs reçoivent une formation formelle tout simplement à cause du manque d'infrastructures.

4. Sources d'emploi pour les femmes de Koko

Les activités économiques des femmes sont étroitement liées aux conditions socio-économiques et aux traditions des populations. Les pêcheurs constituent en général une population un peu spéciale. Ils se consacrent essentiellement aux activités de pêche, à la réparation et à l'entretien de l'équipement de pêche, et ils fournissent beaucoup d'efforts pour résoudre les problèmes du secteur. Les hommes eux émigrent lorsque le poisson devient rare et vont à la recherche d'eaux plus riches en poisson. Quant aux femmes, notamment les Itsekiris et les Ijaws, elles pêchent le poisson et ses dérivés dans les principaux lits des rivières et les innombrables ruisseaux.

Les femmes participent de manière significative au secteur de la pêche artisanale. Elles sont également considérées comme spécialistes des activités après capture quand bien même les traditions imposent des contraintes particulières à leur rôle. Les femmes changent leurs activités économiques en fonction de l'environnement économique de la communauté. Le commerce est une activité en mouvement à laquelle participent naturellement les femmes. C'est ainsi qu'elles passent aisément de la vente d'un produit à un autre, surtout que l'entrée sur le marché reste ouverte à tout le monde. Les différentes activités vont de la transformation du poisson à la vente aux abords des rues et à la gestion financière de l'industrie des pêches. Les activités des femmes varient selon les saisons. En fait, ce sont là des stratégies de survie qu'elles utilisent pour assurer le bien-être de leur famille.

Une activité que les femmes mènent et qui est très populaire est la vente d'aliments préparés et de produits agricoles transformés. Il s'agit entre autres d'aliments à base de manioc et de céréales tels que le gari, le tapioca, le riz, et des plats à base de blé tels que le piron, le foofoo, le riz et le haricot, de même que l’amassa et le monition. De délicieuses sauces à base d'huile de palme préparées localement et appelées "sauce banga" accompagnent le foofoo ou le gari fait avec du manioc. Il y a également l'igname frit, le tareau, la patate douce et le plantain. L'extraction de l'huile de palme est très répandue. La fabrication de l'alcool indigène avec de la canne à sucre est également une importante activité économique.

Une autre activité économique des femmes, en dehors de la culture de légumes, du poivre, du manioc et de l'igname, c'est la tresse de nattes avec du roseau papyrus et des feuilles de palmier Certaines d'entre elles élèvent des poussins, des moutons, des chèvres et des cochons. La pêche aux bigorneaux prend de l'importance avec l'utilisation de leurs coquilles vides dans la construction. En effet, on les mélange avec le béton tout comme on utilise du gravier pour renforcer les fondations dans la construction.

Les enfants ne sont pas en reste dans les activités économiques puique les femmes les impliquent dans le commerce. On les envoie chercher de l'eau glacée et divers produits. La vente de nourriture au bord des rues prend des formes diverses, par exemple du port à la devanture des habitations, ou sur des étagères spéciales au marché et dans les boutiques. Koko a trois marchés où on trouve des produits de l'intérieur et des villages environnants.

Un rôle important que les femmes jouent et qui fait partie de leurs activités économiques est celui d'hôtesse pour les pêcheurs migrants et ceux qui visitent la ville portuaire. Elles fournissent le logement et la nourriture aux pêcheurs migrants, financent leurs activités de pêche en leur donnant l'argent pour l'achat des articles nécessaires et, la réparation de l'équipement de pêche en compensation de leur rôle d’intermédiaires" pour les migrants. Ce rôle leur permet d'acheter et de revendre toutes les captures des migrants, profitant ainsi de la relation qui s'est établie entre eux.

Les femmes travaillent également comme couturières, coiffeuses, esthéticiennes, fabricantes de savon et bouchères. Il y a des femmes infirmières, enseignantes et fonctionnaires. Il y a aussi des matrones et des guérisseuses. Certaines de ces activités sont considérées comme des sources d'emploi pour les femmes dans les communautés. L'analyse des données de l'étude de terrain s'attardera sur les activités économiques des femmes dans les communautés de pêche. Cependant, l'étude détaillée d'un échantillon de six femmes permettra de mieux apprécier les activités quotidiennes des femmes engagées dans les principales activités économiques dans la zone de l'étude

4.1. Activités économiques

Le peuple Koko est avant tout un peuple de pêcheurs. Les hommes, les femmes et les enfants sont activement engagés dans les activités de pêche. D'autres activités économiques sont l'agriculture, le commerce, la fabrication des pirogues, la menuiserie, la conduite automobile et la maçonnerie. Les hommes sont en mer toute la semaine sauf les dimanches (jour officiel de repos). La pêche est effectuée avec de petites pirogues monoxyles non motorisées. Les principaux engins de pêche utilisés dans la région sont les éperviers, les filets maillants, les pièges, les hameçons et les lignes. La promotion d'autres activités génératrices de revenu telles que la vente de bois de chauffage, de carburant et d'eau ainsi que le transport par voie terrestre des personnes et des biens sont liés à l'industrie de la pêche. Cette industrie attire donc à Koko des hommes et des femmes de toutes les régions du pays. Tout au long de l'année, les commerçants arrivent chaque semaine à Koko en provenance d'autres villes comme Wari, Sapele, Benin City, etc... pour acheter des marchandises parmi lesquelles toutes sortes de produits de la pêche.

Les Ijales de l'Etat de Ondo sont des migrants qui sont devenus des résidents. Les compagnies de pétrole, notamment Total, Shell et Mobil ont des bureaux à Koko.

La manipulation du poisson constitue l'activité première de la majorité des personnes interrogées. Soixante d'entre elles (68%) ont hérité cette activité de leurs parents et notamment de leur mère. Dix d'entre elles (11%) affirment que c'est par vocation qu'elles se sont engagées dans la production artisanale de poisson.

4.2 Activités secondaires

Certaines personnes interrogées ont révélé qu'elles dépendent maintenant d'autres sources de revenus provenant d'autres activités considérées comme premières, alors que la pêche et d'autres activités connexes sont reléguées au rang d'activités secondaires (Tableau 6). Au nombre des raisons évoquées, il y a la récession économique actuelle qui a fait de la pêche une entreprise onéreuse

Dix sept femmes (19%) sont engagées dans l'achat et la vente d'une gamme variée de produits, des fournitures des vêtements, du bois de chauffage, du plastique, etc... Dix d'entre elles (11%) font de l'agriculture comme activité secondaire, cultivent des produits tels que le gombo, le manioc, l’igname, le poivre et les légumes. Elles s'occupent également du plantain et du palmier à huile. Une partie de la production est vendue et l'autre partie sert à nourrir la famille. Certaines d'entre elles (6%) vendent aux abords des rues des mets comme le foofoo (à base de manioc transformé), l’igname pilée, l'igname et le plantain frits, le riz et les haricots.

La liste des activités que les femmes de Koko entreprennent est bien longue. On note entre autres, la création de modes (confection de robes), la coiffure, la fabrication de savon, de poudre et d'autres produits de toilette, la vente de barils vides de l'industrie du pétrole, la tresse des nattes, l'extraction de l'huile de palme, la vente de bois de chauffage, l'écrasement du poivre, la vente de boisson alcoolisée fabriquée localement, de pétrole de crème glacée et le fonctionnariat. Toutes ces activités peuvent être regroupées en cinq catégories principales à savoir:

4 3. Aspects des activités de pêche entreprises

Le tableau 6 montre les différentes activités de pêche dans lesquelles sont engagées les personnes interrogées.

Vingt deux (27%) des personnes interrogées sont engagées dans la commercialisation du poisson frais. Comme le courant n'est pas fiable, et que les femmes n'ont pas les moyens de se doter d'entrepôts frigorifiques, la plupart d'entre elles vendent leurs poissons frais aux revendeurs qui les transportent vers les plus grands marchés de Bénin City, Sapele et Warri. L'alternative qui est trouvée pour la conservation des produits de pêche est la transformation

La transformation et la commercialisation du poisson sont assurées par 15 (18%) des personnes interrogées. Elles viennent donc au second rang dans les différentes activités dans lesquelles sont engagées les femmes commerçantes de poisson de Koko. Seulement dix (12%) des femmes interrogées sont engagées dans la production de poisson malgré que le prix des filets de pêche soit en train de réduire leurs chances de continuer cette profession. Les autres combinent leurs différentes activités en tenant compte de la situation économique.

Contrairement aux précédents entretiens où certaines femmes se considéraient comme producteurs de poisson parce qu'elles financent les activités des pêcheurs, la situation économique a réduit leurs moyens financiers au point de les exclure de la production.

Tableau 6: Sources d'emploi des femmes de Koko.

Emploi

Activité Primaire

Activité Secondaire ³

Fréquence

Pourcentage 4

Pêche et activités connexes

       

1. Production de poisson

3

7

10

11

2 Traitement du poisson

5

10

15

17

3 Commercialisation du poisson

2

20

22

25

4. Production, traitement et comm.

5

5

10

11

5. Traitement et commercialisation

5

10

15

17

6. Production et commercialisation

3

7

10

11

Commerce

       

7 Vendeuse de nourriture en rue

5

5

10

11

8. Petit commerce

5

10

11

 

9. Vente de crème glacée

2

 

2

2

10. Vente de boissons

5

 

5

6

I l. Vente de provisions

4

2

6

7

12. Vente de vêtements

2

3

5

6

13. Vente de produits plastique

3

 

3

2

14. Boulangerie

2

 

2

2

15. Vente de produits pétroliers

2

 

2

2

16. Vente de shampooing

3

 

3

3

17. Vente de meules

2

 

2

2

Industrie des Services

       

18 Couturière

5

10

15

17

19. Coiffeuse

3

2

5

6

20. Hôtelière/Restauratrice

3

5

8

9

Agriculture

       

21. Ferme

3

10

13

15

22. Tapisserie

2

 

2

2

23. Boucherie

2

 

2

2

24. Caoutchouc

1

 

1

1

25. Huile de palme

2

8

10

11

26. Bois de feu

3

2

5

6

Fonctionnaire

6

 

6

7

TOTAL

88

     

3 Les chiffres incluent les femmes ayant plus d'une activité secondaire

4 Pourcentage de femmes engagées dans chaque activité

Tableau 7: Aspects des activités liées à la pêche

ASPECT

FREQUENCE

POURCENTAGE

Production

10

12

Traitement

15

18

Commercialisation

22

27

Production et traitement

10

12

Traitement et commercialisation

15

18

Production et commercialisation

10

12

TOTAL

82

100

5. Répartition du temps entre le foyer, le lieu de travail et le travail a Koko

Des informations recueillies de toutes les personnes interrogées il ressort que les femmes passent jusqu'à 15 à 16 heures par jour à faire des travaux domestiques tels que le nettoyage, la lessive, la cuisine, l'approvisionnement en eau et l'éducation des enfants. Elles s'investissent aussi dans des activités économiques soit en tant que aides de maison rémunérées ou en tant que salariées exercent d'autres activités génératrices de revenus ou des activités de substitution.

5.1. Travaux domestiques et de reproduction: la femme comme mère et épouse

Toutes les personnes interrogées ont donné des informations concernant leurs responsabilités dans le foyer. En effet, l'éducation des enfants, le rangement et le balayage de la maison et des locaux environnants, la lessive, l'approvisionnement en eau potable et la cuisine sont quelques uns des travaux ménagers fondamentaux considérés traditionnellement comme faisant partie du lot quotidien des femmes et autres enfants ou domestiques. Il s'agit là de contributions en nature.

Toutes les femmes à l'exception des femmes pêcheurs ont précisé qu'elles commencent les travaux domestiques tôt le matin entre 4h30 et 6h. C'est le moment où 90% des personnes interrogées accomplissent leurs travaux domestiques fondamentaux. Les femmes pêcheurs reviennent de la pêche entre 5h30 et 6h le matin. Elles aussi accomplissent leurs travaux domestiques le matin entre 7h et 10h avant d'aller dormir pour pouvoir récupérer de la dernière nuit sans sommeil passée à pêcher le poisson.

Toutes les six femmes (7%) de l'échantillon interrogées et qui travaillent dans l'Administration vont au travail vers 8h le matin. Les autres quittent la maison pour leurs lieux de travail respectifs' c'est-à-dire le marché, le quai ou encore la devanture de leurs maisons selon le cas entre 8h et 10h le matin. Quarante pour cent des femmes interrogées ont fait remarquer qu'elles trouvent bénéfique l'aide que leur apportent les parents (notamment du sexe féminin) et les grands enfants (surtout les filles) dans l'accomplissement des travaux domestiques. La contribution des parents et des enfants à l'exécution des travaux domestiques est considérée par les femmes interrogées comme un grand soulagement car ce sont elles-mêmes qui doivent normalement accomplir ces tâches.

5.2 Temps consacré aux travaux domestiques

Le Tableau 8 donne un résumé de la répartition du temps entre les différentes tâches accomplies quotidiennement. Les femmes salariées ne peuvent pas se permettre de consacrer tant de temps aux travaux domestiques, cependant 79% parmi celles interrogées ont quand même le temps de se préparer le petit déjeuner.

Pour les autres femmes ce sont les parents et les enfants qui jouent ce rôle important. Toutefois, les ménagères à temps plein passent généralement en moyenne seize (16) heures par jour à accomplir les différents travaux domestiques alors que les femmes salariées y passent environ 8 heures comme l'indique le Tableau 9. Le rôle important que jouent les parents/enfants est celui de l'approvisionnement en eau potable (77%).

Tableau 8: Temps passé aux travaux ménagers.

Travaux ménagers

Temps

Fréquence des répondants

Pourcentage

Fréquence des parents/enfants

Pourcentage

1. Nettoyage

1-2

40

45

48

55

2. Collecte d'eau

1-2

20

23

68

77

3. Lessive

2-3,

40

45

48

55

4. Cuisine

2

70

79

18

21

5. Soin des enfants

         

- bain

1

50

55

38

45

- nourriture

1-2

30

34

58

66

- habillement

1-2

30

34

58

66

6. Divers

         

- soin des visiteurs

1-2

20

23

   

Tableau 9: Temps passé au travail

Activité

Temps passé

1. Pêche dans l'estuaire du fleuve Bénin

10-12 hr

2. Achat de poisson au quai de pêche de Koko

3-4 hr

3. Fumage du poisson à la maison

5-6 hr

4 Au marché

 

• vente du poisson traité

4-5 hr

• vente de produits de l'agriculture

6-7 hr

• vente de plats cuisinés

3-4 hr

• autres

5-6 hr

5. Achat des produits pour vendre au marché

3-4 hr

6. Préparation des produits comme nourriture

2-3 hr

7. Période d'ouverture des boutiques pour

 

• couturière

8-9 hr

• coiffeuse

 

• vendeuse de provisions

 

8. Boucherie

6-7 hr

9. Récolte du caoutchouc

6-7 hr

10. Agriculture

4-6 hr

11. Tissage

8-9 hr

12. Vente de bois de chauffe

8-9 hr

13. Préparation et cuisine des plats familiaux

 

• achats au marché

2-3 hr

• préparation

2-3 hr

• service et vaisselle

1-3 hr

14. Fonctionnariat

7-8 hr

6. Description de la répartition du travail des femmes au cours de la journée

A Koko comme dans la plupart des communautés de pêche en Afrique de l'Ouest, le genre a toujours joué un rôle déterminant dans la division du travail. Ainsi lorqu'on parle de division du travail au cours de la journée on ne touche jamais à la relation mère-enfant (surtout pour les filles). C'est parce que dans les ménages le rôle économique de la femme comme travailleuse et fournisseurs n'est pas jugé incompatible avec son rôle de reproduction en tant que mère, épouse et fille. Même après l'émancipation de la femme, les femmes dans les communautés rurales (les communautés de pêche, par exemple) sont toujours engagées dans de nombreuses activités qu'elles doivent poursuivre au sein et en dehors du ménage parce qu'elles sont vitales pour la survie de la famille.

On a noté récemment que le taux de participation de la main d'oeuvre féminine continuait d'augmenter rapidement. L'abandon de l'agriculture, y compris la pêche, a conduit les femmes à s'orienter vers la fabrication, l'industrie des service et le travail de bureau.

L'augmentation du travail professionnel est la preuve de l'amélioration des niveaux d'éducation au Nigéria au cours des dernières années. Il est devenu plus difficile de mener de pair deux activités notamment celles génératrices de revenus et celles d'entretien du ménage sans le soutien traditionnel de la grande famille surtout lorsqu'on sait que beaucoup de ménages dans les communautés de pêche ont des ressources limitées.

Cependant, en raison du besoin croissant de liquidité suite à une orientation dans la région vers une économie de marché, le travail rémunéré est devenu encore plus vital pour les femmes. Les Tableaux 8 et 9 montrent la répartition du travail des femmes de Koko au cours de la journée. Les travaux domestiques sont répartis entre les femmes, les parents et les enfants.

L'approvisionnement en eau est le premier travail domestique qui occupe les enfants et les parents (77%); ensuite l'alimentation et la toilette des plus petits (66%) de même que la lessive, le nettoyage et le balayage. Ils sont moins impliqués dans la préparation de la nourriture (21 %)et ne s'occupent pas du tout de la réception des visiteurs. Les femmes pour leur part sont impliquées dans tous les aspects des travaux domestiques, y compris l'approvisionnement en eau potable.

Celles qui sont engagées seulement dans une activité principale (par exemple la coiffure, la création de mode et la pêche passent toute la journée à leur travail, entre 8 et 12 heures par jour. Celles qui ont des activités secondaires répartissent leur temps entre les différentes activités présentées au Tableau 9.

Nous présentons ci-après une analyse détaillée d'un échantillon de femmes impliquées dans chacune des principales activités pour montrer comment chaque femme répartit son temps entre les différentes responsabilités à la maison et au travail.

Ménagère à plein temps

Mme A. a 30 ans, est mariée, a 2 personnes à charge et a reçu une formation de modéliste après son certificat d'études (WASC). Elle n'exerce pas son métier faute de capital pour démarrer.

Elle se réveille tous les jours entre 4h30 et 5h30 le matin. Elle accomplit ses travaux domestiques et envoie les enfants à l'école. Une fois les enfants partis, elle continue ses travaux domestiques. Tout ceci se fait entre 5h30 et 9h le matin. Ensuite elle va au marché acheter des denrées alimentaires pour la nourriture de la famille, ou bien elle fait la lessive jusqu'à midi environ.

A midi, elle commence à préparer le déjeuner qu'elle finit à 14h. Elle peut terminer ses travaux domestiques de l'après-midi à 17h et commencer à préparer le dîner qui est servi entre 19h et 20h le soir. Après le dîner, elle débarrasse la table et s'assure que tout est prêt pour le petit déjeuner du lendemain matin avant d'aller se coucher à 22h environ. Dans l'ensemble, elle aura passé à peu près 16 heures à faire des travaux domestiques avant de se reposer pour la journée.

Femme pêcheur

Mme 0. a 45 ans, est mariée et a 8 personnes à charge. Elle n'est pas instruite et a hérité de la profession de pêcheur de ses parents. En dehors de la pêche est sa principale occupation, elle vend des provisions et fait du jardinage.

Elle accomplit ses travaux domestiques et entretient son jardin tous les matins entre 7h et I Oh. Elle a une petite baraque devant sa maison qu'elle ne peut ouvrir qu'après son retour de la rivière.

Ensuite, elle va se coucher pour se réveiller vers 15h de l'après-midi. Elle poursuit ses travaux domestiques jusqu'aux environs de 19h, heure à laquelle elle sort pour aller pêcher. Elle dispose son matériel de pêche et ses filets sur l'estuaire et attend de capturer le poisson. Elle essaie de dormir quelque peu se réveillant par intermittence pour vérifier ses filets et hameçons.

Elle rassemble tout son équipement entre 5h30 et 7h le matin, se dirige vers l'embarcadère et retourne à la maison pour vendre sa capture aux transformateurs et aurez commerçants. Elle ouvre sa baraque après 15h et vend ses provisions jusqu'au moment où elle est prête pour aller pêcher le soir.

Son problème majeur est le manque d'un moteurs hors-bord pour lui permettre d'aller pêcher plus loin dans les eaux plus profondes.

Transformatrice de poisson

Mme S. a 45 ans, est mariée et a 7 personnes à charge. Elle n'est pas instruite et tout comme Mme O. elle a hérité de sa profession.

Elle achète le poisson frais et les écrevisses qu'elle transforme et conserve en les séchant à la fumée pour les vendre ensuite aux marchands de poisson. Elle se réveille tous les matins entre 4h30 et 5h30 et commence ses travaux domestiques qui durent jusqu'à 7h, heure à laquelle elle part à l'embarcadère pour acheter du poisson.

Elle transforme le poisson entre 9h et 17h. Pendant que le poisson est sur le feu, elle poursuit ses travaux domestiques mais surveille constamment le poisson pour s'assurer un fumage régulier. La vente de poisson aux marchands commence à partir de 17h et dure jusque tard la nuit. Ce n'est que vers 22h qu'elle finit ses travaux domestiques et qu'elle va au lit.

Son problème majeur est l'insuffisance de capital pour acheter de grandes quantités de produits de la pêche à revendre.

Marchande de poisson

Mme E.A. a 50 ans, est mariée et a 10 personnes à charge. Elle a fini le collège et achète le poisson frais et séché qu'elle revend. D'autre part elle vend des assiettes comme activité secondaire

Elle se réveille tous les matins dès 5h pour accomplir ses travaux domestiques jusqu'aux environs de 6h. Ensuite de 6h à 10h elle sort pour aller acheter le poisson frais qu'elle va revendre. De 10h jusqu'aux environs de 16h l'après-midi elle continue son activité secondaire et ses travaux domestiques. Vers 16h elle sort pour aller acheter du poisson transformé qu'elle vend à n'importe quel moment de la journée.

Elle voyage parfois pendant des jours pour pouvoir vendre son poisson sur d'autres marchés plus éloignés. Elle se rend aussi régulièrement sur les marchés voisins. Son problème majeur reste l'insuffisance de capital pour acheter des produits de la pêche à revendre.

Tableau 10: Profession principale et activités secondaires associées

Profession principale

Activités secondaires

Pêche

Culture du jardin, petit commerce, fonctionnariat

Traitement du poisson

Petit élevage, vente de nourriture, égrenage du poivre, petit commerce.

Commercialisation du poisson

Culture du jardin, petit commerce (la plupart des. commerçantes ont une seule occupation).

Femme au foyer

Culture du jardin et petit élevage.

Petit commerce

Fonctionnariat, petit élevage.

Couture et coiffure

Petit commerce.

7. Evaluation du produit des activités journalières des femmes en espèce et en nature

Les femmes se réveillent chaque jour pour faire face aux réalités d'une nouvelle journée. Elles sont engagées dans différents types d'activités allant de simples travaux domestiques à des fonctions plus complexes telles que aller pêcher dans la rivière. Bien que certaines de ces activités peuvent être considérées comme des activités génératrices de revenus, d'autres sont seulement des activités qui leur procure un revenu en nature.

7.1. Activités génératrices de revenus en espèce

Ce sont des activités qui permettent d'augmenter les revenus. Il s'agit entre autre de la production, la transformation et la commercialisation du poisson; la commercialisation d'autres produits et marchandises (nourriture, viande, articles divers etc..); la prestation de services (coiffure, création de mode), la fabrication de produits (savon, nattes, boissons alcoolisées) et le travail rémunéré.

Certaines de ces activités sont primaires tandis que d'autres sont considérées comme secondaires. Les femmes, dans la plupart des cas, dépendent de ces activités pour leurs revenus qui sont utilisés à des fins diverses telles que la contribution à l'entretien du ménage, les droits d'écolage des enfants, le loyer, la formation des personnes à charge à des métiers professionnels et à la prise en charge de soi pour n'en citer que quelques unes.

En Afrique de l'Ouest les femmes, y compris celles qui se trouvent dans la zone de l'étude, doivent contribuer à l'entretien de la famille tant en espèce qu'en nature. Aussi, toutes les personnes interrogées sont-elles engagées dans plusieurs activités génératrices de profit soit de manière séquentielle soit simultanément. C'est la preuve que l'économie des zones rurales, comme par exemple dans les communautés de pêche, est à l'image de l'économie de tout le pays qui connaît difficultés.. D'autre part, ces femmes qui doivent supporter leur mari au chômage au moment de l'enquête ne pouvaient se permettre de laisser passer aucune occasion de se faire un peu d'argent.

A Koko au moment de l'enquête, 40% des personnes interrogées ont confié qu'elles n'avaient pas accès à la terre pour l'agriculture, et par conséquent la plupart d'entre elles achètent tous leurs aliments y compris les produits de la pêche. Ces femmes doivent rechercher des voies et moyens pouvant générer des revenus pour pouvoir satisfaire tous les besoins de la famille y compris les denrées alimentaires. La crise de l'économie fait que même les petites affaires saisonnières, qu'elles font avec certains de leurs enfants pour accroître leurs revenus, ne sont plus rentables.

Au cours de l'enquête, seules trois femmes (3%) étaient pleinement engagées dans la capture du poisson sur l'Estuaire de la Rivière Bénin (Tableau 9). Ces femmes y passent 10 à 12 heures par jour pendant 4 à 5 jours par semaine. Elles quittent la maison pour les zones de pêche le soir à partir de 18h chaque jour, sauf lors que le temps est jugé mauvais, c'est-à-dire lorsque le ciel est couvert et/ou orageux. Selon les femmes, l'eau serait agitée et dangereuse et par conséquent il n'est pas conseillé d'aller pêcher par un temps aussi peu attrayant. Ces femmes rentrent de la pêche le lendemain à l'aube entre 4h30 et 5h30.

Elles racontent que une fois sur les lieux de pêche elles installent normalement leurs filets de pêche (filets maillants) et leurs pièges. Ensuite, elles prêtent attention à d'autres utilisateurs des voies fluviales pour s'assurer que leurs filets de pêche, pièges, etc... ne sont pas emportés ou détruits. Elles vérifient leurs filets par moment jusqu'à 2h du matin. A partir de 3h du matin elles s'apprêtent à cesser de pêcher. Il leur faut 2 à 3 heures pour retire leurs filets et pièges de l'eau et les plier dans leurs pirogues de manière à ce qu'il n'y ait pas d'accrochage qui puisse détruire leur équipement.

En pleine saison, la remontée de l'équipement et de la capture de l'eau dans les pirogues dure plus longtemps. Au cours de cette période elles ne mettent pas trop de temps pour retirer les poissons capturés avec des filets maillants ou des hameçons. Elles empilent tout simplement tout dans les pirogues et attendent de revenir à la maison le matin pour trier la capture avec l'aide de leurs enfants et/ou parents. Par contre, pendant la basse saison le tri se fait sur le lieu de pêche puisque de toute façon la capture n'est pas très importante.

Ainsi donc elles passent en moyenne 10 à 12 heures hors de chez elles à pêcher. Selon les femmes, les meilleurs produits de la pêche sont réservés pour la consommation domestique puisque de toute façon leur quantité n'est pas importante et le reste est vendu. Toutes ces femmes sont nées et élevées dans des familles de pêcheurs et ont pris la relève par héritage et par vocation.

En dehors de la pêche et des activités qui y sont liés, plusieurs autres activités génératrices de revenu telles que le commerce, la création de mode, l’agriculture, la coiffure, etc... figurent au Tableau 9. Ce sont des activités qui procurent quelques revenus à la femme. Les véritables revenus estimés à la section 9.0 tiennent compte de toutes ces sources qui sont résumées au Tableau 11

7. 2. Activités génératrices de revenus en nature

Les femmes passent en moyenne 8 heures chaque jour (le minimum étant 2 heures et le maximum environ 16 heures par jour) à faire leurs travaux domestiques soit avant d'aller au travail soit plus tard dans la journée ou encore pendant ces deux moments.

Les 10 femmes engagées dans l'agriculture (agriculture et élevage de bétail) comme activité secondaire le font pour leur subsistance en vendant seulement le surplus lorqu'il y en a, ce qui est rare. Il y a seulement 3 femmes qui sont engagées dans l'agriculture comme activité principale.

L'agriculture pratiquée par les femmes est donc une activité non monétarisée comme les travaux domestiques Cependant, elle est dans une classe à part parce que ses produits finis peuvent être quantifiés et convertis en espèce, ce qui a été fait dans l'étude pour déterminer le revenu réel.

D'autres activités non monétarisée sont l'éducation des enfants la participation aux activités de groupe (par exemple, les coopératives). Afin de comptabiliser réellement toute heure que les femmes passent dans une journée notamment à la maison, il sera nécessaire d'évaluer en espèce le nombre d'heures passées à la maison et ainsi d'arriver à une estimation des revenus provenant de toutes les sources.

Le Tableau 11. présente les différentes activités exercées quotidiennement par les femmes. La première colonne est une liste de toutes les activités qui accroissent directement les revenus (activités en espèce), la deuxième une liste des activités exécutées par les femmes mais qui n'accroissent pas directement les revenus. L'élevage de volaille et l'agriculture pourraient augmenter directement le revenu si les produits étaient vendus. Cependant, toutes les personnes interrogées ont précisé qu'elles produisent pour la famille seulement.

Ces deux activités (2 et 3) ont été prises en compte dans l'estimation du revenu réel quotidien parce que les ménages auraient normalement payé pour ces produits au marché s'ils ne les produisaient pas. Mais les points 1, 4 et 5 n'ont pas été pris en compte parce qu'ils ne sont pas considérés comme des activités génératrices de revenu même au sens le plus large du point de vue des personnes interrogés.

Dans notre estimation ici, nous avons choisi les points I et 4 en attribuant des coûts au nombre d'heures passées par les femmes. Le salaire moyen payé aux domestiques dans la zone de l'étude (5 nairas/h est utilisé comme une moyenne). Bien qu'il puisse être plus bas que ce qui est payé aux femmes pour certains travaux occasionnels, cette mesure uniforme facilite les calculs.

Le Tableau 12 donne une image de la nature lucrative des travaux domestiques.

Une ménagère à plein temps qui passe 16 heures chaque jour à travailler à la maison gagne un salaire de 80 nairas alors que le salaire quotidien moyen pour tout travail domestique dans la zone de l'étude est de 39,30 nairas. Des 70 femmes qui vivent des travaux domestiques 16 (23%) affirment qu'elles sont ménagères à plein temps. Alors qu'une journée de 8 heures de travail dans un emploi rémunéré rapporte un salaire d'environ 50 nairas par jour, le même nombre d'heures à la maison rapporte beaucoup moins.

Tableau 11: Activités générant des revenus en espèces et en nature.

En espèces

En nature

1. Production, traitement et commercialisation du poisson

1. Travaux ménagers

2. Commerce d'autres produits (nourriture, 2. viande, articles ménagers, etc.)

2. Petit élevage

3. Fourniture de services (coiffure, couture)

3. Culture du jardin

4. Manufacture (fabrication de savon) 4.

Education des enfants

5. Emploi rémunéré

5. Participation à des activités de groupe

Tableau 12: Valorisation des heures de travail ménager

Travail ménager (heures)

Equivalent en Naira 5

Fréquence des réponses

Pourcentage

1

5

3

4

3

15

12

14

4

20

10

14

5

25

2

3

6

30

9

13

7

35

16

23

8

40

5

7

16

80

16

23

Rémunération moyenne/jour: N39.30

70

10

5 Un salaire moyen de 5 naira/heure payé aux aides ménagères a été utilisé comme facteur de conversion

8. Revenus réels journaliers et leurs sources

8.1. Estimation du revenu réel journalier

Le revenu est une variable importante dans la détermination du niveau de vie des populations. C'est aussi un paramètre important dans la détermination de l'attitude vis-à-vis de l'épargne de même que la capacité à réinvestir dans les affaires. Lorsque les revenus sont bas ou irréguliers, on pense plus à la survie de la famille qu'à l'épargne ou à un éventuel réinvestissement. En conséquence, les affaires commencent à mal se porter et il devient difficile de briser le cercle vicieux de la pauvreté et des besoins.

L'étude de terrain a eu lieu à un moment où l'économie nationale était très mal en point en raison des diverses crises nationales résultant de l'environnement socio-politique du pays Cette situation a créé des incertitudes visibles dans le comportement des gens en général et dans la sécurité alimentaire de la nation. La période était supposée être la pleine saison de pêche, mais curieusement la plupart des pirogues étaient sur la plage.

Les facteurs énumérés comme étant responsables de cette accalmie des activités comprennent: la rareté et le prix élevé du carburant, la destruction des filets de pêche par les bâteaux rapides utilisés par le personnel de l'industrie du pétrole dans la région, le manque de prêts pour l'achat des intrants de pêche nécessaires.

La situation est pire que celle qu'on a connu en octobre 1995 lorsqu'une première enquête a été réalisée dans la zone de l'étude.

Les personnes interrogées ne tiennent pas de comptabilité pour leurs activités. Ainsi donc on ne saurait dire qu'il y a des informations précises disponibles. Le Tableau 11. présente les informations données par les personnes interrogées et qui ont servi à l'évaluation en espèce et en nature des activités journalières des femmes D'autre part, on a pu déterminer le revenu réel journalier des femmes provenant de toutes les sources.

Dans la zone de l'étude, et notamment parmi les personnes interrogées, la plupart des revenus étaient perçus quotidiennement. Seules les fonctionnaires percevaient leurs salaires à la fin du mois, quand bien même elles étaient engagées dans d'autres activités secondaires qui leur rapportaient régulièrement de l'argent.

Les sources de revenus des femmes de Koko sont variées, de la vente de bois de chauffage et de barils, à la tresse de nattes, la vente de boisson alcoolisée, la création de mode et toutes sortes d'activités de pêche pour n'en citer que quelques unes Le Tableau 6 donne la liste de la plupart des activités génératrices de revenu chez les personnes interrogées.

L'estimation du revenu réel journalier est supposée inclure tous les revenus de la femme provenant de tout ce qu'elle passe son temps à faire depuis le moment à elle se réveille jusqu'au moment où elle retourne au lit. On a donc fait très attention en évaluant ou en estimant les revenus de toutes les activités économiques en ce sens qu'on y a inclus ceux en nature et qui ne sont pas convertis en espèces au marché.

En conséquence, les revenus provenant de l'élevage et du jardinage (aliments à usage domestique) et les parts de la capture de poisson réservées pour la consommation familiale de même que d'autres revenus similaires en nature ont été quantifiés. Par exemple, lorsqu'une femme pécheur apporte volontairement l'information selon laquelle sa famille n'achète pas de poisson mais se contente plutôt d'une partie de sa capture, une estimation a été faite quant à la quantité que consommerait une telle famille, puis convertie en espèce en se basant sur le prix du marché. La même chose a été faite pour la production maraîchère et l'élevage.

8.2. Revenus réels journaliers provenant de toutes les sources

Sur un total de 88 personnes interrogées, 78 (89%) tiraient leurs revenus des activités primaires ou secondaires. Le revenu moyen journalier en tenant compte de toutes les sources était de 140 nairas avec un écart-type de 100 nairas représentant la différence entre les niveaux de revenus. Les données ont mis en évidence une autre information importante, à savoir que c'est la commercialisation plutôt que la production ou la transformation qui rapporte le revenu le plus élevé, tandis que la production de poisson occupait le dernier rang de toutes les activités liées à la pêche (Tableau 14).

Même les petits commerçants font mieux que les femmes pêcheurs et les transformatrices Il n'est donc point surprenant qu'il y ait plus de femmes dans le domaine de la commercialisation du poisson et d'autres types de petit commerce parce que, en dépit des risques liés à la production du poisson par exemple, les revenus sont beaucoup plus bas que ceux des femmes qui attendent à terre pour acheter les produits et les revendre. Par contre, les revenus de celles qui achètent le poisson transformé (fumé) sont beaucoup plus élevés que ceux des femmes qui vendent les produits de pêche frais. Cette différence dans les revenus est due surtout à la perte de qualité et de quantité suite à la détérioration du produit que connaissent généralement les femmes qui vendent le poisson frais.

Comme l'indique le Tableau 13, la majorité des personnes interrogées (60%) avaient des revenus journaliers inférieur ou égal à 200 nairas tandis que 34% avaient des revenus compris entre 201 et I 000 nairas Seules 2 femmes (2° O) avaient un revenu journalier supérieur ou égal à 800 nairas.

La différence entre les revenus est une indication des types d'activités, du volume, de l'importance du commerce et de la production dans lesquels les femmes sont engagées. Par exemple, le revenu le plus bas d'une tresseuse de nattes qui n'a pas d'autres sources de revenu est de 24 nairas par jour alors que le revenu le plus élevé est de 2.500 nairas réalisé par la directrice d'un supermarché.

Le revenu journalier le plus élevé que procure une activité liée à la pêche est de 1875 nairas pour une marchande de poisson qui n'a aucune autre activité secondaire. Entre ces deux extrêmes, il y a des revenus qui proviennent d'autres occupations diverses ainsi que de combinaisons d'occupations. Comme l'indique le Tableau 6, l'occupation la plus répandue est celle de marchande de poisson qu'exercent environ 25% des personnes interrogées. Comme il apparaît au Tableau 14, les marchandes de poisson ont le revenu journalier moyen le plus élevé (232 nairas), suivies des petites commerçantes (159 nairas). Le revenu le plus bas chez les personnes interrogées est de 33 nairas et est procuré par l'agriculture.

La capture du poisson rapporte un revenu journalier moyen de 129 nairas à Koko (Par comparaison, une étude nationale par CBN/NISER, (1992) sur l'impact du PAS sur l'agriculture nigérianne a évalué le revenu journalier moyen chez les ménages de pêcheurs à environ 65 nairas.

Des études nationales de ce type font apparaître des différences entre les sites choisis, la compétence des enquêteurs, la volonté des personnes interrogées dans la zone de l'étude à répondre sincèrement aux questions sur les revenus parce qu'il y a la peur de l'implication pour les impôts et d'autres craintes. Ceci est d'autant plus vrai - et pas seulement dans ce cas - lorsque les agents collecteurs ne sont pas habitués aux personnes interrogées (Okpanafe et al, 1991). C'est peut être la raison pour laquelle les chiffres nationaux présentés ici sont plus bas que dans le cas de Koko.

Tableau 13: Revenu quotidien estimé

Revenu (N)6

Fréquence

Pourcentage

20-200

47

60

201-400

14

48

401-600

8

10

601-800

4

5

801-1000

1

1

1001-1200

   

1201- 1400

   

1401-1600

2

3

1601-1800

   

1801-2000

1

1

2000+

1

1

TOTAL

78

100

Tableau 14: Revenu moyen quotidien par profession.

Profession principale

Revenu moyen par jour (N)

Pêche

129

Commercialisation du poisson

232

Traitement du poisson

149

Commerce

159

Agriculture

33

Fonctionnariat

60

Couture

135

Autres

125

Revenu moyen

140

6 Comme la plupart des chiffres ont été calculés à partir d'estimation hebdomadaire ou mensuelle, un nombre moyen de 20 jours par mois a été considéré. Ceci est basé sur les réponses des personnes enquêtées qui estiment que le nombre de jours de travail (pêche, transformation, commercialisation) ne dépasse pas 20 par mois.

9. Conclusions et recommandations sur les domaines d'assistance (technique, économique et institutionnel)

9.1. Conclusions

Cette étude a clairement montré que les communautés de pêche de Koko ont offert différents types d'emplois à différentes femmes. Cependant, le moteur de l'économie de la communauté est la pêche et les activités qui y sont liées. Etant donné que les femmes sont plus impliquées dans la commercialisation et la transformation du poisson, on ne saurait trop insister sur leur rôle.

Une baisse dans l'industrie de la pêche à Koko signifie une baisse de l'économie de toute la communauté de Koko. Considérant la situation économique qui prévaut dans le pays, il est évident que les femmes pêcheurs passent des moments difficiles. En effet, le volume des captures diminue, le taux de détérioration augmente et dans le même temps d'autres sources d'emploi disparaissent rapidement. Et poutant les femmes doivent continuer à répartir leur précieux temps entre les activités génératrices de revenus et les travaux domestiques qui ne rapportent aucun en espèces.

L'auteur du présent rapport pense qu'il est nécessaire de prendre des dispositions pour améliorer, dans la zone de l'étude, le bien-être économique des pêcheurs désireux et prêts à utiliser une telle assistance de manière judicieuse.

9.2 Recommandations

Cette étude a mis en relief quelques uns des problèmes auxquels sont confrontés les pêcheurs dans les communautés de pêche de Koko de même que d'autres catégories de la population active.

Quelques uns de ces problèmes sont:

Pour remédier à la situation décrite ci-dessus, il est recommandé que les dispositions suivantes soient prises:

1. Mise à disposition de capital pour l'achat de moteurs hors bord à travers un système de prêt rotatif aux coopératives. Ainsi, les pêcheurs pourront réduire le temps mis pour transporter les poissons fraîche