FAO FOCUS
La diversité biologique protégée: in situ et ex situ; GCRAI


Il est possible de conserver la diversité biologique in situ (sur place), soit dans la nature soit à la ferme, ou ex situ (hors site) dans une banque de gènes située en dehors de l'habitat naturel de la plante. Les approvisionnements alimentaires futurs de la planète dépendront dans une grande mesure des collections du GCRAI.

La conservation in situ peut se faire dans le champ de l'agriculteur, dans les terrains de parcours et dans les parcs nationaux ou autres types de réserve naturelle. La plupart des ressources phytogénétiques présentant un intérêt pour l'alimentation et l'agriculture se trouvent en dehors de "zones protégées" telles que des parcs. Fréquemment, elles ne sont pas simplement conservées mais aussi utilisées pour l'alimentation et pour en tirer un revenu.

Dans beaucoup de pays, les agriculteurs pratiquent une conservation de fait de la diversité génétique en entretenant des races de pays traditionnelles (variétés mises au point localement). Les cultivateurs sélectionnent des semences présentant diverses caractéristiques, sélectionnent des plants et mettent de côté des semences pour les semis. Ces pratiques vont au-delà de la conservation pure et simple, car elles visent à améliorer et à développer les ressources phytogénétiques. Souvent, les agriculteurs n'ont pas vraiment d'autre choix que d'élaborer et de sauver leurs propres races de pays. Plus d'un milliard de personnes vivent dans des familles d'exploitants, où la responsabilité de la gestion et de l'amélioration des ressources phytogénétiques destinées à l'alimentation et à l'agriculture repose en fait sur la famille elle-même.

Il existe des programmes visant à aider ces agriculteurs à gérer, conserver et améliorer leurs ressources phytogénétiques. Le Rapport sur l'état des ressources phytogénétiques dans le monde cite quelques exemples:

Voir la section intitulée Gestion des RPGAA à la ferme, paragraphes 46-54 du Rapport sur l'état des ressources phytogénétiques dans le monde, citée dans la section "Pour en savoir plus".

Conservation ex situ:

Inquiets de ce que les variétés et pratiques agricoles modernes étaient en train de faire disparaître une bonne partie de la diversité biologique présente dans le champ, on s'est précipité, dans les années 70, pour créer des banques de gènes destinées à conserver le matériel génétique ex situ. Les experts estimaient, à juste titre, qu'ils n'avaient que très peu de temps à disposition pour collecter et sauvegarder ces ressources menacées d'extinction dans le champ.

Au début des années 70, on comptait moins de 10 banques de gènes qui ne détenaient peut-être guère plus d'un demi-million d'échantillons. Aujourd'hui, 1 308 banques de gènes sont enregistrées dans la banque de données du Système mondial d'information et d'alerte rapide et l'on pense que, à l'échelle mondiale, 6,1 millions d'échantillons sont actuellement stockés dans des collections de matériel germinatif ex situ (encore que beaucoup puissent être des doubles).

Quarante pour cent des échantillons détenus au total dans les banques de gènes sont des céréales; 15 pour cent sont des légumineuses vivrières. Les légumes, racines et tubercules, fruits et fourrages représentent chacun moins de 10 pour cent des collections mondiales. Les espèces médicinales, condimentaires, aromatiques et ornementales sont rarement présentes dans les collections publiques pour longue conservation. Les plantes aquatiques présentant un intérêt pour l'alimentation et l'agriculture ne s'y trouvent pas non plus.

Les principaux problèmes que pose actuellement le stockage ex situ sont les suivants:

La FAO estime qu'un million au moins d'acquisitions auraient besoin d'être replantées pour obtenir de nouvelles semences à entreposer. La régénération proprement dite est pleine de difficultés et peut engendrer une érosion génétique (voir Breese, E.L., 1989. Regeneration and Multiplication of Germplasm Resources in Seed Genebanks: The Scientific Background. Rome. IBPGR).

Pour de plus amples informations sur la conservation ex situ, consulter les paragraphes 55-86 du Rapport sur l'état des ressources génétiques dans le monde cité dans la section "Pour en savoir plus".


Les collections du GCRAI

La collection du Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale (GCRAI), réseau mondial de centres de recherche agricole internationale, recèle un trésor de possibilités génétiques permettant d'obtenir de nouvelles variétés de plantes cultivées, d'espèces médicinales et autres produits. Les approvisionnements alimentaires de la planète dépendront un jour, dans une très grande mesure, des collections du GCRAI, qui sont les plus importantes du monde pour ce qui concerne les espèces vivrières et fourragères. Si humbles soient-ils, les semences, boutures et rejets récoltés sur des parcelles agricoles, dans des rizières, dans des forêts et dans la nature et entreposés par le GCRAI sont un bien précieux.

Le débat soulevé à propos des demandes de brevets appliqués à des produits biologiques a conduit à s'interroger sur le statut juridique de ces collections, constituées de dizaines de milliers de dons anonymes faits par des agriculteurs depuis longtemps oubliés.

En 1994, les pays membres de la Commission FAO sur les ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture ont conclu un accord en vertu duquel les collections du GCRAI ont été juridiquement remises "en dépôt" aux instituts de recherche du GCRAI, qui oeuvrent sous les auspices de la FAO. Elles restent du domaine public et sont un rempart contre la vulnérabilité des variétés de la "révolution verte", dont les rendements sont élevés mais qui trop souvent reposent sur une base génétique étroite.

Implicitement au moins, les accords FAO-GCRAI garantissent aux agriculteurs l'accès aux ressources génétiques des collections du GCRAI. Mais dès lors qu'il s'agit de semences génétiquement modifiées créées à partir de spécimens du GCRAI, on sait beaucoup moins bien qui doit prendre part aux profits.

Liste des centres du GCRAI

ADRAO - Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest, Bouaké, Côte d'Ivoire. Fondé en 1970. S'occupe de l'amélioration de la riziculture en Afrique de l'Ouest et conduit des recherches sur la culture du riz dans les mangroves et marécages intérieurs, dans les zones d'altitude, et sous irrigation.

CIAT - Centre international d'agriculture tropicale, Cali, Colombie. Fondé en 1967 pour s'occuper plus spécialement de l'amélioration des cultures pratiquées sur les basses terres tropicales en Amérique latine. La recherche porte sur le riz, les haricots, le manioc, les plantes fourragères et les pâturages.

CIFOR - Centre pour la recherche forestière internationale, Bogor, Indonésie. Fondé en 1992 pour s'occuper plus spécialement de la recherche sur la conservation et la mise en valeur durable des forêts.

CIMMYT - Centre international d'amélioration du maïs et du blé, Mexico, Mexique. Fondé en 1966 pour s'occuper plus spécialement de l'amélioration du maïs, du blé, de l'orge et du triticale.

CIP - Centre international de la pomme de terre, Lima, Pérou. Fondé en 1971 pour s'occuper plus spécialement de l'amélioration de la pomme de terre et de la patate douce, une attention particulière étant portée à l'écologie des régions de montagnes.

CIRAF - Centre international de la recherche agroforestière, Nairobi, Kenya. Fondé en 1977, en particulier pour lancer et appuyer des recherches visant à intégrer les arbres dans les systèmes d'utilisation des terres des pays en développement.

ICARDA - Centre international pour la recherche agricole dans les zones arides. Alep, Syrie. Fondé en 1977 pour s'occuper plus spécialement de l'amélioration des systèmes agronomiques de l'Afrique du Nord et de l'Asie de l'Ouest. La recherche porte sur le blé et l'orge, le pois chiche, les lentilles, les légumineuses de pâturage et les petits ruminants.

ICARM - Centre international pour l'aménagement des ressources bioaquatiques. Makati, Manille, Philippines. Fondé en 1977. Conduit des recherches sur tous les aspects de la pêche afin d'améliorer l'efficacité et la productivité des pêcheries d'élevage et de capture.

ICRISAT - Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides, Patancheru, Andhra Pradesh, Inde. Fondé en 1972 pour s'occuper plus spécialement de l'amélioration des cultures et des systèmes agronomiques concernant le sorgho, les mils, le pois chiche, le pois cajan et l'arachide.

IFPRI - Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, Washington D.C. Etats-Unis. Fondé en 1975 pour s'occuper plus spécialement de la recherche sur les politiques alimentaires et sur les aspects socio-économiques du développement agricole, ainsi que de la création d'institutions dans les pays en développement.

IIMI - Institut international d'irrigation, Colombo. Sri Lanka. Fondé en 1984 pour s'occuper plus spécialement du rendement des irrigations dans les pays en développement.

IITA - Institut d'agronomie tropicale, Ibadan, Nigéria. Fondé en 1967 pour s'occuper plus spécialement de l'amélioration des cultures et de l'aménagement des terres dans les zones tropicales humides et subhumides, et des systèmes agronomiques du maïs, du manioc, du haricot dolique, du plantain, du soja, du riz et de l'igname.

ILRI - Institut international de recherche sur l'élevage, Addis Abeba, (Ethiopie) et Nairobi (Kenya). Fondé en 1994. Conduit des recherches visant à améliorer la productivité de l'élevage et la santé animale; responsable du Programme de recherche sur l'élevage conduit à l'échelle du système du GCRAI.

IPGRI - Institut international des ressources phytogénétiques, Rome. Fondé en 1974. Conservation de pools de gènes de plantes cultivées et fourragères.

IRRI - Institut international de recherche sur le riz, Manille, Philippines. Fondé en 1960. Conduit des recherches sur l'amélioration générale du riz.

SIRAN - Service international de la recherche agronomique internationale des Pays-Bas, La Haye. S'occupe plus particulièrement du renforcement et du développement des systèmes nationaux de recherche agricole.



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