Glossaire

anthropométrique fondé sur la mensuration du corps humain

déficience en micronutriments manque de vitamines et de minéraux essentiels résultant d'une ration alimentaire déséquilibrée et de problèmes spécifiques d'assimilation de la nourriture consommée

dénutrition résultat d'une insuffisance prolongée de la ration alimentaire et/ou d'une mauvaise assimilation de la nourriture consommée. Ses manifestations incluent un dépérissement, un retard de croissance, un poids insuffisant par rapport à la taille, une capacité cognitive réduite, un mauvais état de santé et une faible productivité

dépérissement (PIT) poids insuffisant par rapport à la taille, résultant en général d'une perte de poids associée à une période d'inanition ou à une maladie grave récentes

insécurité alimentaire insuffisance de la ration alimentaire, qui peut être temporaire (en période de crise), saisonnière ou chronique (lorsqu'elle se manifeste de façon continue)

insuffisance pondérale (PIA) poids insuffisant par rapport à l'âge, phénomène s'expliquant par une condition actuelle résultant d'une ration alimentaire inadéquate, d'épisodes passés de dénutrition ou d'un mauvais état de santé

malnutrition condition physiologique résultant de l'inadéquation ou du déséquilibre de la ration alimentaire ou d'une mauvaise assimilation de la nourriture consommée

retard de croissance (TIA) taille insuffisante par rapport à l'âge, phénomène s'expliquant par un épisode prolongé de dénutrition, ou par des épisodes récurrents dans le passé

sous-alimentation insécurité alimentaire chronique; la ration alimentaire n'est pas suffisante pour satisfaire les besoins énergétiques de base, et ce de façon continue

surnutrition résultat d'une ration alimentaire excessive

vulnérabilité existence de facteurs en présence desquels l'individu risque d'être exposé à l'insécurité alimentaire ou à la malnutrition


Remarque sur la méthode - Comment les chiffres sont-ils calculés

L'insécurité alimentaire chronique est représentée par une estimation du nombre d'individus dont la ration alimentaire ne constitue pas un apport calorique suffisant pour satisfaire leurs besoins énergétiques de base, c'est-à-dire les sous-alimentés. En revanche, l'évaluation de l'état nutritionnel ou de la dénutrition repose sur des informations portant sur l'état physiologique réel des individus.

Dans la pratique, ce sont deux types de mesures distinctes mais tout aussi utiles l'une que l'autre, obtenues grâce à des approches analytiques très différentes:

1. La sous-alimentation est estimée à partir des données existantes portant sur le nombre d'individus concernés et sur la quantité de nourriture dont ils disposent.

2. La dénutrition est déterminée à partir du poids, de la taille et de l'âge des individus. Les taux calculés à partir de ces mesures sont indicatifs des conséquences d'une ration alimentaire insuffisante, mais aussi du mauvais état de santé et d'un niveau d'hygiène inadéquat qui empêchent parfois les individus de profiter au maximum de l'apport nutritif de ce qu'ils mangent.

Comme on peut le voir, ces deux approches sont complémentaires:

Les chiffres cités dans cette section se rapportent à des estimations sur la sous-alimentation obtenues à partir de certains types d'informations communément disponibles:

  • Production alimentaire, échanges commerciaux et stocks;
  • Population totale et répartition par âge et par sexe;
  • Données relatives à la répartition de la consommation.

Cette méthode est décrite en détail dans La sixième enquête mondiale sur l'alimentation, publiée par la FAO en 1996. Très brièvement, elle consiste à:

1. calculer le nombre total de calories qu'il est possible d'obtenir à partir de la production alimentaire, des échanges commerciaux et des stocks locaux;

2. calculer le nombre minimum moyen de calories requis pour la population totale, en tenant compte du nombre de calories dont ont besoin les différents groupes de population d'après leur âge et leur sexe et la proportion de la population représentée par chacun de ces groupes;

3. diviser le nombre total de calories disponibles par le nombre d'habitants du pays;

4. déterminer un coefficient de répartition qui tienne compte de l'inégalité d'accès à l'alimentation;

5. combiner ces informations pour déterminer la répartition de l'approvisionnement alimentaire au sein du pays. Cela permet d'obtenir le pourcentage de la population dont la ration alimentaire est inférieure au minimum requis;

6. multiplier ce pourcentage par la taille de la population afin d'obtenir le nombre d'individus sous-alimentés.

Ces calculs permettent de parvenir à une estimation du nombre d'individus par pays dont l'apport calorique moyen est inférieur au minimum requis pour permettre au corps de fonctionner normalement et d'effectuer une activité modérée. Lorsque l'on effectue le total, on obtient une estimation mondiale du nombre total d'individus sous-alimentés.

La mesure de l'état nutritionnel

La mesure du degré de sous-alimentation repose sur l'estimation de la ration alimentaire. Mais pour mesurer le degré de malnutrition, il est nécessaire d'avoir recours à des indicateurs anthropométriques qui rendent compte de ce qui se passe dans le corps d'un individu.

La mesure de la ration alimentaire et l'anthropométrie répondent à des objectifs différents, et chaque méthode présente des avantages et des limites. À l'heure actuelle, on utilise en premier lieu les données anthropométriques pour mesurer l'état nutritionnel des jeunes enfants. On utilise en général trois critères fondés sur l'anthropométrie pour mesurer le degré de dénutrition: le dépérissement (PIT), le retard de croissance (TIA) et l'insuffisance pondérale (PIA). On considère qu'un enfant souffre de carence nutritionnelle lorsque sa taille est considérablement inférieure par rapport aux critères uniformes normalement utilisés concernant la croissance de l'enfant.

Par contre, dans le présent rapport, la prévalence de la sous-alimentation est mesurée pour une population totale en comparant les données des apports alimentaires avec les besoins alimentaires standard par pays. Ces besoins sont déterminés sur la base des besoins énergétiques, compte tenu de la taille par sexe et par groupe d'âge de la population.

Les données anthropométriques sont obtenues à partir d'enquêtes dont la fréquence et le calendrier varient de pays à pays. En conséquence, ces données doivent être utilisées avec prudence lors de comparaisons entre les pays et les périodes de temps. Le calcul de l'apport alimentaire, toutefois, s'appuie sur des données plus rapidement disponibles, récentes et comparables de par les pays. Ainsi, elles peuvent être utilisées de manière efficace pour obtenir une vision instantanée des conditions actuelles, même si elles ne donnent pas une vision globale des facteurs déterminant l'état nutritionnel.