Les progrès et les revers enregistrés dans les pays en développement

Selon les données les plus récentes dont on dispose, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde en développement est descendu à 790 millions, soit 40 millions de moins que le nombre estimé lors du Sommet mondial de l'alimentation en 1996. Le déclin du pourcentage d'individus qui sont sous-alimentés est également important &endash; de 20 pour cent durant la période de référence utilisée lors du Sommet, à savoir 1990-1992, à un peu moins de 18 pour cent en 1995-1997.

En apparence, il ne s'agit pas d'une amélioration temporaire, ni d'une anomalie. De fait, ces chiffres corroborent une tendance régulière à la baisse, que confirme la comparaison avec les chiffres enregistrés pour 1979-1981, où l'on dénombrait près de 920 millions d'individus sous-alimentés, soit environ 30 pour cent de la population du monde en développement.

Mais le rythme de cette diminution n'est pas assez rapide pour que l'objectif fixé par le Sommet (quelque 400 millions en 2015) soit réalisé. En effet, si la tendance actuelle se poursuit, avec une réduction d'environ 8 millions par an, le total des individus sous-alimentés s'élèvera encore à 638 millions en 2015. Ce chiffre correspondrait au «cours normal» des choses, résultat jugé inacceptable lors du Sommet.

En outre, les progrès effectués dans la lutte contre la faim sont associés à de grandes disparités géographiques. Entre 1991 et 1996, la proportion de la population sous-alimentée a augmenté dans 27 pays, dont ceux où le problème était déjà le plus pressant. Dans 32 autres pays, la proportion est demeurée stable ou a diminué trop lentement pour compenser la croissance démographique. Seuls 37 pays sont parvenus à faire diminuer cette proportion assez rapidement pour faire état d'une diminution du nombre absolu d'individus sous-alimentés. Du fait que ce groupe incluait plusieurs grands pays très peuplés, la réduction de 97 millions enregistrée a primé sur l'augmentation de 59 millions annoncée par les autres pays, ce qui a entraîné une réduction nette d'environ 40 millions pour l'ensemble du monde en développement.

Durant la période plus longue allant de 1980 à 1996, seuls 40 pays ont fait reculer la faim de façon assez rapide et régulière pour essayer d'atteindre la cible fixée par le Sommet. Certes, dans plusieurs de ces pays, on observait dès le départ des taux extrêmement faibles de sous-alimentation chronique. Les résultats obtenus dans 56 autres pays ne sont pas suffisants.

Mais les perspectives ne sont pas entièrement sombres pour autant. Nombre de pays, y compris plusieurs des nations fortement peuplées qui dominent les totaux mondiaux, ont enregistré des améliorations régulières. Certains ont même obtenu des résultats remarquables.

Avec à leur tête cinq pays d'Afrique de l'Ouest, 13 pays ont vu la proportion d'individus sous-alimentés dans leurs populations respectives diminuer de plus d'un pour cent au cours de cette période de 16 ans. On peut tirer des enseignements précieux de leur expérience, mais aussi des épreuves auxquelles ont été confrontées les pays où cette proportion est montée en flèche durant cette même période.

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