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Lorsque l'ouragan Mitch a traversé l'Amérique centrale, entre le 26 octobre et le 1er novembre 1998, plus de 9 000 personnes ont trouvé la mort et près de 3 millions d'autres se sont retrouvées sans abri. Les eaux de crue et les coulées de boue ont balayé routes et immeubles. Des champs entiers de maïs, de haricots et de sorgho ont été ravagés. Les deux pays le plus durement touchés ont été le Honduras et le Nicaragua: le Honduras a ainsi perdu plus de la moitié de sa récolte de maïs, une récolte de base. Si l'on y ajoute le manque à gagner à l'exportation de café et d'autres récoltes destinées en partie à l'étranger, les pertes se chiffrent à 480 millions de dollars EU. À court terme, la région a été confrontée à une crise humanitaire et, à long terme, c'est l'insécurité alimentaire qui menace. La réponse internationale a été rapide et efficace. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a mobilisé 150 millions de dollars EU au titre des secours et de la reconstruction. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a répondu immédiatement par une aide alimentaire. Quant à la FAO, elle a organisé la distribution de semences, d'engrais et d'outils manuels pour aider les agriculteurs des communautés rurales le plus durement éprouvées à nourrir leurs familles le plus rapidement possible. Les travaux de remise en état du secteur agricole ont débuté. De meilleures pratiques culturales sont introduites, qui réduiront la dégradation environnementale ainsi que la vulnérabilité face aux catastrophes futures. Il était impossible d'éviter l'ouragan Mitch, mais des facteurs anthropiques ont grandement accru son pouvoir de destruction. Les coulées de boue les plus mortelles se sont produites sur des pentes dénudées par le déboisement et la culture de terres de faible rendement. Les crues ont été aggravées par une mauvaise gestion des bassins versants. Les pays qui ont été le plus affectés cherchent actuellement à résoudre les problèmes structurels qui ont contribué au désastre. Pour ce faire, ils réexaminent le régime foncier, apportent leur appui aux projets de reboisement et assurent une formation à la gestion des bassins versants.
Les institutions financières internationales se sont engagées à fournir une aide à concurrence de 5,3 milliards de dollars EU au cours des quatre années à venir. S'il est probable que persisteront les problèmes économiques dont les causes sont profondes, le programme de relèvement devrait faire en sorte que l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité n'empirent pas dans l'ensemble de la région. Mais si l'espoir prend corps en Amérique centrale, les graves inondations survenues dans plusieurs pays d'Asie de l'Est et du Sud-Est, ainsi qu'une sécheresse particulièrement sévère au Proche-Orient, pourraient bien réduire à néant les progrès récents sur la voie de la réalisation des objectifs fixés lors du Sommet mondial de l'alimentation. Pour l'ensemble du Proche-Orient, on prévoit que la production céréalière en 1999 sera inférieure de 16 pour cent à la récolte précédente. Les pertes engendrées par la pire sécheresse survenue depuis des décennies seront bien plus considérables en Iran, en Iraq, en Jordanie et en République arabe syrienne. Plusieurs milliers d'agriculteurs, de bergers et de ménages ruraux dépourvus de terres ont perdu leurs moyens de subsistance: ils auront besoin d'aide pour tenir jusqu'à l'an prochain et repartir sur des bases saines. Cependant, tout comme en Amérique centrale, rien ne suggère que ces revers seront autres que temporaires en Asie comme au Proche-Orient.
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