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FEMMES, REGIME FONCIER
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L'un des principaux obstacles qui s'opposent à l'accroissement de la productivité
agricole et du revenu des femmes rurales est leur manque de sécurité de
tenure. La propriété foncière comporte un ensemble de droits qu'une
personne ou une organisation possède vis-à-vis d'un fonds. La sécurité
de tenure ne se limite pas à la propriété privée mais peut exister
sous une grande variété de formes tels les baux sur des terres domaniales
ou les droits d'usage de la propriété communale. Si la tenure est assurée,
l'exploitant peut envisager avec une certaine marge de sécurité d'utiliser
au mieux la terre conformément au droit, d'en dégager en temps opportun
un bon revenu et d'être en mesure de faire valoir son droit vis-à-vis des
non-détenteurs. La tenure permet à l'exploitant de prendre des décisions
sur la manière d'exploiter les ressources en terres pour satisfaire les besoins
immédiats de la famille et comme investissement durable à long terme.
Pour que les exploitantes, qui sont responsables de 60 à 80 pour cent de la
production vivrière dans les pays en développement, utilisent la terre
avec plus de profit et apportent de ce fait une contribution plus grande à la
sécurité alimentaire, elles devront y avoir accès, pouvoir la gérer
et bénéficier des incitations économiques que la sécurité
de tenure consent.
Dans le passé, l'accès des femmes à la terre se fondait sur le statut au sein de la famille et comportait le droit d'usage mais non la propriété. En Asie, l'obstacle principal à l'acquisition d'une propriété foncière réside dans les lois de succession qui favorisent l'homme plutôt que la femme. Si cette dernière hérite d'une propriété, celle-ci sera gérée par son époux. Les femmes hindoues détiennent officiellement des droits de propriété de leur vivant seulement: à leur mort, la propriété retourne à la lignée masculine. En Afrique, la coutume, plutôt que la pratique religieuse, exclut les femmes du droit de propriété: cette dernière est enregistrée au nom de l'homme et passe patrilinéairement au groupe. Le droit de la veuve à occuper la terre n'est pas garanti. En Amérique latine, la discrimination est davantage le fait d'une limitation de statut au regard de la loi. Les femmes, par exemple, atteignent la majorité à 21 ans mais doivent encore être représentées par leur mari dans toutes les activités juridiques.
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La réforme agraire, la réforme législative et la modernisation
ont eu des effets mitigés. La réforme agraire ou les programmes de colonisation
recourent au concept du ''chef de famille'', normalement un homme, comme base de
la réallocation des terres. Rares sont ceux où les femmes bénéficiaires
sont en nombre important ou qui en tiennent compte comme catégorie de bénéficiaire.
La nouvelle législation sur l'égalité pour les femmes s'applique davantage
à la classe de salariés urbains qu'aux ruraux. Dans certains nouveaux systèmes
de succession, les terres agricoles sont mêmes exclues. La réforme statutaire
de la loi coutumière est source de confusion et se prête à diverses
interprétations; lorsque des systèmes coutumiers, religieux ou statutaires
coexistent, la loi la moins favorable pour la femmes est souvent celle qu'on applique.
Les systèmes traditionnels ou coutumiers, qui auraient pu protéger l'accès
de la femme à la terre pendant toute sa vie, cèdent sous les pressions
démographiques, économiques et environnementales. L'exode rural masculin
croissant laisse les femmes chefs de famille de facto, mais sans autorité de
gestion sur les ressources en terre. Même dans les programmes de colonisation
de zones irriguées, les femmes chefs de famille de facto tirent rarement des
avantages.
Dans certains cas, toutefois, les femmes ont obtenu un meilleur accès à
la terre grâce à la réforme agraire, en général là
où la participation des femmes rurales est une politique étatique bien
définie. Dans quelques pays, les réformes agraires ont remplacé le
système féodal où les femmes jouaient traditionnellement un rôle
subalterne dans la production familiale. Les femmes de Thaïlande, de Chine,
du Nicaragua, de Malaisie et de Cuba ont contribué à surmonter les barrières
existantes ou à protéger les droits des femmes concernant l'héritage
de la terre. Il existe aussi de nombreux cas où des organisations de femmes
ont lutté pour obtenir l'accès à la terre qu'elles cultivent collectivement.
L'approche érythréenneLa législation sur le régime foncier promulguée en 1994 traduit
une politique d'égalité rigoureuse entre les sexes. Le droit de propriété
sur toutes les terres en Erythrée appartient exclusivement au gouvernement.
Tout citoyen érythréen dont la principale source de revenu est la terre
a sur elle un droit d'usufruit, étant stipulé que ce droit n'est ni divisible
ni héritable. Les Erythréens ont automatiquement le droit d'exploiter un
terrain dès qu'ils atteignent l'âge de 18 ans, sans distinction de sexe,
de religion ou d'état matrimonial; les exploitations individuelles sont enregistrées
et des titres d'usufruit sont émis. |
La porte de sortie?1. Une réforme globale du régime foncier pour les femmes, qui
tienne compte des droits issus du mariage, de l'héritage et du contrat, devrait
représenter un élément prioritaire de la sécurité alimentaire. |
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Pays |
Comment l'autorité maritale est décrite dans les codes civils |
| Chili | Le mari est le gestionnaire et le représentant de la propriété conjugale en régime de communauté des biens |
| Equateur | Sauf accord contraire stipulé dans le contrat de mariage, le mari gère la propriété conjugale |
| El Salvador | Le mari gère les biens de sa femme si elle est mineure |
| Guatémala | Le mari gère la propriété en régime aussi bien de communauté des biens que de partenariat conjugal |
| Mexique (Etats d'Aguas Calientes, Oaxaca et Sonora) |
Le mari gère la propriété conjugale en régime de communauté |
| Nicaragua | Le mari est le représentant de la famille ou, en son absence, la femme (Code civil, art. 151). En pratique, ce fait ne semble pas avoir de conséquences au plan économique. |
| Paraguay | Sauf stipulé autrement dans le contrat de mariage, le mari est le gestionnaire de la propriété. |
| République dominicaine | Le mari gère la propriété même en régime de séparation des biens. |