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Fenêtre
sur Gwanda: L'optique mondiale sur le VIH/SIDA se ramène à un regard sur des millions de gens infectés, mais ignore les individus qui se cachent derrière ces chiffres. Comment la maladie influe exactement sur le quotidien des femmes, des hommes et des enfants qui peuplent les milliers de petits villages ruraux qu'elle est en train de décimer? L'aperçu qui suit montre les effets du virus VIH/SIDA sur le village agricole de Gwanda (Ouganda). p Gwanda est situé à proximité du Lac Victoria dans le District de Rakai, où les cultures de base sont la banane, le manioc et la patate douce. Les agriculteurs cultivent également des haricots et de l'arachide, qui servent à préparer sauces et ragoûts. Jusqu'au début des années 70, le café était une importante culture de rente, mais la baisse des prix a entraîné son abandon. La plupart des habitants possèdent des animaux, notamment volaille, chèvres et cochons; d'autres pratiquent la pêche. Le VIH/SIDA et la
main-d'oeuvre L'impact est encore plus grand car les taux d'infection sont plus élevés parmi les femmes, qui effectuent normalement le plus gros du travail agricole, en sus de leurs activités domestiques. A Gwanda, l'agriculture repose en grande partie sur la main-d'oeuvre, avec de faibles niveaux de mécanisation et d'intrants agricoles. En conséquence, la communauté a été durement touchée par l'exode des jeunes qui choisissent de travailler dans d'autres secteurs qui paient mieux et où le travail n'est pas aussi dur. Ce qui veut dire que quand un agriculteur meurt à Gwanda, il n'y a personne pour prendre la relève. p Journée
d'une veuve Lorsque
son mari est tombé malade, elle a
consacré ses revenus à ses soins. Sa
mère était également malade,
et elle passait la plupart de son temps à
s'occuper d'eux, ce qui lui laissait bien peu de
temps libre pour s'occuper de la ferme. Durant
la période de deuil d'un mois, elle a
dû interrompre les travaux agricoles. Comme
d'autres membres de la famille et amis meurent
à Gwanda, elle passe son temps aux
enterrements et prépare à manger pour
les membres de sa famille. En conséquence,
sa parcelle est désormais largement
recouverte de mauvaises herbes et elle tire bien
peu de recettes de ce qu'elle parvient à
cultiver. p Le VIH/SIDA et
l'utilisation des terres
En général, les agriculteurs ont abandonné les cultures de rente à fort coefficient de main-d'oeuvre, comme les bananes et le café, au profit des cultures de subsistance qui demandent moins de travail (manioc et patate douce); d'où la baisse des revenus. Le VIH/SIDA et les
ravageurs et maladies des plantes p Ouganda
- Le lait de la vache est vendu pour permettre
à cette femme de s'occuper des
17 enfants orphelins de son unique fils, mort
il y a 6 ans du SIDA Le VIH/SIDA et la
production animale Heureusement, la tendance semble êre au maintien de petits animaux, essentiellement des porcs et de la volaille, qui demandent moins de travail. En outre, les agriculteurs de Gwanda, en particulier les jeunes gens, ont manifesté un vif intérêt pour l'apiculture, le miel étant une bonne source de revenus. Le SIDA et la
sécurité alimentaire Plus un ménage est riche, plus ses approvisionnements alimentaires dureront longtemps. Les faibles niveaux de nutrition rendent les gens plus vulnérables au VIH/SIDA. Si quelqu'un est en mauvaise santé, cela le rend plus vulnérable à l'infection et raccourcit la période d'incubation du virus. En revanche, l'apparition et la progression de la maladie sont retardées chez les personnes infectées bien nourries.
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