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Les femmes rurales et les charges de famille

D'un point de vue social et économique, l'épidémie de VIH/SIDA frappe plus durement les femmes et accroît, en particulier, la vulnérabilité des femmes rurales pauvres.

Les femmes sont, en général, chargées des soins aux malades et aux mourants, effort qui détourne leurs énergies de la production agricole, des soins aux enfants et d'un travail rémunérateur. Ceci se traduit par l'insécurité alimentaire des ménages et le déclin de la nutrition et de la santé, sans compter le retrait des filles de l'école pour aider aux soins du ménage - ce qui comporte d'inquiétantes conséquences pour l'avenir.

  • Dans les districts étudiés en Ouganda, on a recensé davantage de ménages dirigés par des veuves du SIDA que par des veufs.

Certaines pratiques culturales contribuent à la propagation du SIDA, comme la coutume qui veut qu'un homme épouse la veuve de son frère. Et dans plusieurs sociétés, les femmes perdant leur mari perdent aussi leurs droits à la terre et à la propriété. Dans certains cas, ceci les contraint à se livrer à la prostitution, qui reste leur seul moyen de subsistance.

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Histoire d'une veuve
Angelina, 42 ans, vit dans la vallée de Zambezi au Zimbabwe, où 26 pour cent de la population adulte est séropositive. Lorsque son mari est mort du SIDA, elle s'est retrouvée seule avec sept jeunes enfants.

"Je restais avec les enfants, mais maintenant c'est un problème, dit-elle. Je dois aller travailler aux champs". Ses rendements de coton, maïs et arachide ont chuté, à cause des semis tardifs, de la réduction des superficies ensemencées et de la gestion insuffisante de ses champs. "L'an dernier, j'avais plus d'argent pour embaucher des travailleurs pour le désherbage, ajoute-t-elle. Cette année, j'ai dû le faire moi-même". En outre, elle a dû vendre un boeuf pour acheter des semences de coton et de la nourriture afin de payer les frais de scolarité de ses enfants.

Angelina est une des bénéficiaires du Projet de coton biologique de la Vallée de Zambezi, qui a été lancé pour aider les agricultrices à réaliser des gains supplémentaires. Comme Angelina, beaucoup de femmes sont veuves. Le projet les aide également à dépenser moins. "Lorsqu'on cultive du coton selon les règles de l'agriculture biologique, on économise sur les produits chimiques", explique-t-elle.

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Les veuves ayant des enfants à charge ont également moins de chances de se sortir de la misère. Lorsque quelqu'un tombe malade, les biens et l'épargne de la famille s'amenuisent vite et laissent les membres survivants sans ressources.

Les effets du virus VIH/SIDA ne sont pas uniquement ressentis au niveau du ménage mais à l'échelle de toute la société. L'apport réduit des femmes à l'agriculture, dû à leur propre maladie ou à celle de membres de leur famille, diminue la productivité agricole et la sécurité alimentaire du ménage. Ceci a des conséquences particulièrement graves, étant donné le rôle primordial des femmes dans la main-d'oeuvre agricole et dans la production de la plupart des cultures vivrières de subsistance.

En outre, des facteurs biologiques et sociaux rendent les femmes et les jeunes filles plus vulnérables au VIH/SIDA. L'infection par VIH est souvent 3 à 5 fois plus élevée chez les jeunes femmes que chez les jeunes gens.

VIH/SIDA et nutrition: aider les familles et les communautés à faire front (résumé en français en fin de document) - en version pdf
Population et genre dans les sociétés rurales du point du vue du Programme de Population de la FAO (en anglais)