Au Sénégal, pompes à pédale
et réservoirs permettent
de cultiver un jardin
Des paysannes puisent de l'eau douce dans les nouveaux réservoirs revêtus de ciment construits grâce à des fonds TeleFood
Pour les habitants du village de Kabatekenda,
dans l'est du Sénégal, la vue des eaux du fleuve Gambie qui coule devant eux est un tourment. Comme ailleurs sur le continent africain où règne la sécheresse, faire arriver ce qu'il y a d'eau disponible jusqu'au champ peut faire la différence entre une récolte acceptable et pas de récolte du tout. A Kabatekenda, on plante des fruits et des légumes avec plus d'une chance sur deux de réussite, grâce à l'aide des fonds TeleFood.

"Nous n'avons jamais pensé pouvoir bénéficier d'un projet de ce genre", explique Fanta Saidaho, présidente du groupement féminin comptant 43 membres chargés du nouveau jardin. "Nous n'avons jamais cultivé de pommes de terre auparavant, mais nous avons cultivé d'autres légumes. Si nous disposons d'assez d'eau, cela marchera".

Le projet a démarré en février 98: il vise à produire 15 tonnes de légumes et 3 tonnes de bananes et de papayes par an pour les vendre dans un camp d'exploitation minière situé non loin de là. Deux pompes à pédale ont été achetées pour 250 dollars E.-U. et quatre réservoirs d'eau ont été creusés et revêtus de ciment pour 500 dollars E.-U. Le projet a fourni semences, outils, engrais et pesticides. La société minière a donné des pesticides et promis d'acheter les produits récoltés.
Les hommes du village ont participé aux gros travaux de préparation des sols, sur la rive du fleuve. Ils ont dû également construire des barrières pour empêcher les hippopotames du coin de chaparder dans le champ.

"Nos hommes sont notre force. Ils nous ont soutenues et aidées. Nous travaillons toujours avec eux", explique Fanta Saidaho.

On a choisi ce village parce qu'il est réputé pour sa bonne organisation. "Nous attendons de voir les résultats, et nous pourrons montrer aux téléspectateurs de TeleFood que leur argent a été judicieusement utilisé, précise M. E.K. Tapsoba, représentant de la FAO au Sénégal. Ensuite, bien sûr, nous aurons plus d'argent pour d'autres villages".

Comme dans tous les projets TeleFood, les participants reçoivent des conseils techniques et les sorties de fonds font l'objet d'une vérification.