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Les riziculteurs au Vietnam, les cultivateurs de coton au Kenya,
les campesinos du sud du Mexique... Des millions de personnes dans
le monde entier vivent de lagriculture, directement ou indirectement.
Lagriculture est surtout cruciale pour les populations rurales
pauvres pour 70 pour cent de cette catégorie
très vulnérable, elle est lunique source de
revenus.
Cependant, en dépit de la forte progression du commerce mondial
de produits alimentaires dont la valeur a pratiquement doublé
au cours des 20 dernières années, selon la FAO
lagriculture du monde en développement continue
à se débattre pour rester à la surface. Aujourdhui,
la part des pays en développement dans le commerce mondial
atteint environ 27 pour cent du total, chiffre quasiment inchangé
depuis 20 ans.
De fait, les paysans pauvres du monde en développement sont
souvent incapables de rivaliser sur les marchés doutremer
à cause des aides offertes au commerce international. Par
ailleurs, ils sont fréquemment évincés des
marchés par les importations étrangères dans
leur propre pays. Ceci est dû en grande partie à une
concurrence subventionnée et déloyale. Les importations
alimentaires totales coûtent au monde en développement
environ 60 pour cent de plus quen 1980.
Nombre des problèmes à lorigine de cette situation
manque de crédit, dinfrastructures, de technologies
et, dans certains cas, conflits sociaux sont internes.
Dautres ne le sont pas.
En particulier, depuis longtemps, les défenseurs du développement,
FAO incluse, indiquent leffet négatif voire
fatal sur le développement durable de lagriculture
des pays du Sud, des subventions agricoles et droits de douane que
les pays nantis utilisent pour venir en aide à leur secteur
agricole.
En 2001, face au mécontentement des nations en développement
réclamant la correction des déséquilibres des
règles mondiales du commerce, les pays participant à
la Quatrième conférence ministérielle de lOrganisation
mondiale du commerce (OMC) à Doha (Qatar) ont convenu de
porter ces questions au premier rang de leurs négociations.
Une précédente série de pourparlers (le Cycle
dUruguay, 1986-1994) avait abouti à un accord pour
une réduction des primes à lexportation, du
soutien interne aux agriculteurs et des tarifs d'importations des
produits agricoles des politiques depuis longtemps accusées
dêtre un obstacle à la participation des pays
en développement au marché mondial.
A Doha, toutefois, de nombreux pays pauvres ont fait valoir que
ces réductions navaient pas suffisamment contribué
à une situation équitable. De ce fait, dans la déclaration
finale adoptée à Doha, les membres de lOMC se
sont engagés à entamer "des négociations
très poussées visant à: améliorer considérablement
laccès au marché; diminuer et éliminer
progressivement toutes les formes de subventions à lexportation;
et réduire sensiblement les mesures de soutien interne faussant
les échanges".
Les observateurs ont salué ces objectifs comme la première
mesure positive vers la création dun marché
mondial plus équitable.
Mais deux ans plus tard, les négociations sur les "modalités"
les lignes dorientation, procédures et échéances
gouvernant latteinte de ces objectifs sont toujours
en cours, alors qu'elles auraient déjà dû être
réglées.
Récemment, les Etats-Unis et lUnion européenne
ont établi un accord bilatéral pour une suppression
progressive des subventions sur les produits présentant un
"intérêt particulier" pour les nations en
développement, afin de jeter des bases solides à la
Conférence ministérielle de Cancún qui se tiendra
du 10 au 14 septembre. Les observateurs ont prudemment accueilli
la mesure comme une amélioration en perspective de la mise
en oeuvre du Programme de développement défini à
Doha. Toutefois, certains ont fait remarquer que laccord ne
parvient pas à identifier les produits ou à établir
un échéancier pour la suppression des subventions.
"Cest la première fois que lon note un mouvement
dans la bonne direction", déclare le Directeur général
de la FAO, Jacques Diouf. "Mais ce nest quun pas
sur la voie à parcourir qui, je lespère, mettra
tout le monde sur un pied dégalité dans le domaine
du commerce agricole et créera des conditions plus favorables
pour les pays en développement."
Les problèmes des pays en développement seront-ils
résolus à Cancún? Les perspectives demeurent
incertaines. De nombreux pays pauvres continuent à exiger
que les nations développées sengagent davantage
en faveur de la réduction des primes et des mesures de soutien
intérieures, sans quoi ils ne seront guère disposés
à faire de concessions sur dautres plans.
"Pour les 840 millions dêtres humains victimes
de la faim dans le monde, lenjeu est énorme",
avertit M. Diouf. "Le développement agricole et de meilleures
opportunités demploi dans les zones rurales pourraient
faire toute la différence entre la vie et la mort. De leur
sort peut dépendre la vie dans un monde stable ou dans un
monde assailli déconomies déprimées,
de bouleversements politiques et de chaos social."
Pour un aperçu des questions de commerce liées
à la sécurité alimentaire que la FAO soulèvera
au prochain Sommet ministériel de Cancún, veuillez
vous reporter aux articles et liens à droite.
Septembre 2003
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