INDE: Homme labourant la terre avec des bouvions tandis que sa femme sème
FAO/18150 /G. Pangare

Dans la production agricole, la division du travail entre les hommes et les femmes varie considérablement en fonction des régions et des communautés. Toutefois, ce sont généralement les hommes qui labourent les champs et mènent les animaux de trait, alors que les femmes font la plus grande part des semis, du désherbage, de l'application d'engrais et de pesticides, de la récolte et du battage.

Les hommes tendent en outre à se charger des cultures de rapport à grande échelle, surtout si les travaux sont hautement mécanisés, alors que les femmes s'occupent de la production des aliments réservés à la consommation du ménage et des cultures de rapport à petite échelle, alors que les femmes s'occupent de la production des aliments réservés à la consommation du ménage et des cultures de rapport à petite échelle, à faible intensité technologique. Cette répartition du travail est particulièrement marquée en Afrique subsaharienne, où la coutume veut que les hommes et les femmes cultivent des parcelles distinctes. En général, les hommes font pousser des cultures commerciales et gardent le revenu pour eux, alors que, sur leurs terres, les femmes plantent des cultures de subsistance pour nourrir leur famille.




VIETNAM: Jeunes femmes récoltant le riz
FAO/19199 /Peyton Johnson

Les femmes contribuent pour une part essentielle à la production des cultures vivrières de base. En Asie du Sud-Est par exemple, elles représentent jusqu'à 90 pour cent de la main d'oeuvre rizicole. Les femmes font presque tous les travaux de semis et de repiquage, de fertilisation, de désherbage, d'irrigation et de récolte. Une fois que le riz a été moissonné, elles se chargent aussi des travaux après-récolte qui doivent être effectués avant que le riz ne soit entreposé, commercialisé, cuisiné ou consommé.

Les femmes jouent aussi un rôle notable dans la production de cultures secondaires, telles que les légumineuses et les légumes. Non seulement ces cultures fournissent des nutriments essentiels, mais elles sont aussi souvent le seul aliment disponible pendant la saison de soudure entre les récoltes, ou lorsque la récolte principale est mauvaise. Les jardins potagers, qui sont souvent exclusivement entretenus par les femmes absorbent aussi un temps de travail précieux.

Dans l'agriculture, les rôles des hommes et des femmes sont souvent complémentaires, mais des études ont montré que, dans presque toutes les sociétés, les femmes tendent avoir des journées de travail plus longues que les hommes. La différence des volumes de travail est particulièrement prononcée pour les femmes rurales, qui sont les principales productrices d'aliments du monde. Les femmes interviennent à chaque stade de la production alimentaire et, bien qu'il existe une division du travail par genre, les femmes tendent à en assumer la plus grande part. En plus des activités de production alimentaire, elles sont chargées de préparer et de transformer les aliments et doivent dans le même temps s'acquitter de leur rôle fondamental, qui est de s'occuper des enfants, de les nourrir et de prendre soin des membres âgés de la famille.




Une paysenne en Zambie pilonne à la main les grains de mais pour en faire de la farine
FAO/17833/ A. Conti

La part du volume de travail des femmes s'accroît. Le manque d'emplois et d'autres possibilités rémunératrices dans les zones rurales d'Afrique subsharienne s'est traduit par une augmentation de l'émigration saisonnière ou permanente des hommes. La "féminisation de l'agriculture", est attestée par une augmentation significative du nombre de ménages ruraux dirigés par des femmes.

Les problèmes auxquels sont confrontés ces ménages dirigés par des femmes varient en fonction de leur degré d'accès aux ressources productives. L'absence de main-d'oeuvre masculine peut cependant obliger les femmes dont la charge de travail s'est accrue à s'orienter vers des cultures qui demandent moins de main d'oeuvre - mais qui sont souvent moins nourrissantes - en se faisant aider par leurs enfants. Ceci a des conséquences graves, tant pour la famille que pour le capital humain du pays. Les innovations technologiques sont cruciales pour permettre aux femmes de gagner du temps, augmenter leur potentiel de production, et améliorer leur qualité de vie et celle de leur famille.

La division du travail entre les hommes et les femmes est encore mal comprise. En effet, une grande partie des travaux agricoles effectués par les femmes ne sont pas payés et sont axés sur la subsistance du ménage et non sur la commercialisation. De ce fait, le travail des femmes n'est pas pris en compte dans les statistiques. En raison de l'insuffisance des informations disponibles ou - ce qui est le cas le plus fréquent - de leur absence totale, le travail des femmes dans l'agriculture n'est en fait guère reconnu. Or des données ventilées par sexe sont nécessaires pour aider les techniciens, les responsables de la planification et les décideurs à identifier les différences entre les rôles des hommes et des femmes dans la production des cultures vivrières et de rapport, et leurs responsabilités respectives dans la gestion et les finances tout au long de la chaîne de production (production, entreposage et commercialisation des produits agricoles).




HONDURAS: Un groupe de femmes rurales cultivant de la salade dans un jardin collectif
FAO/18926 /G. Bizzarri

Seules la collecte et l'analyse de ces données ventilées par sexe permettra d'axer les stratégies de développement sur les femmes, pour en faire des partenaires actives et égales du développement agricole.          

 

        

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