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VI. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

L'étude de cas, réalisée dans le cadre du projet TCP, a concerné une zone forestière, située au nord-ouest de la Tunisie. Cette zone est représentative de la problématique de gestion des ressources naturelles forestières, où la relation entre les services étatiques forestiers et les usagers est en pleine mutation. La nouvelle stratégie de développement en milieu forestier, préconise la mise en oeuvre d'une approche participative et intégrée permettant d'associer la population dans l'aménagement et la gestion des ressources forestières. Le nouveau code forestier a été révisé pour créer les conditions favorables à la concrétisation de cette stratégie.

L'étude de cas s'est intéressée à l'identification des activités et des mesures favorisant l'implication des femmes dans le domaine de l'agroforesterie, science et pratique d'aménagement intégré. La logique de développement rural intégré et participatif adoptée vise notamment à rétablir ou à promouvoir, en collaboration avec les usagers, les fonctions écologiques et socio-économiques des écosystèmes complexes et fragiles. La mise en oeuvre de cette stratégie suppose une démarche et des outils appropriés permettant l'intégration efficace et constructive de la population, hommes et femmes, au processus de développement.

L'étude de cas apporte des éléments méthodologiques qui peuvent enrichir les expériences de certains projets à caractère participatif en matière de prise en compte du genre dans la planification du développement et d'utilisation d'outils de communication facilitant la participation active de la population. Les recommandations suivantes peuvent avoir une portée pratique d'un grand intérêt:

Transparence et orientation vers l'objectif: informer les hommes et les femmes de façon très claire sur les objectifs du travail et maintenir affiché cet objectif à toutes les étapes.

Pertinence des informations collectées: impliquer la population, hommes et femmes, dans la collecte des informations en expliquant l'utilité de ces informations, comme base essentielle du processus de planification participatif, et en insistant sur la nécessité de leur fiabilité.

Mise en commun des connaissances: sur la base des insuffisances relevées à l'étape de collecte des données, apporter à la population (femmes et hommes) les informations complémentaires susceptibles d'approfondir leurs connaissances, notamment sur les potentialités, les contraintes et les possibilités de développement dans leur zone.

Observation directe: pour une meilleure prise de conscience et une connaissance de la situation, la visite de terrain est impérative pour, entre autres, repérer des cas qui peuvent être exploités comme exemple ou support (photos) lors de la restitution.

Provocation de la réflexion: il est important de transformer les données-clés en indicateurs "provocateurs" facilement exploitables par la population et de les confronter à des indicateurs de référence socio-économiques locaux ou régionaux. Pendant la phase de restitution, l'interprétation et le commentaire de ces indicateurs stimulent la participation, facilitent l'analyse des contraintes et soutiennent le choix des solutions ainsi que leur hiérarchisation d'une manière raisonnée.

Confrontation des perceptions selon le genre: la restitution des résultats à chaque étape du processus de diagnostic participatif, de manière réciproque entre les femmes et les hommes, permet d'affronter des préjugés et des attitudes négatives et de les corriger, concernant en particulier l'implication des femmes. Il s'agit de mettre en exergue les complémentarités et de chercher les explications aux divergences ou aux décalages de niveau de perception. Les résultats sont alors exploités pour sensibiliser les hommes et les femmes sur l'utilité et la pertinence d'un diagnostic et d'une planification participatifs selon le genre. La population, femmes et hommes, s'approprie, au terme de l'exercice, une problématique commune de développement et adhère aux solutions identifiées.

A ces recommandations pratiques visant la réalisation d'un diagnostic participatif, il convient d'ajouter:

· l'importance primordiale de la formation de l'équipe chargée du diagnostic, en amont et pendant le processus, pour l'utilisation des outils de diagnostic rapide et pour la communication avec les populations;

· la définition d'une unité socio-spatiale, correspondant à l'espace agricole et forestier où la population exerce depuis longtemps son droit d'usage. La législation forestière, tout en reconnaissant le droit d'usage et en prévoyant l'organisation de la population en association forestière d'intérêt collectif, ne précise pas les limitations d'exercice de ce droit d'usage et le niveau d'organisation des usagers;

· l'appui à la mise en place d'une organisation locale capable d'assurer les fonctions de représentativité de la population (hommes et femmes) et de jouer le rôle de véritable partenaire lors du processus des projets auprès des opérateurs du développement.

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