SENEGAL

Introduction de nouvelles technologies pour micro jardins en milieux urbain et suburbain

Numéro du projet: TCP/SEN/8823 (D)

Durée: 20 mois

Contribution de la FAO: 210 000 dollars E. U.

I. Contexte du projet:

Dakar et ses environs ont connu une forte croissance de leur population depuis quarante ans. On y observe un fort taux de sans emploi. Dans les différents quartiers, ou l'expansion démographique s'est fait aux dépens des terres agricoles et ou les zones vertes deviennent rares, les faibles revenus ou l'absence de revenus font que la consommation des fruits et légumes y est très faible, voire inexistante. La structure de la consommation repose sur des produits d'importation coûteux. Les légumes sont peu accessibles aux familles démunies vivant dans ces quartiers. Or les légumes font partie des habitudes alimentaires des populations de la capitale, entrant dans la composition des sauces des plats de base (riz au poisson). Il existe des petites marches de quartier ou des revendeurs commercialisent les légumes a des prix élevés. Le principal facteur limitant la consommation de légumes dans les quartiers pauvres de la ville reste la disponibilité insuffisante entraînant un prix trop élevé pour le pouvoir d'achat de ces populations des faubourgs pauvres. Sous la pression de l'urbanisation, les producteurs maraîchers sont contraints de s'éloigner de plus en plus des centres de consommation, contribuant ainsi au renchérissement du prix des légumes par l'augmentation des coûts de transport.

Le Gouvernement, en concertation avec les maires des communes concernées, est déterminé à améliorer la situation. Ils souhaitent appliquer des techniques de production de légumes a faible coût qui pourront être adoptées par les familles dans les quartiers périphériques de la capitale. Le but est d'introduire les méthodes de culture adaptées pour de microjardins et en particulier la culture hors sol sur substrat ou sur solution nutritive. Il s'agit essentiellement de les adapter aux conditions de milieu et d'utilisation spécifiques du "Grand Dakar" tout en tenant compte des comportements des bénéficiaires face à ces nouvelles technologies. Le Gouvernement a demande l'assistance de la FAO, au titre du PCT pour l'appuyer dans l'introduction et le developpement de ces nouvelles techniques.

II. Objectifs:

Objectifs de développement

Le projet contribuera au développement de la ceinture verte autour de Dakar et a l'approvisionnement du marche dakarois en légumes frais.

Objectifs immédiats

(i) mettre au point une technologie simplifiée de cultures légumières hors sol (référentiel technique) pour les populations urbaines et suburbaines de Dakar;

(ii) démontrer la faisabilité technique, économique et sociologique des cultures légumières hors sol sur de petites surfaces auprès de quelques groupements cibles;

(iii) renforcer les capacités nationales dans le domaine des nouvelles technologies pour micro jardins.

III. Résultats

A la fin du projet, les résultats suivants auront été obtenus:

1. Un référentiel technique mis au point.

2. Un guide pratique (manuel d'opération de la technologie proposée) illustre disponible comme support a la formation. Il sera accompagne d'une cassette vidéo qui aura été enregistrée durant le projet.

3. Cinq unités pilotes de démonstration et de formation a la technologie simplifiée de culture maraîchère hors sol opérationnelles dans des groupements féminins des faubourgs surpeuplés de la ville de Dakar. Elles serviront d'exemple pour d'autres groupements féminins pour montrer l'intérêt de la technique; une analyse technique économique des réalisations disponible.

4. Une analyse sociologique des réactions et comportements des groupements féminins choisis disponible et qui servira de référence pour améliorer les techniques de vulgarisation dans les phases d'expansion.

5. Les capacités nationales dans le domaine des nouvelles technologies pour microjardins enfoncées par la formation de formateurs (techniciens du Centre pour le développement de l'horticulture (CDH), encadreurs des ONG et de la Direction de l'horticulture).

IV. Plan de travail

Afin d'atteindre les buts fixes, il est prévu de réaliser les activités suivantes:

(a) Des le début du projet, organiser un atelier d'information de 2 jours, regroupant l'ensemble des partenaires intéresses par le développement de l'horticulture urbaine (Représentants du Gouvernement et des Communes, ONG, Vulgarisation, Recherche, Bailleurs de fonds, ...) dans le but d'exposer le but du projet et les technologies de production proposées. Ce sera également l'occasion pour préparer un plan de travail détaille avec les intervenants, fixer leurs responsabilités et établir un calendrier précis de mise en oeuvre des différentes activités.

(b) Avec l'aide des Municipalités, et en concertation avec des ONG travaillant déjà en milieux urbains et suburbains, sélectionner cinq sites pour l'installation des unités pilotes expérimentales et de démonstration. Ces sites seront implantes dans des lieux ou existent déjà des groupements féminins structures et enregistres.

(c) Enquêter sur les matériaux et intrants disponibles localement: Bacs de culture. substrats, engrais, disponibilités en eau.

(d) Enquêter sur les pratiques et connaissances des femmes des groupements bénéficiaires, sur leurs attitudes et leur prédisposition face aux nouvelles technologies; établir et proposer des approches de diffusion des technologies a démontrer.

(e) Revoir le référentiel technique de base, mis au point en Amérique du Sud, l'ajuster aux conditions spécifiques du Sénégal et faire le choix des espèces et variétés maraîchères a cultiver en fonction des habitudes alimentaires de la population cible et des techniques de culture hors sol.

(f) Réaliser et conduire 3 cycles de culture sur une durée totale de 15 mois dans 5 unités pilote (chaque unité pilote comportera au moins 10 membres). Les deux premiers cycles auront lieu durant la saison sèche (décembre 1998 a avril mai 1999 et octobre 1999 a février mars 2000) et le troisième en hivernage (juillet a novembre décembre 1999).

(g) Conduire des séances de formation participative sur les lieux de démonstration du projet. Les sites de démonstration serviront de lieu d'information et de formation pour d'autres groupements ainsi que pour des techniciens du CDH, des encadreurs d'ONG et de la Direction de l'horticulture. Il est prévu que chacun des cinq groupements pourra visiter les autres groupements encadres par le projet durant chaque cycle (3 x 5 = 15 séances, chaque séance comportera une cinquantaine de participants soit un total de plus ou moins 750 participants). Par ailleurs, chaque groupement du projet sera visite par d'autres groupements amenés sur place. Deux visites par cycle cultural pour 5 groupements formels ou informels différents d'au moins 10 personnes seront réalisées (au total 10 séances par cycle de culture, soit un total de 30 séances qui bénéficieront à 300 participants).

(h) Pendant les 15 mois de culture, enregistrer toutes les informations techniques et économiques sur les coûts et les rendements du système.

(i) Réaliser un guide pratique illustre et une cassette vidéo qui pourront être utilises par les ONG et autres organisations d'encadrement afin de diffuser la technique de culture pour microjardins en zone urbaine et périurbaine.

(J) En fin de projet (décembre l999-janvier 2000), organiser un atelier de restitution de trois jours avec tous les partenaires qui ont été impliques dans l'exécution du projet afin de dresser le bilan. Ce sera également l'occasion pour présenter les conclusions et recommandations a l'intention des autorités gouvernementales, municipales, les représentants des ONG et des Bailleurs de fonds.

V. Apports de la FAO

Personnel

1. Un consultant international spécialiste des cultures horticoles hors sol en milieu tropical pendant 12 semaines en 5 missions

2. Un expert national ingénieur agronome confirme pendant 11 mois, repartis sur la durée du projet

3. Un consultant national spécialisé en communication et approche participative pendant 8 semaines en 2 missions

4. Un consultant national spécialisé en sociologie du développement rural/ vulgarisation pendant 8 semaines en 2 missions

5. Appui et supervision du Service technique principal: 2 missions d'une semaine chacune de la Division technique responsable de l'exécution du projet

6. Services consultatifs techniques de la FAO (Groupe des cultures horticoles, AGPC)

Appui administratif 4,500 $ E.U.

Voyages officiels 5,000 $ E.U

Provision pour:

(1) Assurer le déplacement des groupes de producteurs lors des séances de formation.

(2) Assurer le transport du personnel FAO du projet et les déplacements lors des missions d'appui technique; la distribution du matériel et des intrants au niveau des exploitations pilotes; le suivi des unités pilotes.

Contrats 25,000 dollars E.U.

Accord de service avec une institution nationale intervenant dans le développement de l'horticulture (10,000 dollars E.U.).

Contrat avec une institution nationale spécialisée en horticulture. Réalisation et multiplication en 300 exemplaires d'un guide pratique illustre (environ 120 pages A4) (10 000 dollars E.U.)

Contrat avec une entreprise médiatique. Réalisation et multiplication en 25 exemplaires d'une cassette vidéo de 30 minutes sur la technologie proposée (5 000 dollars E.U.).

Frais généraux et directs de fonctionnement 21,829 dollars E.U.

Matériel et fournitures 16,650 dollars E.U.

Pour la culture de 300 m2 (pour 5 sites de 10 personnes cultivant chacune de 3 a 9 m2 soit 6 m2 en moyenne par personne).

Consommables de bureau Equipement 22,750 dollars E.U.

Véhicule léger (16 000 dollars E.U.) (nécessaire pour assurer le transport sur les 5 sites du matériel pour les cultures et pour permettre le déplacement du consultant international, de l'expert national, du consultant national et du jeune Cadre professionnel, pour assurer le suivi des opérations reparties dans cinq quartiers de la ville)

Ordinateur de bureau et périphériques, pH mètres, conductivimetres et motteuses Formation (22, 500 dollars E.U.)

Prise en charge et encadrement d'un jeune cadre professionnel, agroeconomiste, pendant 8 mois (8,000 dollars E.U.)

Atelier d'information de deux jours en début de projet pour les partenaires intéresses par le développement de l'horticulture urbaine (30 personnes) (1,500 dollars E.U.)

Séances de formation participatives d'une journée. Visites des 5 groupements les uns chez les autres (7,500 dollars E.U.)

Visites des sites du projet par d'autres groupements. 2 visites par cycle cultural pour 5 groupements (formels ou informels) de 10 personnes soit un total de 30 visites, coût pour 300 personnes a 10 dollars E.U. (3,000 dollars E.U.)

Atelier de restitution de trois jours en fin de projet pour les partenaires qui ont été impliques et pour les décideurs (50 personnes) (2,500 dollars E.U.)

VI. Rapports

Chaque mission du consultant international fera l'objet d'un rapport présenté selon les procédures en vigueur a la FAO et incluant les résultats principaux ainsi que les conclusions et recommandations découlant de la mission. L'expert national fournira un rapport technique d'avancement âpres chaque mission.

Le consultant national en communication fournira un rapport technique d'avancement âpres chaque mission.

Le consultant national en sociologie fournira un rapport sous forme de bilan sur les attitudes et comportements des bénéficiaires après chaque mission.

Le jeune cadre professionnel rédigera une étude technique économique de la technologie de culture proposée, a partir des données recueillies.

Un manuel technique et une cassette vidéo seront préparés sous la responsabilité du consultant international.

Le consultant principal préparera également le brouillon du compte rendu final du projet, présentant les résultats et conclusions principaux du projet. Ce compte rendu sera préparé 3 mois avant la fin du projet. Il inclura les recommandations de la FAO a l'adresse du Gouvernement. Il sera soumis au Gouvernement par la FAO âpres sa mise en forme finale par les services techniques du Siège.

VII. Contribution et soutien du gouvernement

Le Ministère de l'agriculture est responsable de l'exécution du projet. Il nommera un Coordonnateur national du projet. Le Gouvernement mobilisera tous les moyens nécessaires a la réalisation des objectifs du projet, notamment par la fourniture d'un lieu de travail et d'un bureau; les services de secrétariat et de chauffeur; le concours des services techniques et administratifs nationaux participant a l'exécution du projet.

D'autre part, le Gouvernement prendra toutes les dispositions voulues pour faciliter l'exécution du projet et aider le personnel de la FAO a obtenir les services et les facilites dont il pourrait avoir besoin pour mener a bien sa tache.

Le Gouvernement devra régler toutes réclamations que des tiers pourraient présenter contre la FAO, ses fonctionnaires ou d'autres personnes accomplissant en son nom des taches liées au projet, sauf si la FAO et le Gouvernement conviennent que les dites réclamations résultent d'une négligence grave ou d'une faute intentionnelle des intéressés.

Le Gouvernement permettra au personnel de la FAO, ainsi qu'aux personnes agissant en son nom, d'avoir accès aux lieux du projet et a toute documentation concernant ce dernier et leur fournira tous renseignements pertinents.

Le Gouvernement autorisera la diffusion de renseignements sur le projet tels que description, objectifs et résultats a des fins d'éducation du public.

Le Gouvernement prendra à sa charge les coûts d'importation et de dédouanement du matériel, les frais de transport, la manutention, l'entreposage, et autres dépenses a l'intérieur du pays, ainsi que les frais de surveillance, d'entretien, d'assurance, et, le cas échéant, de substitution de ce matériel âpres livraison sur les lieux du projet.