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Malgré une meilleure récolte, 600 000 Rwandais ont encore besoin d'une aide alimentaire d'urgence


Rwanda

L'accroissement de la production alimentaire au Rwanda

Graphique de la production au Rwanda


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La production alimentaire du Rwanda devrait augmenter de 15 pour cent cette année, mais elle demeurera bien en-deçà des niveaux antérieurs à la crise qu'a connue le pays et près de 600 000 personnes auront besoin d'une aide alimentaire d'urgence au cours du deuxième semestre.

Telles sont les conclusions d'un rapport spécial d'une mission d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires préparé par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM), mission qui s'est rendue au Rwanda du 7 au 15 juin.

"Dans l'ensemble, la production de cultures vivrières pour l'ensemble de l'année 1996 devrait être, d'après les estimations, de 15 pour cent supérieure à celle de 1995 mais de 23 pour cent inférieure au niveau de 1990, avant la crise. En ce qui concerne la production par habitant, compte tenu de la diminution de la population en 1996, les résultats enregistrés cette année sont de 14 pour cent inférieurs à ceux de 1990", soulignait le rapport, qui estimait à 576 000, soit 9 pour cent de la population, le nombre de personnes qui auront besoin d'aide alimentaire.

Il s'agit notamment de rapatriés déplacés par les soulèvements d'avril 1994 et les conflits internes antérieurs et de groupes vulnérables comme les mères qui allaitent, les enfants et les personnes âgées ainsi que les participants aux projets "vivres contre travail". Au cours des derniers mois, le flux de rapatriés s'est ralenti et la mission prévoit qu'il se situera à 10 000 personnes en moyenne par mois en 1996. En partant de cette hypothèse, la population totale du Rwanda sera en septembre 1996 de 6 317 000 habitants.

D'après les estimations de la mission, la deuxième récolte de 1996, qui vient de s'achever, se chiffre à 109 000 tonnes de céréales, dont 85 000 tonnes de sorgho, 13 000 tonnes de maïs et 5 500 tonnes de blé et de riz paddy; 72 000 de légumineuses; 607 000 tonnes de plantes racines et 1 049 000 tonnes de bananes, soit une augmentation globale de 7 pour cent par rapport à 1995.


Seed distribution in Rwanda

La FAO a travaillé avec d'autres agences des Nations Unies et des organisations non-gouvernementales pour aider la relance de l'agriculture au Rwanda en distribuant des semences et des outils


Cette hausse de la production s'explique par l'accroissement des emblavures par suite de la reprise des travaux des champs par les réfugiés, par l'amélioration de la sécurité dans le pays et par l'aide de la communauté internationale sous forme de semences et d'outils agricoles. Les rendements ont en général progressé grâce à de bonnes précipitations et une faible incidence de ravageurs, indiquait le rapport. Plus important encore, ces terres sont restées en jachère, les fermes n'ayant été que peu ou pas exploitées au cours des deux dernières années, et leur fertilité s'en est trouvée accrue. Le rapport indique toutefois qu'"un retour aux rendements normaux, ou tout au moins aux rendements obtenus en 1990, se heurte à plusieurs facteurs, outre les risques climatiques. Les plus importants de ces facteurs sont: l'insuffisance, voire l'absence, d'approvisionnements de semences et de plants de haute qualité, notamment pour le manioc, le maïs et les fèves de soja; l'insuffisance des approvisionnements et, surtout, le coût élevé des pesticides".

Dans la perspective de la prochaine récolte, qui aura lieu en décembre et janvier, le rapport indique que le Rwanda a besoin en priorité de plants libres de maladies pour le manioc et l'igname et d'intrants agricoles abordables, tels que les semences de légumineuses et de maïs, les engrais minéraux et les pesticides.

Il faut toutefois regarder au delà de la prochaine campagne agricole, pour se placer dans l'optique d'un redressement complet du secteur agricole. L'aide internationale sera particulièrement importante pour le rétablissement de la production de thé, de café et du secteur de l'élevage. La mission a estimé le déficit alimentaire du pays pour cette année à 127 000 tonnes de céréales et de légumineuses, y compris l'équivalent céréale des racines et tubercules. Les importations commerciales devant se chiffrer à 44 000 tonnes, l'aide alimentaire au Rwanda pour l'année 1996 devrait s'élever à 83 000 tonnes dont 44 000 tonnes pour le deuxième semestre. 43 pour cent environ de l'aide alimentaire globale sont distribués à des personnes participant à des programmes bilatéraux et multilatéraux de travaux d'urgence pour la reconstruction des logements et le redressement du secteur agricole et des infrastructures rurales, indiquait le rapport.

La FAO suit de près les perspectives agricoles et alimentaires aux niveaux mondial et national afin de détecter les signes avant-coureurs de problèmes et de crises de disponibilités alimentaires par le biais de son Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR).

 


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