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Le sud de la Somalie est confronté à de graves problèmes alimentaires La sécurité alimentaire reste précaire en Somalie où, malgré un accroissement de la récolte céréalière de la campagne principale de cette année, la production est restée bien inférieure aux niveaux d'avant la guerre civile et a même fléchi dans certaines zones, indiquent la FAO et le PAM dans un nouveau rapport spécial. Selon le rapport, établi à la suite d'une visite effectuée dans le pays en août, la récolte des cultures gu de cette année devrait dépasser de 48 pour cent (243 000 tonnes) celle de l'année dernière, mais resterait inférieure de 37 pour cent à la moyenne calculée pour les années d'avant la guerre civile de 1982-88. Cela est attribuable en grande partie à l'amélioration des récoltes dans les régions du golfe et du nord-ouest, qui assurent la moitié de la production du pays.
Mais ailleurs, particulièrement dans le sud, la production a fléchi. On prévoit des pénuries alimentaires dans la basse Juba, après des inondations dévastatrices et deux mauvaises récoltes successives. En avril, les stocks étant épuisés, beaucoup ont dû traverser la frontière avec le Kenya voisin. Le rapport de 15 pages indique que la récolte gu ne pourra couvrir les besoins alimentaires de la région que pendant deux mois. Par ailleurs, il sera difficile de se procurer des céréales dans d'autres régions en raison de l'insécurité. De plus, le pouvoir d'achat des populations locales est extrêmement faible. On prévoit également de graves pénuries alimentaires dans les régions de Hiraan et de Gedo. Bien que l'élevage soit plus développé ici que dans la basse Juba, ceux qui ne possèdent ni animaux ni fonds propres sont particulièrement vulnérables. Dans la capitale, Mogadishu, où il y a beaucoup de chômage, il sera de plus en plus difficile de se procurer des denrées alimentaires si les prix montent durant les prochains mois. La sécurité alimentaire générale du pays demeure précaire avec une forte dépendance vis-à-vis des importations. Selon des estimations provisoires, la récolte der de 1996-97 sera de 105 000 tonnes, de sorte que la production céréalière totale s'établirait à 348 000 tonnes, soit 203 000 tonnes de moins que la consommation prévue. Même si les ports de Mogadishu et de Kisimayu restaient fermés, les importations commerciales pourraient augmenter jusqu'à 160 000 tonnes. Les 43 000 tonnes restantes devraient être fournies au titre de l'aide alimentaire pour les situations d'urgence et normales. A cet égard, le rapport précise qu'il y a de bonnes possibilités que les programmes vivres-contre-travail aident à reconstruire les systèmes de protection contre les crues et les périmètres irrigués. Le potentiel de l'agriculture est considérable, mais le secteur a encore beaucoup de chemin à parcourir. Il faudra du temps pour reconstruire les réseaux d'irrigation sur les fleuves Shebeli et Juba, les services vétérinaires sont détruits et, sans médicaments ni vaccins, le secteur de l'élevage est exposé aux maladies et même aux épidémies. Mais surtout, indique le rapport, la Somalie a besoin de sécurité et de stabilité pour les investisseurs et les agriculteurs. |
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