| La crise dans la région des Grands Lacs
et dans l´est du Zaïre Les
communautés et les populations touchées
- Le conflit armé au Rwanda, au Burundi et dans
l'est du Zaïre a infligé des souffrances
considérables aux populations locales et aux
réfugiés de la région des Grands Lacs, en
majorité des ruraux.
- La population locale (à l'exclusion des
réfugiés) au Rwanda, au Burundi et dans le nord
et le sud du Kivu est de l'ordre de 18 millions d'habitants
(6,1 millions au Rwanda, 5,9 millions au Burundi
et environ 6 millions de personnes qui résident
dans la région du Kivu).
- Près de 2 millions de réfugiés provenant d'un
ou plusieurs pays voisins vivent dans les cinq
pays de la région des Grands Lacs (Burundi,
Ouganda, Rwanda, Tanzanie et Zaïre).
- Depuis la mi-novembre, la situation au Rwanda a
profondément changé avec le retour de nombreux
réfugiés du Zaïre. L'ampleur de ce mouvement
de population a surpris à la fois les autorités
rwandaises et les organisations humanitaires
internationales. Auparavant, les conditions au
Rwanda s'étaient toutefois suffisamment
stabilisées pour permettre au gouvernement, en
collaboration avec la communauté internationale des
bailleurs de fonds, de commencer à envisager le
redressement du secteur agricole.
- Avant la crise actuelle, les camps dans la
région frontalière du Zaïre accueillaient
environ 1,2 million de réfugiés. Depuis le
début de l'exode et en date du 19 novembre, plus
de 300 000 réfugiés avaient quitté le
Nord-Kivu pour reprendre le chemin du Rwanda.
150 000 réfugiés de plus semblaient prêts
à rentrer depuis le Sud-Kivu. Au Burundi,
30 000 réfugiés seulement étaient
rentrés au pays et plus de 10 000 habitants
des provinces du sud avaient fui vers la Tanzanie
en raison des combats sévissant dans la région.
- Les cinq pays de la région des Grands Lacs sont
unis par des liens politiques, économiques,
sociaux et culturels étroits. Ces liens et leur interdépendance
plaident en faveur d'une approche régionale pour
la fourniture de l'aide humanitaire au Burundi,
au Rwanda, dans le sud-ouest de l'Ouganda, dans
l'ouest de la Tanzanie et dans le Sud et le
Nord-Kivu au Zaïre. Un soutien financier et une
aide technique considérables sont nécessaires
pour faire face aux problèmes humanitaires,
environnementaux, économiques et sociaux.
Situation des cultures et des
disponibilités alimentaires
Evaluation faite par la FAO de la situation des
cultures et des approvisionnements alimentaires.
Zaïre - région du Kivu
- L'insécurité et la fermeture de certaines
routes entravent les livraisons d'aide
alimentaire.
- Il existe d'importants stocks d'aide alimentaire
dans la région, mais la situation des
disponibilités alimentaires demeure extrêmement précaire.
- Selon les rapatriés du Rwanda, de nombreux
réfugiés sont morts de faim et de maladies.
- Ailleurs au Zaïre, la situation des
disponibilités alimentaires est stable.
Burundi
- Les plantations sont en cours pour la première
récolte de 1997, mais les travaux ont été
retardés dans certaines provinces par une vague
de temps sec au cours de la deuxième moitié du
mois d'octobre.
- Les perspectives ne sont guère encourageantes,
en raison de pénuries locales et du prix élevé
des semences, des engrais et des pesticides.
- Les prix des denrées alimentaires (surtout des
haricots et des bananes) ont subi une forte
hausse depuis le mois de juillet.
Rwanda
- Les plantations sont en cours pour la première
récolte de 1997.
- Malgré les quantités importantes de semences
disponibles, les superficies ensemencées
devraient diminuer, un grand nombre de Rwandais
étant encore à l'extérieur du pays.
- La situation des disponibilités alimentaires
demeure stable.
Intervention et stratégie de la FAO
- L'aide d'urgence de la FAO à la région des
Grands Lacs a commencé en 1994 au Rwanda, dès
le début de la crise, et la FAO a constamment
tenu la communauté internationale au courant de
la détérioration de la situation alimentaire.
Les rapports spéciaux FAO/PAM pour le Rwanda et
le Burundi ont fourni des estimations des besoins
d'aide alimentaire.
- La FAO, avec l'appui financier de nombreux pays
et organisations, a mis sur pied un programme de
coopération technique lui permettant d'intervenir
rapidement et de mettre ses compétences au
service du gouvernement, des organisations
humanitaires internationales et des ONG.
- Les contributions de certains bailleurs de fonds
(Suède, Italie, France, Finlande, Royaume-Uni,
Autriche, Banque mondiale et Pays-Bas), représentant
11,7 millions de dollars EU environ, ont permis d'acheter
des intrants agricoles (semences, outils et
engrais).
- Devant la détérioration de la situation, les
Représentants de la FAO et les Coordonnateurs
des opérations d'urgence dans la région des Grands
Lacs, ainsi que le Représentant de la FAO au
Kenya, ont reçu instruction d'apporter tout leur
concours aux efforts déployés par la mission de
coordination Régionale humanitaire du
Département des affaires humanitaires des
Nations Unies (DHA) pour aider les rapatriés.
Les Représentants de la FAO dans la région ont
également été chargés de contacter les autres
grandes organisations d'aide humanitaire, comme
le HCR, l'UNICEF et le PAM.
La stratégie actuelle de la FAO lui permet
d´intervenir dans cinq domaines différents mais
complémentaires.
1) Coordination de l'aide et avis technique. La FAO
est en train de mettre sur pied une cellule spéciale de
coordination des efforts de secours et de redressement
agricole pour le Rwanda, le Burundi et le Zaïre ainsi
qu'un service responsable de coordonner l'intervention
pour l'ensemble de la région des Grands Lacs. Ces
cellules d'intervention aideront ces pays à gérer des
projets de secours agricole, à passer de la phase
d'urgence à la phase de la reprise et du redressement et
à mettre en place un système pour la collecte et la
gestion des informations essentielles. Ces activités réuniront
toutes les institutions gouvernementales, les bailleurs
de fonds et les ONG qui oeuvrent dans le secteur de
l'alimentation et de l'agriculture.
2) Suivi de la situation des récoltes et des
disponibilités alimentaires. Des missions mixtes FAO/PAM
d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires
sont prévues au Rwanda, au Burundi et dans la région du
Kivu au Zaïre au cours de l'année 1997 pour évaluer la
production de la première et de la deuxième récolte,
en janvier et juin 1997, et évaluer les besoins d'aide
alimentaire.
3) Evaluation de la situation et des possibilités en
ce qui concerne les approvisionnements en intrants
agricoles, les besoins et les activités de redressement
afin d'accélérer la transition de la phase de secours
à celle de la reprise et du développement.
4) Reconstitution des capacités locales à évaluer
les besoins, élaborer des politiques, relancer les
institutions et l'économie locale et entreprendre des interventions
d'urgence.
5) Mise en oeuvre de programmes de secours agricole
d'urgence, soit directement, soit en coopération avec
les ONG et d'autres organisations humanitaires.
- La FAO travaillera en étroite collaboration avec
les autres organisations et programmes des
Nations Unies, notamment le Haut Commissariat
pour les réfugiés, qui a été désigné comme
l'organisme chef de file des Nations Unies pour
la coordination des activités humanitaires, et
le Département des affaires humanitaires.
Mobilisation des ressources
- L'aide humanitaire de la FAO sera essentiellement
destinée aux populations qui rentrent au Rwanda
et au Burundi, et consistera à leur fournir des
intrants agricoles de base comme des semences et
des houes, mais l'Organisation prévoit
également de fournir une aide semblable aux
populations locales vulnérables du Burundi, du Rwanda
et de l'est du Zaïre.
- D'après les estimations provisoires de la FAO,
il faudrait environ 4,9 millions de dollars EU
dans l'immédiat pour couvrir les besoins les plus
urgents des rapatriés et des populations rurales
touchées au Rwanda, au Burundi et dans l'est du
Zaïre, soit une population de 2,3 millions de
personnes (469 000 familles agricoles). Ce
chiffre devra être revu lorsque le nombre de
rapatriés et les besoins des populations locales
de l'est du Zaïre auront été évalués avec
plus de précision.
Intervention immédiate de la FAO
- Un coordonnateur régional des secours d'urgence
est sur le point d'être nommé dans le cadre
d'un projet de 400 000 dollars EU financé par
le Programme de coopération technique (PCT) de
la FAO. Ce coordonnateur régional supervisera
les activités des deux coordonnateurs basés au
Burundi et dans l'est du Zaïre et, en étroite consultation
avec les représentants de la FAO, veillera à
l'efficacité globale des interventions de la FAO
dans la région.
- Une mission de la FAO se trouve à l'heure
actuelle au Rwanda afin de mettre au point un
plan de redressement et de développement pour le secteur
agricole dans la région. Dès que la situation
le permettra, des missions semblables seront
envoyées dans l'est du Zaïre et au Burundi pour
renforcer les acquis de ce travail préliminaire.
Rwanda
La FAO a déjà entamé le processus de reconstruction
de l'agriculture dans ce pays, en appuyant, par exemple,
la production de semences, en fournissant des outils
manuels élémentaires (400 000 dollars EU) et en renforçant
le soutien de l'Etat aux agriculteurs, par exemple grâce
à la reprise des services de vulgarisation (330 000
dollars EU) et des émissions radiophoniques agricoles
(208 000 dollars EU), en contribuant au
développement des terres marécageuses pour
l'agriculture (275 000 dollars EU) et en
encourageant le reboisement (273 000 dollars EU). La FAO
collabore également avec d'autres importants bailleurs
de fonds, comme la Banque mondiale, pour préparer des
programmes d'investissement. Une mission mixte FAO/Banque
mondiale chargée d'élaborer une stratégie agricole et
un programme d'investissement pour ce secteur devait
avoir terminé son travail de terrain avant la fin du
mois de novembre.
Burundi
La FAO a obtenu de l'Organisation de l'Unité
africaine (OUA) qu'elle lève en partie les sanctions
afin de permettre des approvisionnements d'engrais et de
semences au Burundi pour des motifs humanitaires. Grâce
à cette intervention, 4 000 tonnes d'engrais
achetés par le Gouvernement du Burundi et 610 kg de
semences légumières données par la FAO seront incessamment
livrés à Bujumbura.
A la suite d'une demande d'aide du Gouvernement du
Burundi, un projet d'approvisionnement d'urgence de
semences de haricots et de légumes (400 000 dollars
EU) est prêt à être signé.
Une équipe d'experts de la FAO (un économiste, un
agronome, un forestier et un spécialiste de l'élevage)
travaille dans le cadre d'un projet financé par le PNUD
pour la reconstruction du Burundi.
Zaïre
6,3 tonnes de semences de légumes fournies par la FAO
dans le cadre d'un don en nature se trouvent à l'heure
actuelle à Dar-es-Salaam d'où elles seront livrées
dans l'est du Zaïre puis distribuées aux populations
locales dès que les conditions le permettront.
Certains rapports font état d'un déboisement
généralisé, de la destruction des équipements de
recherche et de vulgarisation, de la perte de semences et
d'équipement agricole et de la destruction de bétail.
(Le cheptel bovin du pays est passé, d'après les
estimations, de 300 000 à environ 15 000 têtes
de bétail.) En août 1996, la FAO a procédé à une
évaluation des besoins les plus urgents pour la
reconstruction du secteur agricole. Ce rapport contenait
cinq propositions de projets représentant des investissements
d'environ 1,8 million de dollars EU.
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