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Malgré une amélioration globale de la production alimentaire, un rapport spécial publié en décembre dernier par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM) indique que la production reste inférieure à la moyenne de 1994, soit avant les troubles civils, en raison d'une diminution des superficies cultivées, de la faiblesse des rendements des légumineuses cette saison et des pertes de récolte dans les zones touchées par la sécheresse.
De façon générale, les cultures de plantes racines et de tubercules devraient augmenter de 23 pour cent par rapport à l'an dernier, la production de bananes et de plantains devant enregistrer une légère augmentation. Par contre, la production de haricots, principale source de protéines de la population, a chuté de 12 pour cent par rapport à l'an dernier, ce qui a contribué à une hausse des prix.
"Dans certaines régions du pays, la situation nutritionnelle est préoccupante", prévient le rapport. "Elle devrait s'aggraver, puisque l'on prévoit une diminution des disponibilités alimentaires par habitant en 1997. Des pénuries alimentaires dans les préfectures de Gikongoro et Butare pourraient également entraîner une augmentation de la prévalence de la malnutrition."
D'après ce rapport, les superficies cultivées ont augmenté de façon marquée au cours de la toute dernière saison de plantation, qui a commencé en septembre. La FAO et le PAM estiment que moins de 10 pour cent du total des terres cultivables sont demeurées incultes cette saison.
Le pays est confronté à un déficit alimentaire (141 000 tonnes d'équivalent céréales) et une partie seulement de ces besoins pourra être couverte par des importations commerciales. D'après le rapport, le pays aura besoin d'une aide alimentaire importante en 1997.
Cette aide devra de surcroît être distribuée à 2,5 millions de personnes, soit un tiers de la population totale prévue. Il s'agit notamment de rapatriés de fraîche date qui n'ont pu planter leur récolte, de rapatriés rentrés lors de vagues antérieures et qui devront quitter les terres agricoles qu'ils cultivent à l'heure actuelle et de groupes vulnérables, dont des personnes âgées, des veuves et des orphelins.
Pendant ce temps, au Burundi, le pays voisin, la FAO et le PAM ne signalent qu'une légère baisse de la production par rapport à la période 1988-1993, avant la crise dans la région des Grands Lacs. Toutefois, la persistance des troubles civils et le maintien des sanctions économiques pourraient fortement réduire la production alimentaire en 1997, ce qui pourrait affecter gravement l'état nutritionnel d'un grand nombre de gens.
Selon les estimations provisoires du rapport, la production alimentaire totale du pays en 1996 a baissé d'environ 3 pour cent par rapport à 1995 et de 4 pour cent par rapport à la période 1988-1993. Les récoltes de céréales, de légumineuses, de plantes racines et de tubercules ont varié d'une province à l'autre, essentiellement en raison de facteurs climatiques et de sécurité.
On estime qu'après les importations et l'aide alimentaire, le pays accusera un déficit alimentaire, de 22 000 tonnes de céréales et de 62 000 tonnes de légumineuses, en raison des sanctions économiques régionales qui ont entraîné des pénuries d'intrants essentiels, comme les outils et les engrais.
La FAO et le PAM en arrivent à la conclusion que, par suite de l'embargo sur les importations alimentaires, l'état nutritionnel de la population et des personnes déplacées à l'intérieur du pays et, notamment, celui des populations dispersées, sera vraisemblablement "gravement affecté".
13 janvier 1997
Rapports spéciaux du SMIAR
Récolté et disponibilités alimentaires au Burundi (3 Décember 1996)
Bientôt disponible: Rapport spécial sur le Rwanda (23 décembre 1996)
Archives sur le Rwanda et le Burundi
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