La contamination des eaux a des conséquences désastreuses sur la santé de la population dans la région de la mer d'Aral 

La collectivisation de l'agriculture a dévasté l'économie, la santé et l'écologie du bassin de la mer d'Aral, en Asie centrale, et des millions de personnes s'en trouvent aujourd'hui affectées.

Tout a commencé à aller vraiment mal lorsque, dans les années 50, les responsables du Plan ont décidé d'intensifier la production de coton. En 1978, un vaste réseau de canaux d'irrigation s'étendait déjà jusque dans les déserts pour assouvir les énormes besoins en eau d'irrigation des plantations de coton, qui couvraient 7,6 millions d'hectares, principalement en Ouzbékistan et au Turkménistan.

Cette eau était détournée des fleuves Amour-Daria et Syr-Daria qui alimentent la mer d'Aral. La salinisation, qui s'est rapidement propagée, a entraîné la dégradation des sols et la mer d'Aral, naguère le quatrième lac au monde en superficie, a très vite commencé à rapetisser, les villages de pêcheurs se retrouvant bien souvent à des dizaines de kilomètres de l'ancien rivage.

En plus de perdre leur gagne-pain lorsque les pêcheries se sont effondrées au début des années 80, un bon nombre de ces villages font face aujourd'hui à des conditions sanitaires épouvantables. En Karakalpakie, une république semi-indépendante de l'Ouzbékistan, les femmes sont touchées par la pandémie d'anémie qui frappe cette petite nation depuis dix ans.

Le bassin de la mer d'Aral en chiffres

Terres salines en Ouzbékistan

1982

12 000 km2

(36%)

1985

16 430 km2

(43%)

Débit d'alimentation de la mer d'Aral
Débit historique: 56 km3 par an

1966-1970

47 km3

1981-1985

2 km3

Des études montrent que 97 pour cent environ des 700 000 femmes que compte cette nation souffrent d'anémie, le taux d'hémoglobine dans leur sang étant bien en-deçà de la norme de 110 grammes par litre fixée par l'Organisation mondiale de la santé. La proportion de femmes affectées est cinq fois plus élevée qu'il y a dix ans et il s'agit probablement du taux le plus élevé dans le monde, indique le magazine britannique New Scientist.

Les médecins de la région accusent la pollution de l'eau. L'eau de boisson pour la majeure partie de la population est de l'eau de drainage polluée chargée de sels et de produits chimiques concentrés provenant des champs de coton. Un médecin a indiqué que les femmes de la région ne peuvent absorber le fer - la carence en fer est la cause habituelle de l'anémie - en raison de la teneur élevée de métaux comme le manganèse et le zinc dans l'eau.

L'anémie n'est d'ailleurs pas le seul problème de santé. Les habitants de la Karakalpakie souffrent également de plus en plus de troubles thyroïdiens et rénaux. On estime qu'au cours de la période 1981-1987 le nombre de cancers du foie a augmenté au taux incroyable de 200 pour cent, tandis que les cancers de la gorge augmentaient de 25 pour cent et que la mortalité infantile enregistrait une hausse de 20 pour cent.

Principales erreurs commises en agriculture

  • L'emploi de canaux d'irrigation non revêtus provoque le gaspillage et l'infiltration des sels dans les eaux souterraines.
  • Aucun réseau de drainage n'est prévu pour éliminer l'excédent d'eau et les produits chimiques épandus dans les champs.
  • L'engorgement des sols provoque la salinisation des eaux souterraines et le transport des sels par ruissellement.
  • Les systèmes de retour déchargent des eaux à forte teneur en minéraux et en pesticides dans les cours d'eau principaux.

Autres ressources:

Sites connexes:

27 janvier 1997


 FAO Home page   Cherchez... 

Suggestions?: Webmaster@fao.org

©FAO,1997