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Peste bovine: l’Afrique de l’Est en état d’alerte
Une importante épizootie de peste bovine, une maladie fortement contagieuse et mortelle qui afflige le bétail bovin et autres animaux artiodactyles, s’étend aujourd’hui sur la majeure partie du sud-est du Kenya et commence à se propager en Tanzanie. D’après un rapport spécial publié par la FAO à la mi-février, des cas de peste bovine ont été décelés à moins de 50 km des réserves fauniques de Serengeti et de Ngorongoro, célèbres dans le monde entier. Si l’épidémie n’est pas enrayée, elle pourrait provoquer de sérieux dommages économiques et écologiques dans l’ensemble des régions orientales et australes de l’Afrique. De nombreux pays de la région possèdent aujourd’hui des entreprises rentables d’exportation de viande, leur cheptel n’ayant pas été touché par la peste bovine et la fièvre aphteuse. Le tourisme, attiré par la plus riche concentration au monde de grands mammifères sauvages (girafes, zèbres, éléphants, lions) représente une autre source importante de revenu et de devises étrangères. La zone où la maladie s’est déclarée souffre également d’une sécheresse sévère, ce qui augmente fortement le danger de propagation de la maladie. "En période de sécheresse, les éleveurs conduisent leur bétail en dehors des parcours traditionnels à la recherche de pâturages et d’eau, a expliqué Mark Rweyemamu, un expert de la FAO. Cette plus grande mobilité met la maladie en contact avec des populations d’animaux sauvages totalement vulnérables et avec du bétail non vacciné; et si rien n’est fait, la peste bovine se répandra dans toute la Tanzanie pour gagner ensuite l’Afrique australe". Si les animaux domestiques peuvent être vaccinés, la menace qui pèse sur la faune sauvage de la région est particulièrement inquiétante. Les épizooties de peste bovine ont, au cours du siècle passé, décimé les bovins, les buffles et des espèces sauvages. Au début du siècle, une pandémie de peste bovine a détruit près de 90 pour cent du bétail bovin de l’Afrique subsaharienne.
Dans les années 30, une action concertée des pays d’Afrique australe a permis d’éliminer la maladie du Cap de Bonne Espérance jusqu’au centre de la Tanzanie. Plus récemment, la campagne panafricaine de lutte contre la peste bovine (PARC) a contribué à enrayer cette maladie dans le reste du continent. En juillet 1996, une consultation organisée par le Système de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontalières des animaux et des plantes (EMPRES) a déclaré que la plupart des régions de l’Afrique étaient libérées de la peste bovine. Le terrain avait été préparé pour l’éradication totale de la maladie. La situation s’est toutefois retournée de façon spectaculaire au cours des derniers mois, d’après un rapport récent du Système EMPRES. Les enquêtes menées à la fin de 1996 ont confirmé que la peste bovine avait atteint le sud du Kenya. Les études réalisées en janvier et février 1997 révèlent que la maladie a continué de se propager, des cas ayant été détectés près de la frontière avec la Tanzanie. Début février, la FAO a officiellement classé ce début d’épidémie comme une catastrophe et a lancé un appel pour un fonds fiduciaire d’urgence multidonneurs afin de s’attaquer à l’épidémie en cours et de renforcer les efforts d’éradication de la maladie.
Autres ressources:
Articles déjà parus sur la peste bovine:
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EMPRES-Livestock@fao.org 25 février 1997 |
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