Des pompes à eau asiatiques pourraient aider les agriculteurs africains


Des ouvriers népalais creusent un puits tubulaire

La production alimentaire dans les pays africains dont les populations souffrent d'un taux élevé de malnutrition chronique pourrait bénéficier de l'emploi de techniques et de matériel d'irrigation importés d'Asie, d'après le Service des eaux de la FAO. Afin d'accélérer ce processus, le Service a organisé à Harare (Zimbabwe) du 14 au 17 avril un atelier destiné à promouvoir l'utilisation d'une technologie d'irrigation à faible coût permettant aux petits agriculteurs de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe d'économiser l'eau.

Dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne, 4 pour cent seulement des terres arables sont irriguées, contre 24 pour cent en Afrique du Nord, 37 pour cent en Asie et 15 pour cent en Amérique latine. A l'heure actuelle, la majeure partie du matériel d'irrigation de la région est importée d'Europe, d'Israël, des Etats-Unis et d'Afrique du Sud. Le plus souvent, ce matériel est extrêmement coûteux et il n'est pas adapté aux besoins des petits agriculteurs. Même lorsque le matériel est de fabrication locale, comme au Kenya et au Zimbabwe, les coûts demeurent élevés, probablement en raison du manque de concurrence, de la petite taille du marché et de l'imposition de taxes et de tarifs douaniers préjudiciables.

La réunion d'Harare a rassemblé des représentants des gouvernements, des fabricants de matériel d'irrigation, des agriculteurs et des organisations non gouvernementales d'Asie et d'Afrique afin de dégager un ensemble de recommandations pratiques destinées à promouvoir le transfert et l'adoption des technologies d'irrigation. Les débats ont porté sur des technologies à faible coût, comme les pompes utilisant l'énergie humaine ou équipées de petits moteurs, les systèmes d'irrigation au goutte à goutte, les systèmes d'arrosage et les dispositifs de stockage de l'eau. Les techniques de construction des puits à faible coût ont également été abordées, car elles constituent un autre moyen important de mettre l'irrigation à la portée des petits agriculteurs.

Les pompes à pédales constituent un exemple de matériel d'irrigation d'origine asiatique qui a été introduit avec succès en Afrique. Ces pompes mues par l'énergie humaine ont mis l'irrigation à la portée de millions de petits agriculteurs et de cultivateurs marginaux. Elles ont donné des résultats particulièrement concluants au Bangladesh, mais ont également été utilisées en Inde, au Vietnam et au Cambodge. En 1991, un demi-million de pompes à pédales étaient utilisées au Bangladesh. A un taux de rendement annuel pour l'utilisateur d'environ 100 dollars par pompe, ces 500 000 pompes à pédales ont représenté un tiers de la contribution du secteur agricole au produit national brut de ce pays.

Une jeune Zambienne fait l'essai d'une pompe à pédales

Dans le cadre du Programme de partenariat pour la coopération technique entre pays en développement (CTPD) de la FAO, Dominique Sarkar, un expert en irrigation de International Development Enterprises au Bangladesh, s'est rendu en Zambie en juillet 1996. Là, dans le cadre du volet irrigation du Programme spécial pour la sécurité alimentaire, il a installé et testé des pompes à pédales dans différentes régions du pays et en a démontré l'efficacité. Les fermiers zambiens, qui puisent habituellement l'eau pour leurs jardins potagers avec des seaux dans des étangs ou des puits peu profonds, furent impressionnés par la facilité d'installation de ces pompes et par le volume d'eau ainsi puisé.

Cette année, la FAO apporte une aide à l'importation de 1 000 pompes à pédales du Bangladesh vers la Zambie et forme les fermiers zambiens au mode d'installation et d'emploi de ces pompes. En même temps, des efforts ont été engagés pour créer les capacités de fabrication locales dans ce pays africain. Très prochainement, Dominique Sarkar repartira en Zambie pour former les fabricants locaux aux techniques de production et de service après vente des pompes à pédales. Des travaux ont également été entrepris pour adapter le plus possible la conception de ces pompes aux besoins des fermiers africains.

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25 avril 1997


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