Les nations se réunissent pour discuter des ressources génétiques

 

La Commission des ressources génétiques clôt ses travaux après neuf jours de négociations ardues


Une réunion-marathon de neuf jours de la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture a pris fin le vendredi 23 mai au Siège de la FAO, à Rome. La Commission a consacré l'essentiel de cette session à négocier des révisions à l'Engagement international sur les ressources phytogénétiques, qui vise à mettre en place un régime international d'échange du matériel génétique dans le monde.



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Cent cinquante-deux pays étaient représentés et les délégués se sont concentrés sur les trois articles les plus controversés de l'Engagement international: l'Article 3, qui traite de la portée de l'Engagement; l'Article 11 sur l'accès aux ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture; l'Article 12 sur les droits des agriculteurs.

Les progrès réalisés ont été obtenus au prix de dures négociations. Fernando Gerbasi, du Venezuela, Président de la session, a à plusieurs reprises exprimé son impatience devant des changements soudains de position ou les obstacles placés sur la voie du progrès. Le mardi 20 mai, il a convoqué un petit groupe des "Amis du Président" pour accélérer le processus et a pu obtenir par la suite une demi-journée supplémentaire pour les négociations. Le dernier jour de la réunion, le Président Gerbasi a pu déclarer que "des progrès avaient été réalisés".

La Commission a pris note des importants enjeux sociaux et économiques et a réclamé une représentation à haut niveau pour la suite des négociations. Elle a décidé que la priorité devait être de convoquer une session extraordinaire de la Commission pour poursuivre les travaux.

Il s'agissait de la première session de la Commission des ressources génétiques depuis que son mandat avait été élargi pour y incorporer les ressources zoogénétiques. Il n'a fallu que très peu de temps pour que la Commission convienne de la nécessité de créer un Groupe de travail technique intergouvernemental sur les ressources zoogénétiques. Il a décidé à titre de deuxième priorité de convoquer ce groupe, qui sera chargé d'élaborer la Stratégie mondiale pour la gestion des ressources zoogénétiques des animaux de ferme, dont la Commission sera saisie en 1999. La Commission a également mis sur pied le Groupe technique intergouvernemental sur les ressources phytogénétiques et a décidé, à titre de troisième priorité, de convoquer une réunion de ce groupe, qui sera principalement chargé d'aider la Commission à piloter et assurer le suivi du Plan mondial d'action sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture adopté lors de la Conférence de Leipzig, en 1996. L'Engagement international révisé réglementera les échanges de ce qui est de plus en plus considéré comme l'un des éléments clefs de la sécurité alimentaire des générations futures: les ressources phytogénétiques qui permettront aux agriculteurs de relever le défi de l'augmentation de la production durable et de s'adapter à l'évolution de la situation.

Au cours des négociations, les pays ont dû concilier des intérêts très divergents. Par exemple, les acquisitions de matériel génétique aux Etats-Unis dans les années 60 et 70 ont été si nombreuses que les banques de gènes de ce pays possèdent aujourd'hui des collections considérables. La délégation des Etats-Unis a indiqué que le rapport entre les échantillons de matériel génétique fournis par les Etats-Unis et les échantillons reçus était d'environ 100 pour 1. A l'autre extrême, l'Afrique abrite une grande richesse de variétés végétales dont la majorité se trouve dans les champs des agriculteurs. De nombreux pays, notamment les pays en développement et l'Union européenne, ont réclamé un système multilatéral d'échanges qui permettrait un partage équitable des avantages découlant de l'utilisation de ces ressources, notamment par le transfert de technologie, la formation et la conservation.

Si les délégués ne se sont finalement entendus que sur une petite portion du texte qui leur était proposé, ils se sont dits satisfaits des précisions apportées aux positions régionales et de la plus grande ouverture d'esprit dont tous les pays avaient fait preuve pour les enjeux de ces négociations. Tout au long de la réunion, les droits des agriculteurs ont constitué un domaine sur lequel le débat a constamment fait rage. Elisabeth Matos, représentante de l'Angola et également porte-parole de la région Afrique, a résumé la position des pays africains: "Ce qui se trouve dans les champs des agriculteurs appartient à ces agriculteurs, et nous n'avons aucun droit d'en négocier l'aliénation".

Mme Matos a fait remarquer que la représentation africaine était méconnaissable par rapport aux réunions de précédentes négociations de la Commission. Dans les cinq mois qui ont suivi la troisième Session extraordinaire de la Commission en décembre 1996, les nations africaines ont tenu des réunions préparatoires à l'échelon national, régional et continental. Lors de cette septième Session, ils ont présenté un front uni et bien organisé.

Etant donné que la grande majorité des ressources phytogénétiques de la planète se trouve dans les pays en développement, où les systèmes agricoles à fort coefficient d'intrants n'ont pas encore laissé leur marque, il est essentiel que les fermiers africains et des autres régions en développement soient adéquatement représentés à l'échelon international.

30 mai 1997

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