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Le problème rizicole de l'Iran est le suivant: chaque année, le pays importe 600 000 tonnes de riz, ce qui représente une ponction sur ses réserves en devises. Or, si les sélectionneurs iraniens ont mis au point des variétés de riz à haut rendement qui produisent deux fois plus que les variétés de riz traditionnelles, le riz ne possède généralement ni l'arôme subtil (semblable à celui du riz basmati, célèbre dans le monde entier) prisé des consommateurs iraniens, ni les qualités pour la cuisson. Les agriculteurs iraniens hésitent donc à le cultiver, craignant de ne pouvoir vendre leur récolte.
C'est là qu'intervient le Dr Nallanthigal Shobha Rani, scientifique principal à la Direction de la recherche sur le riz à Hyderabad, Inde, qui travaille à l'heure actuelle dans le cadre d'un programme de sélection destiné à améliorer la qualité des variétés de riz à haut rendement. Le Dr Rani s'est rendu en Iran dans le cadre du Programme pour l'emploi des experts pour la coopération technique entre pays en développement de la FAO.
"L'Iran a fait beaucoup de travaux de recherche sur les variétés à haut rendement mais, en Inde, nous avons commencé à cultiver ces variétés en 1966. L'Inde a mis au point un grand nombre de variétés à haut rendement adaptées à différents problèmes comme la sécheresse et les problèmes de sol, les cycles de culture courts et le froid," a indiqué le Dr Rani, ajoutant que depuis 1985 l'Inde produit assez de riz pour couvrir ses besoins.
Toutefois, lorsque le Dr Rani a étudié les conditions en Iran et recommandé certaines variétés nouvelles de haute qualité et à haut rendement provenant de l'Inde, elle s'est heurtée à une certaine réticence de la part des scientifiques et des responsables locaux.
"Les Iraniens étaient enthousiastes et contents de me voir, mais également un peu sceptiques car ils possèdent déjà de bonnes variétés, qui résistent à l'échaudage et au foreur des tiges, problèmes importants dans ce pays. Leur scepticisme s'expliquait en partie par le manque de réussite des efforts de promotion de leurs propres variétés nouvelles, a-t-elle déclaré. Mais si la variété est bonne, ils doivent l'adopter, pour le bien de leur pays".
Le Dr Rani estime qu'une solution pourrait consister à employer de nouvelles méthodes de vulgarisation qui pourraient convaincre les agriculteurs de cultiver un riz à haut rendement, quoique de qualité moindre, que les chercheurs iraniens ont déjà mis au point. Le prix qu'ils obtiendraient pour ce riz serait certes inférieur à celui du riz aromatique, mais leurs bénéfices augmenteraient néanmoins proportionnellement à la quantité.
Au cours de son séjour de trois semaines dans les provinces de Gilan et de Mazandaran, le Dr Rani a non seulement prodigué des conseils mais a aussi observé des techniques nouvelles.
"J'ai également appris quelque chose, puisque les Iraniens essaient de lutter contre le foreur des tiges grâce à la lutte biologique. Ils introduisent un papillon de nuit dans les champs pour qu'il mange les oeufs du foreur des tiges. Cette pratique a donné d'excellents résultats en Iran sur des surfaces de 28 à 30 000 hectares", a-t-elle indiqué.
La FAO encourage l'emploi d'experts des pays en développement dans d'autres pays en développement aux conditions semblables, ces experts connaissant mieux que leurs homologues occidentaux les problèmes et les solutions spécifiques. Leur emploi est également rentable (la part des coûts assumée par la FAO représente un tiers environ des coûts d'un expert au tarif standard des Nations Unies).
Dans le cadre du Programme d'experts CTPD, le gouvernement de l'Inde a pris en charge le traitement du Dr Rani tandis que le gouvernement iranien fournissait le gîte et le couvert. La FAO a pris en charge tous les frais de déplacement internationaux et à l'intérieur du pays, ainsi que les coûts de l'assurance médicale et versé 50 dollars EU par jour à l'expert pour l'aider à défrayer ses faux frais.
8 juillet 1997
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