La FAO aide le Bénin à maîtriser une épizootie de peste porcine
Au Bénin, pays situé en Afrique occidentale, des sources gouvernementales ont indiqué qu'à la mi-septembre 2 700 porcs étaient morts au cours d'une épizootie de peste porcine qui avait éclaté au cours du mois d'août dans les provinces Atlantique et Ouémé. Le Système de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes (EMPRES) de la FAO a immédiatement demandé l'envoi d'une mission d'évaluation afin de définir la nature de l'épizootie et préparer un plan d'action pour enrayer et éliminer la maladie dans les meilleurs délais.
Pour 60 pour cent de la population du Bénin, l'agriculture constitue l'unique moyen d'existence et les 600 000 porcins du Bénin jouent un rôle fondamental dans la formation de revenus et la sécurité alimentaire nationale. Dans ce pays, comme en Côte d'Ivoire, les porcins sont élevés selon trois régimes différents: un élevage intensif, dans des élevages commerciaux de grande envergure constitués de races améliorées; dans des unités de production artisanales à faible coefficient d'intrants et à faible production aux périphéries des petites et des grandes villes et dans les zones rurales; et dans les villages, où ils sont laissés en liberté. Les éleveurs commerciaux de porcins subissent des pertes considérables par suite de ces épizoties, tout comme les fermiers qui élèvent leurs porcs dans leur cour de ferme, où la maladie se propage rapidement entre les animaux. Le Dr George Nassara, haut fonctionnaire du Département de l'élevage du Bénin a indiqué à l'agence Reuters que le taux de mortalité chez les porcs infectés semble être de 100 pour cent. Il a indiqué que les efforts engagés pour maîtriser la maladie se heurtaient à un "négoce clandestin" de porcs infectés et au non-respect des mesures de précaution pour l'élimination des carcasses d'animaux infectés. Le Dr Nassara redoutait également que l'épizootie se propage au-delà des provinces méridionales auxquelles elle est actuellement circonscrite. Le Dr Peter Roeder, Spécialiste de la santé animale (maladies infectieuses) à la FAO, a déclaré que le risque de propagation de la maladie vers le Nigeria et le Togo, pays limitrophes, était également extrêmement élevé. Pour la FAO, la priorité était d'envoyer sur le terrain un spécialiste de la lutte contre les épidémies le plus rapidement possible. Un expert tunisien qui a également travaillé en Côte d'Ivoire devrait partir en mission d'ici la fin du mois de septembre. Son premier travail consistera à identifier la souche de la maladie, à délimiter des zones contaminées et à évaluer les risques ultérieurs de propagation. Des échantillons devront être prélevés sur des animaux infectés et transmis à un laboratoire de référence internationale qui devra établir un diagnostic. Les mesures de lutte mises en oeuvre par le gouvernement seront évaluées et les interventions immédiates nécessaires pour éliminer le foyer d'infection seront identifiées. Cette première mission est organisée conjointement par EMPRES et l'OIE qui en prennent en charge les coûts. Le Dr Roeder a souligné que l'épizootie en cours au Bénin confirme la nécessité, pour les pays, de se doter des moyens pour faire face aux situations d'urgence. "Il est absolument essentiel que les pays soient en mesure de reconnaître les toutes premières phases d'évolution de ces épizooties et soient prêts à réagir rapidement" a-t-il indiqué. Quelques semaines de retard suffisent pour faire la différence entre l'élimination rapide de la maladie et une épidémie prolongée et coûteuse". Suite à un atelier régional consacré à ce sujet à Abidjan en mars 1997, un projet en cours de préparation permettra de travailler avec les pays d'Afrique occidentale à la mise en place de mécanismes de planification préalable et de préparation aux situations d'urgence pour la lutte contre la peste porcine africaine et d'autres maladies transfrontières. 26 septembre 1997 Autres liens:
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