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Réinstallation sur les terres abandonnées à Sri Lanka: la FAO joue un rôle pilote dans les initiatives internationales
Après plus de quatorze ans de guerre civile dans le nord de Sri Lanka, des centaines de milliers de personnes sont sans abri, la production agricole est pratiquement au point mort et l'industrie de la pêche est gravement touchée.
Plus de 60 pour cent des 876 000 personnes qui, selon les estimations, vivaient dans la région de Vanni, ont dû quitter leurs foyers. Les dommages à l'infrastructure, le déplacement des familles d'agriculteurs et de sévères restrictions liées à la sécurité interdisant l'importation d'intrants agricoles essentiels comme le pétrole lampant, les engrais, les outils à main et les produits du fer et de l'acier ont tous contribué à réduire à néant la capacité de la région de produire des aliments. Au cours des six derniers mois, la sécheresse a aggravé la situation déjà alarmante. La plupart des familles déplacées comptent actuellement sur les rations alimentaires sèches distribuées par le gouvernement pour se nourrir, les ménages dirigés par une femme figurant parmi les plus vulnérables. Compte tenu des opérations militaires en cours dans les zones "non nettoyées" de la région de Vanni, la mission a proposé de distribuer, avec les rations alimentaires, des trousses de matériel agricole aux agriculteurs touchés par le conflit. Ces trousses, contenant de petites quantités de semences maraîchères et quelques outils, permettraient aux agriculteurs de créer des potagers familiaux et aux personnes déplacées de travailler comme ouvriers agricoles. Dans les zones "nettoyées depuis peu", une proposition de projet vise à aider 2 200 familles à revenir sur leurs terres abandonnées pendant plus de cinq ans. Les trousses pour la réinstallation comprendraient des pompes d'irrigation, des semences maraîchères, des plants d'arbres fruitiers, un peu d'engrais et de l'argent pour remettre les puits en état. Le programme d'urgence, qui devrait commencer en décembre 1997, serait coordonné par la FAO et mis en oeuvre par le Ministère sri-lankais de l'agriculture (province du Nord-Est), en collaboration avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et des organisations non gouvernementales nationales et internationales engagées dans des activités de secours d'urgence. Selon le dernier rapport, dans la péninsule de Jaffna, la situation s'est considérablement améliorée depuis la dernière mission envoyée par la FAO en septembre 1996. Toutefois, 65 pour cent de la population reçoit encore des rations alimentaires. Plus de 30 000 personnes se seraient déplacées à l'intérieur de la péninsule de Jaffna et 250 000 personnes qui avaient quitté leur village pour se rendre dans d'autres régions du pays ou à l'étranger en 1995, quand les combats étaient à leur paroxysme, ne sont pas encore rentrées. D'après le rapport, le problème qui se pose aujourd'hui à Jaffna est d'aider les personnes déplacées à l'intérieur de la péninsule à se réinstaller et de redresser l'économie afin d'encourager ceux qui sont partis à rentrer. L'agriculture, secteur important de l'économie de Jaffna, a été dévastée par la guerre civile continue. Certaines zones agricoles sont réglementées, tandis que dans d'autres, les barrières érigées pour des raisons de sécurité et actuellement en cours de démantèlement entravent les activités agricoles. On procède également au déminage. En 1995-96, aucune production de riz n'a été signalée en raison des hostilités durant la période des semailles, et les semences ont servi à l'alimentation. De 1987 à 1994, quelque 11 000 hectares de riz étaient cultivés chaque année dans la péninsule. En octobre 1996, un don de la FAO de plus de 700 tonnes de semences de riz a permis à 17 500 familles d'agriculteurs de planter 7 000 hectares de riz durant la campagne Maha de 1996-97. L'aide humanitaire sous la forme de semences de riz n'est donc plus nécessaire. Par contre, il faudrait distribuer des intrants agricoles aux familles d'agriculteurs pour les aider à se réinstaller dans différentes zones de Jaffna de manière à ce qu'elles puissent tout recommencer. Actuellement, 4 400 ménages agricoles sont prêts à se réinstaller dans la péninsule et auront besoin d'une aide d'urgence. Au début de l'année, plus de 2 000 familles ont reçu des trousses agricoles complètes, dont des pompes d'irrigation, des outils, des semences maraîchères, des plants d'arbres fruitiers et de petites quantités d'engrais. Le Royaume-Uni et la Norvège ont financé ce programme d'urgence par le truchement de la FAO. Le Gouvernement des Etats-Unis a également aidé les familles d'agriculteurs à se réinstaller par le biais de CARE, organisation non gouvernementale. En outre, dans le cadre de programmes patronnés par la FAO, plus de 24 000 outils ont été distribués. La pêche était autrefois l'une des principales activités économiques à Jaffna. En 1983, la région assurait plus du quart de la production totale de poisson frais du pays. Mais l'interdiction de la pêche hauturière pour des raisons de sécurité, les hasards de la pêche côtière et la destruction ou l'endommagement sur une grande échelle des embarcations et des filets ont fait sombrer cette industrie. En 1996, la péninsule assurait moins de 1 pour cent des prises nationales. Récemment, l'interdiction a été partiellement levée pour permettre la pêche durant le jour jusqu'à 2,5 miles de la côte avec des embarcations en bois sans moteur. L'appui aux pêcheurs, qui sont pour la plupart sans ressources et comptent actuellement sur l'aide alimentaire pour survivre, devrait aussi être une priorité absolue pour 1997-98, selon le rapport. Un projet proposé par la mission fournirait des filets de pêche à quelque 3 000 pêcheurs autorisés à pêcher dans la zone limitée, ainsi qu'un bateau de pêche en bois pour cinq familles. En supposant que la prise journalière moyenne sera de 2 kg par pêcheur, grâce au projet, les prises annuelles pourraient dépasser 2 millions de dollars E.-U. Par ailleurs, la FAO a préparé onze profils de projet pour un montant de plus de 4 millions de dollars E.-U. à soumettre à la communauté internationale. Neuf projets - sept dans la péninsule de Jaffna et deux dans les zones "non nettoyées" et "nettoyées depuis peu" de la région de Vanni - comportent une aide immédiate aux agriculteurs et aux propriétaires de bétail. Les deux autres projets fourniraient une assistance technique pour des interventions d'urgence dans le secteur agricole et pour les préparatifs de la phase de redressement à Jaffna et dans tout le nord du pays. Les activités de secours de la FAOAider Sri Lanka à remettre sur pied son secteur agricole détruit par des années de troubles intérieurs est un exemple des activités de la FAO visant à fournir une aide d'urgence aux points chauds dans le monde entier. Une aide humanitaire rapide et des investissements dans le redressement durable après une crise sont devenus déterminants, eu égard à l'augmentation rapide des catastrophes naturelles ou dues à l'homme et à l'augmentation des situations d'urgence d'une année à l'autre. Les activités de secours de la FAO, brochure publiée récemment par la FAO et thème du dernier article paru dans la rubrique FAO Focus, met en évidence le rôle de plus en plus actif de l'Organisation pour aider les pays à améliorer leur capacité à se préparer aux catastrophes, à y répondre et à reconstruire. "Nous partons du principe qu'il est préférable d'aider les victimes des catastrophes de manière qu'elles puissent retrouver rapidement leurs foyers et leurs champs", écrit le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf, dans la préface de la brochure. "Notre expérience nous permet d'adapter les programmes de redressement aux conditions et aux besoins particuliers des familles agricoles touchées, pour garantir que les graines qu'elles sèmeront pourront germer et que les récoltes qu'elles effectueront répondront à leurs besoins nutritionnels et culturels". Aider à prévenir les situations d'urgence liées aux catastrophes, donner rapidement l'alerte en cas de crises alimentaires et aider à remettre en état les systèmes de production alimentaire sont les points forts auxquels s'attache le plus la FAO en matière d'aide humanitaire. 21 novembre 1997 Autres liens: |
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