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Nouveau rapport sur le SIDA et l'agriculture en Afrique de l'Ouest Un rapport récent sur le SIDA et son impact sur les communautés agricoles de l'Afrique de l'Ouest, préparé par le Service de la gestion des exploitations et de l'économie de la production de la FAO apporte de nouveaux éclairages importants sur la diffusion de la maladie dans les campagnes. Le VIH/SIDA commence à avoir un effet désastreux sur les fermiers de subsistance et leurs familles, dont la survie dépend d'un équilibre délicat entre le nombre de mains disponibles pour les travaux champêtres et le nombre de bouches à nourrir.
Les experts estiment aujourd'hui que le SIDA se propage deux fois plus rapidement qu'ils ne le pensaient. D'après leurs calculs, 20,8 millions de personnes en Afrique subsaharienne sont séropositives, soit les deux tiers du total mondial. Les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) révèlent que 4 des 5,8 millions d'hommes, femmes et enfants qui ont contracté le virus du SIDA en 1997 vivent en Afrique subsaharienne. Le nouveau rapport de la FAO intitulé "Impact du VIH/SIDA sur les systèmes d'exploitation agricole en Afrique de l'Ouest" met en relief l'interaction dévastatrice entre le VIH/SIDA et la pauvreté. La pauvreté accroît le risque de contracter le virus et amplifie l'impact de la maladie sur la famille de la victime. Le lien entre mobilité et propagation du virus est également souligné. La mobilité constitue l'une des caractéristiques qui ressort le plus nettement des profils des victimes du SIDA au Burkina Faso et en Côte d'Ivoire. Sur les 88 victimes du SIDA étudiées au Burkina Faso, une seule n'avait jamais quitté son village pour une période prolongée. Si la quête de travail continue à pousser les populations vers les grandes villes, qui sont des foyers d'infection du VIH, le SIDA contraint souvent malades et mourants à rentrer chez eux. Le retour d'un proche malade impose fréquemment un fardeau insoutenable aux familles agricoles. Le patient a besoin d'être nourri, soigné et accompagné pour des traitements coûteux. Un homme malade peut amener avec lui une ou plusieurs épouses, qui sont peut-être également infectées, et plusieurs enfants. L'absence d'appui institutionnel fait que le fardeau de la maladie incombe presque entièrement aux membres de sa famille. On vend outils et bétail pour payer les soins médicaux ou les obsèques. Certains travaux champêtres essentiels sont négligés et la production et les revenus chutent. Le revenu supplémentaire que la victime versait au budget familial prend également fin. Le rapport réclame des mesures aux niveaux régional, national et local pour aider certaines des communautés les plus pauvres du monde à faire face à la menace du SIDA. Jacques du Guerny, chef du Service du programme de population de la FAO (SDWP) et responsable de la coordination des activités liées au SIDA de la FAO, a souligné le "rôle indirect mais fondamental que les politiques et les programmes agricoles pourraient jouer pour atténuer les effets du VIH/SIDA sur les communautés rurales en faisant reculer la pauvreté, en habilitant les femmes rurales, en favorisant des changements dans les flux migratoires, etc." (voir texte complet de l'entrevue avec Jacques du Guerny). 19 décembre 1997 Autres liens: |
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