Gender: key to sustainability and food security - Introduction

Genre

Clé pour le développement et la sécurité alimentaire

INTRODUCTION

Un Nouveau Cadre de Développement

Les causes de la pauvreté persistante et de l’insécurité alimentaire qui touchent les femmes rurales et les familles dont elles ont la charge sont étroitement liées et relèvent à la fois: du manque d’accès et de contrôle des moyens de production et des services, du sur ou du sous emploi, de l’inégalité devant le travail et les salaires, de l’exclusion du processus de conception et de décision des politiques, ainsi que d’un cadre juridique défavorable. Résoudre ces problèmes prioritaires est, pour la FAO, la clé pour améliorer le statut des femmes, parvenir à la sécurité alimentaire, réduire la pauvreté et garantir un développement durable.

L’approche Intégration des Femmes dans le développement (IFD) a fortement contribué à sensibiliser les développeurs aux priorités, aux situations et aux intérêts particuliers des femmes. Elle a stimulé la création de réseaux de contacts et la formation d’alliances parmi les femmes rurales et leurs défenseurs. L’IFD met l’accent sur les rôles cruciaux des femmes rurales et leurs contributions à la production alimentaire et agricole, de manière à modifier certaines pratiques du développement et à allouer aux femmes des ressources économiques. Toutefois, lorsque les femmes sont considérées comme des bénéficiaires distincts, leurs problèmes deviennent souvent de simples appendices des grands cadres et interventions de développement.

La lente progression notée dans l’amélioration de la condition des femmes prouve l’insuffisance d’une approche considérant les femmes comme un groupe cible aux besoins spécifiques. Il s’agit plutôt de comprendre et de changer effectivement l’ensemble des facteurs structurels de la société. Ce sont les règles et les pratiques au sein du ménage, de la communauté, du marché et de l’Etat qui maintiennent les femmes dans une position de subordination.

L’approche Genre et Développement (GED) cherche à comprendre de quelle façon les spécificités hommes/femmes entravent ou facilitent les efforts pour promouvoir une croissance économique durable, tout en assurant une distribution égalitaire des bénéfices. Une importance primordiale est donnée à l’analyse des différences clés existant entre les atouts et les contraintes avec lesquels travaillent les femmes et les hommes. “Rendre visible” la diversité de leurs rôles et de leur charge de travail est alors possible. L’approche GED permet aussi de mettre en évidence, en différenciant les femmes et les hommes, l’impact des interventions, les possibilités d’accès aux ressources et à la prise de décision, et de même, les effets sur les politiques, la planification et la mise en oeuvre des programmes.

LE GENRE Il se réfère non pas aux femmes et aux hommes en soi mais aux relations qui existent entre eux. Le genre n’est pas déterminé biologiquement comme étant le résultat de caractéristiques sexuelles féminines ou masculines. C’est un facteur social. Il est au centre de l’organisation des sociétés et régit souvent les processus de production et de reproduction, de consommation et de distribution.

LES RôLES selon le genre Ils correspondent aux rôles socialement attribués aux femmes et aux hommes, lesquels varient en fonction de la société, la culture, la classe socio-économique, l’âge et le contexte historique. Les rôles et responsabilités spécifiques aux hommes et aux femmes sont souvent conditionnés par la structure du ménage, l’accès aux ressources, par les impacts spécifiques de l’économie mondiale, et par d’autres facteurs locaux significatifs, par exemple les conditions écologiques.

L'ANALYSE par genre Elle cherche des réponses aux questions fondamentales telles que: qui fait quoi ou utilise quoi, comment et pourquoi? L’objet de l’analyse par genre n’est pas de créer une entité distincte de savoir social sur les femmes mais de repenser les processus actuels (utilisation et gestion des ressources naturelles, ajustement et évolution économiques, changements démographiques). Les facteurs influencés par les spécificités hommes/femmes et les réalités qui les sous-tendent sont ainsi mieux appréhendés. Sur la base de ces connaissances, les erreurs du passé pourraient être évitées et des interventions pertinentes élaborées pour mieux répondre aux contraintes, besoins et potentialités des hommes et des femmes.

Il importe de “rendre visible” la diversité des rôles et charges de travail des femmes et des hommes (Equateur).

L’efficacité est une composante centrale de l’approche. En cela, elle procure des outils et des méthodes pour des interventions plus efficaces. Dans ce but, une plus grande participation des femmes à toutes les étapes et à tous les niveaux du processus de développement est recherchée. L’utilisation de l’approche participative permet de renforcer les capacités des femmes, par une meilleure prise de conscience de leurs besoins, droits et compétences, en leur donnant une plus grande possibilité d’expression. Ainsi, l’approche Genre et développement, non seulement révèle le processus de subordination des femmes, mais favorise également la mobilisation de tous les acteurs pour oeuvrer dans le sens d’un changement social et économique.

Notre conception du développement a, dans le même temps, changé. Dans l’ère post-CNUED (Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement) et à la suite du Sommet mondial sur le développement social de 1995 et de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, le Département du développement durable de la FAO, récemment mis en place, cherche à rendre opérationnel le concept de développement durable. Il s’agit de dépasser la rhétorique des discours internationaux et de réellement intégrer les dimensions humaines, sociales, économiques et environnementales de durabilité dans une vision globale cohérente.

La promotion des femmes est primordiale pour parvenir à un développement durable. Elles sont responsables de la gestion des ressources naturelles à travers leurs tâches productives et reproductives quotidiennes (approvisionnement en combustible, eau et nourriture pour la consommation du ménage et pour la vente). Mais, elles sont rarement en mesure d’influer sur les décisions d’allocation des ressources et, par conséquent, sur l’utilisation durable de la terre, de l’eau et des bois villageois. Même si les femmes ont mis au point des techniques agricoles écologiquement viables et ont acquis une vaste connaissance de la diversité biologique, leur association au développement est encore limitée, d’où une perte de la richesse de leur savoir.

Les femmes sont souvent les principales garantes de la subsistance du ménage. Quand leur accès aux moyens de production régresse, le nombre de personnes qui souffre de la pauvreté et de ses effets directs (faim, malnutrition et maladie), augmente. En améliorant les conditions d’accès des femmes aux ressources et aux services, on augmente la productivité agricole, on favorise une utilisation plus rationnelle des ressources, et on obtient finalement un meilleur rendement des terres.
Promouvoir un développement économiquement efficace, respectueux de l’environnement et égalitaire, requiert une réorientation radicale des stratégies destinées à renforcer les capacités des femmes. Le Plan d’action de la FAO pour les femmes dans le développement cherche à atteindre ce but en répondant aux attentes des femmes. Les objectifs stratégiques du Plan sont:

  • l’égalité entre les hommes et les femmes pour l’accès et le contrôle des moyens de production;
  • la participation accrue des femmes aux processus de décision et de formulation des politiques à tous les niveaux;
  • la réduction de la charge de travail et l’accroissement des possibilités d’emplois rémunérés et de revenu.

PLAN D’ACTION POUR L’INTÉGRATION DES FEMMES DANS LE DÉVELOPPEMENT

L’objectif du Plan est triple:

  • assurer une compréhension évolutive et dynamique de la condition des femmes rurales, de leur contribution à l’agriculture,
  • la sylviculture et les pêches, et des obstacles auxquels elles se heurtent;
  • intégrer les questions de spécificités hommes/femmes dans tous les domaines techniques qui relèvent de la FAO;
  • accroître les bénéfices que les femmes rurales tirent de leur contribution à l’agriculture, la sylviculture, la pêche et le développement rural durables, tout en facilitant leur participation au développement national.


Dans la mise en oeuvre du Plan, les activités de l’Organisation se concentrent sur quatre
domaines interdépendants:

  • Accroître la disponibilité, la précision et l’utilisation des données et informations quantitatives et qualitatives sur la place réservée aux femmes dans l’agriculture et le développement rural.
  • Mettre au point et utiliser des méthodologies, instruments et activités de formation visant à aider les spécialistes du développement, à la FAO et dans les Etats membres, à intégrer une perspective tenant compte des relations hommes/femmes dans les approches du développement agricole et rural.
  • Renforcer les compétences et capacités des femmes rurales pour accroître leurs gains économiques tout en réduisant leur charge de travail.
  • Appuyer la formulation et l’application d’une politique de développement agricole et rural qui tienne compte des relations hommes/femmes.


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