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Lors d'une conférence de presse, la FAO lance un avertissement: le secteur européen de l'élevage est vulnérable aux épizooties
Depuis la création du marché unique européen, la tendance à transporter les animaux et les produits animaux sur de grandes distances s'est accélérée au sein de l'Union européenne, estime la FAO. L'ouverture des routes commerciales entre l'Europe, le Proche-Orient et la Communauté des Etats indépendants risque de permettre à des animaux porteurs de maladies infectieuses comme la fièvre aphteuse de pénétrer en Europe centrale, voire en Europe occidentale, s'ils échappent à la détection aux frontières. De fortes flambées de fièvre aphteuse en Albanie, dans l'ancienne République yougoslave de Macédoine et en République fédérale de Yougoslavie en 1996 auraient ainsi été provoquées par des importations en Albanie de viande de buffle avec os en provenance d'Asie. La fièvre aphteuse, une maladie virale contagieuse qui touche les bovins, les autres ruminants et les porcins a pu être maîtrisée par des mesures de destruction des animaux infectés et d'immunisation. La densité de peuplement d'animaux d'élevage favorise également la propagation rapide des infections. Dans certaines régions d'Europe, les exploitations abritent parfois des milliers d'animaux destinés à la reproduction ou à l'engraissement. Dans certaines régions de la Belgique, des Pays-Bas et du nord de l'Allemagne, on compte parfois jusqu'à 9 000 porcs par kilomètre carré de terres agricoles. Le surpeuplement est considéré un des principaux facteurs de propagation de la peste porcine classique dans ces pays en 1996 et 1997. Des poussés de peste porcine classique (PPC) ont été enregistrées dans une douzaine de pays européens en 1996. Depuis lors, la situation s'est encore détériorée, d'importantes épidémies ayant été enregistrées dans les régions d'élevage de porcins des Pays-Bas et dans une région espagnole en 1997. En début d'année, l'Allemagne a fait face à une poussée de la maladie dans le nord-est. Quelque 62 000 porcs ont dû être détruits pour éliminer la maladie. La situation épidémiologique et les mesures de lutte ont été compliquées par le fait que le virus de la PPC est également largement répandu dans la population de sangliers dans plusieurs régions d'Europe. Le surpeuplement est également lié à une augmentation de la pollution provoquée par les déchets animaux. "La forte concentration d'exploitations agricoles et d'animaux d'élevage, qui favorise la propagation des maladies, est également une source d'augmentation de la pollution de l'environnement, qui devra probablement être proscrite à l'avenir", a déclaré Yves Leforban, fonctionnaire principal de la FAO pour la santé animale. L'Organisation a invité les autorités chargées de l'aménagement du territoire à prendre des mesures pour réduire cette densité animale. D'après la FAO, la libéralisation du commerce en Europe doit s'accompagner de systèmes améliorés de certification et d'identification des animaux d'élevage, ainsi que d'un système efficace de vérification de l'identité et de l'état de santé du bétail. L'Organisation a également recommandé que tous les pays européens préparent des plans d'urgence afin de pouvoir réagir immédiatement à toute épidémie. Elle a mis en garde contre le risque de voir la "cohérence institutionnelle" de nombreux services vétérinaires européens détruite par deux forces: la tendance à réduire la taille du secteur public et la fragmentation des services provoquée par la dévolution de pouvoirs du niveau national au niveau régional. 17 février 1998 Autres liens:
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