La FAO ouvre son premier bureau en Afrique du Sud


La FAO a ouvert son premier bureau en République sud-africaine, à la fois pour aider le pays à réformer son secteur de l'agriculture et pour puiser dans son vaste bassin d'experts agricoles pour que d'autres pays en développement en bénéficient. Florence Chenoweth, ancienne représentante de la FAO en Gambie et ancien Ministre de l'agriculture du Libéria, a été nommée chef de mission. Mme Chenoweth, agronome, âgée de 53 ans, détient un doctorat en ressources en terre de l'Université de Wisconsin aux Etats-Unis.

Florence Chenoweth, représentante de la FAO en Afrique du Sud

L'Afrique du Sud, qui a retrouvé sa place à la FAO en 1993, est dotée d'une agriculture commerciale moderne mais possède également un petit paysannat moins productif. Son secteur agricole fait face, dans l'ensemble, aux mêmes conditions et aux mêmes problèmes que les autres pays d'Afrique australe. "Mon premier travail, dès que le bureau sera installé, sera d'identifier les domaines dans lesquels la FAO peut le plus venir en aide aux efforts engagés par l'Afrique du Sud pour réformer son secteur agricole et d'oeuvrer dans le cadre de notre propre système pour garantir que l'assistance sera fournie en temps opportun, qu'elle aura un impact significatif et qu'elle sera placée sous le signe d'une coopération authentique", a déclaré Mme Chenoweth.

"En soi, l'Afrique du Sud n'est pas un pays à déficit vivrier, a-t-elle poursuivi. Toutefois, il existe dans le pays un problème de sécurité alimentaire, puisqu'un pourcentage appréciable de la population est en situation d'insécurité alimentaire. Les autorités se sont fixées comme but de définir l'assortiment approprié de politiques et de mesures pour combler le déficit et aboutir à une situation de sécurité alimentaire durable pour tous. De notre côté, notre objectif est d'aider le Gouvernement à atteindre ce but par des moyens qu'il jugera acceptables et qui seront compatibles avec notre mandat".

"L'Afrique du Sud, en accueillant la FAO, sait que cette relation doit être bidirectionnelle. Le pays a beaucoup à offrir aux autres pays. Par exemple, il possède d'excellentes institutions, des intrants agricoles avancés ainsi que des technologies de pointe", a ajouté Mme Chenoweth. Par exemple, dans le cadre du Programme de partenariats de la FAO, les experts techniques sud-africains pourraient être appelés à travailler sur des dossiers spécifiques dans d'autres pays d'Afrique confrontés à des situations similaires, dans le cadre d'un dispositif de partage des coûts relativement peu coûteux. "Nous pouvons servir de catalyseur et utiliser les experts sud-africains grâce à nos programmes de partenariats et de formation et par le biais du Programme spécial sur la sécurité alimentaire. Je trouve cela passionnant", a-t-elle indiqué.

Mme Chenoweth a fait une carrière brillante dans le développement africain. En 1976, à l'âge de 32 ans, elle devint la seule femme Ministre de l'agriculture dans le monde, dans son Libéria natal. Cette particularité lui joua même des tours lorsque, en visite officielle à Rome avec d'autres ministres, la délégation fut invitée à visiter le Vatican. "Lorsque nous sommes arrivés, on a essayé de me repousser, en déclarant que les épouses n'étaient pas prévues", rappelle-t-elle en riant.

Mme Chenoweth a quitté la politique en 1980 pour entamer en 1982 une expérience professionnelle de dix ans en Zambie, où elle fut, pendant les quatre premières années, conseillère politique au sein d'une équipe consultative technique de la Banque mondiale. En 1993, elle reprit le chemin de l'Université du Wisconsin, où elle occupa un poste de chercheur principal, avant d'être invitée à entrer à la FAO en 1995 à titre de représentante en Gambie, Afrique de l'Ouest.

"Ce n'a pas été une sinécure. Les donateurs multilatéraux et la plupart des donateurs bilatéraux ayant suspendu toute aide après le coup d'Etat militaire de 1994, les moyens dont la représentation de la FAO et le pays disposaient étaient extrêmement limités," a déclaré Mme Chenoweth. Cela ne l'a pas empêchée de trouver des ressources pour appuyer un certain nombre d'activités, notamment un examen du secteur agricole et des ressources naturelles qui devait ouvrir la voie à d'autres activités.

Le Bureau de la FAO en Afrique du Sud sera situé dans le Metropark Building, Schoeman Street, à Pretoria, qui accueille déjà d'autres institutions des Nations Unies.

9 mars 1998

 

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