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La FAO demande une aide financière pour l'élimination des pesticides périmés en Afrique et au Proche-Orient
La FAO a exhorté l'industrie des produits chimiques à collaborer à l'enlèvement et à l'élimination des pesticides périmés. Le besoin d'une aide financière a été souligné lors de la Consultation d'experts sur la prévention et l'élimination des pesticides périmés, qui s'est tenue à Rome les 2 et 3 mars derniers. Pour la première fois, les industriels ont parlé d'assumer, au cas par cas, jusqu'à 30 pour cent des coûts de l'élimination des pesticides périmés dans des pays comme le Sénégal, Madagascar et la Gambie. Alemayehu Wodageneh, expert de la FAO et coordonnateur de la réunion, a déclaré: "Nous devrons attendre pour voir dans quelle mesure cet engagement sera honoré." Jusqu'à présent, les contributions du secteur privé ont été extrêmement limitées. On estime que plus de 100 000 tonnes de pesticides périmés sont entreposés dans les pays en développement. "Les paysages urbains et ruraux des pays en développement sont parsemés de piles de barils de métal rouillé qui laissent échapper des pesticides périmés dangereux, a indiqué M. Wodageneh. Si les stocks sont situés dans des zones urbaines ou à proximité de plans d'eau, ce qui est souvent le cas, la nappe phréatique, l'irrigation et l'approvisionnement en eau potable sont menacés", a-t-il ajouté. D'après les estimations, 15 à 20 000 tonnes de déchets de pesticides sont stockés en Afrique et des stocks considérables existent également dans certaines régions de l'ex-Union soviétique. Une grande partie de ces pesticides périmés - notamment en Afrique - sont des reliquats de programmes d'aide étrangère et ne sont plus utilisables, soit parce qu'ils ont été depuis interdits, soit parce qu'ils se sont détériorés au cours du stockage. Ces pesticides très toxiques et à forte rémanence comprennent le DDT, l'Endrin, le Lindane, le Malathion, etc. La FAO a indiqué qu'en Afrique et au Proche-Orient 1 511 tonnes seulement ont jusqu'à présent été éliminées.
"A ce rythme, faute d'une aide financière, cette opération durera de dix à quinze ans et, entre temps, l'environnement et la santé humaine auront subi d'autres dommages", a déclaré M. Wodageneh. Le coût total de l'enlèvement de ces déchets toxiques en Afrique est estimé à 80 millions de dollars EU. Jusqu'à présent, l'essentiel des fonds pour l'élimination des pesticides en Afrique a été fourni par les Pays-Bas, l'Allemagne et la FAO. Dernièrement, le Danemark a promis 6 millions de dollars pour l'élimination des pesticides et le renforcement des capacités. En 1996, les ventes mondiales de pesticides ont rapporté 33 milliards de dollars aux dix principales compagnies productrices de produits agrochimiques. La meilleure façon d'éliminer les pesticides périmés est de les incinérer à haute température. Il n'existe que très peu d'incinérateurs sans danger dans les pays en développement et les pesticides doivent donc être reconditionnés et expédiés vers des pays possédant des installations de destruction des déchets dangereux. Jusqu'à présent, les pesticides périmés ont été envoyés en Europe. La FAO a prévenu que, à moins que des mesures de prévention ne soient prises, l'accumulation de pesticides dangereux se poursuivra sans relâche, les ventes de pesticides ayant augmenté de façon substantielle en 1995 et 1996. D'après la FAO, les principales raisons de cette accumulation de déchets de pesticides toxiques sont, notamment:
La FAO a invité la communauté internationale à accroître ses efforts pour mettre fin à "cette tragédie écologique" et a invité ses pays membres à appliquer les techniques de protection intégrée et à diminuer dans la mesure du possible l'emploi des pesticides. Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter: Alemayehu.Wodageneh@fao.org 11 mars 1998
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