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Le travail de cartographie de la faim dans le monde se poursuit
Le Sommet mondial de l'alimentation (SMA) de 1996 avait établi un objectif, souvent cité depuis, consistant à réduire d'au moins de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Les mesures prises pour atteindre cet objectif sont moins souvent mentionnées, ne serait-ce qu'en raison de leur complexité. Afin de lutter efficacement contre la faim, il faut pouvoir établir avec certitude où se trouvent actuellement les populations affectées, où elles sont susceptibles de se trouver demain et pourquoi elles ont faim. Pour cette raison, une des tâches fondamentales que les gouvernements se sont engagés à mener à bien lors du Sommet est l'élaboration des SICIAV - les Systèmes d'information et de cartographie de l'insécurité alimentaire et de la vulnérabilité. Le Plan d'action du Sommet mondial a recommandé que ces systèmes soient créés à l'échelon mondial, national et local. Non seulement ces systèmes identifient les personnes qui souffrent de la faim et celles qui risquent d'en souffrir, mais ils fournissent également des renseignements sur les causes de leur insécurité alimentaire et de leur vulnérabilité - des facteurs aussi divers que la pauvreté, l'insuffisance des infrastructures de commercialisation, la sécheresse ou les conflits civils qui les exposent à la menace de la faim. Après le SMA, l'initiative SICIAV a été confiée à un Groupe de travail interinstitutions dont les membres proviennent d'un vaste éventail d'organisations internationales désireuses d'améliorer l'information en matière d'insécurité alimentaire. La FAO assure le Secrétariat du Groupe interinstitutions et facilite l'échange d'information entre les partenaires. Le Groupe de travail a jusqu'à présent tenu deux réunions, en décembre 1997 et en avril 1998. Une troisième réunion est prévue pour octobre/novembre 1998. Les deux premières réunions ont été essentiellement consacrées à la discussion et la finalisation des projets de directives pour les SICIAV nationaux, qui seront soumis pour approbation au Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) lors de sa prochaine session, en juin 1998. Les SICIAV utilisent les systèmes existants de collecte de l'information et encouragent la mise en commun des données entre les partenaires, à l'échelon national et international, afin de réduire les coûts et de gagner du temps. Il existe bien des façons de recueillir l'information pour les SICIAV. Les bilans alimentaires - basés sur la disponibilité par habitant et la distribution des denrées alimentaires - sont utiles pour mesurer l'ampleur de la dénutrition chronique. Les indicateurs anthropométriques - poids/taille, taille/âge, poids/âge, indice de masse corporelle et autres - sont des outils utiles pour évaluer l'état nutritionnel des enfants et des adultes. Les données brutes sur les disponibilités alimentaires et la consommation et les renseignements sur les stocks alimentaires, le commerce, les salaires et les conditions du marché du travail sont également considérées comme des apports utiles pour les SICIAV. Les enquêtes nationales sur les ménages qui permettent de recueillir des données sur les revenus, les dépenses et la consommation des familles jouent également un rôle important.
La session de juin 1998 du CSA devrait adopter des indicateurs qui seront utilisés pour le SICIAV mondial. Ram Saran, expert de la FAO dans le domaine de la sécurité alimentaire, aujourd'hui à la retraite, travaille depuis quelques temps sur l'identification des indicateurs les plus utiles pour le suivi de la sécurité alimentaire dans différentes régions du monde. (Voir l'entrevue avec Ram Saran et Barbara Huddleston.) Barbara Huddleston, Chef du Service de la sécurité alimentaire et de l'analyse des projets agricoles (ESAF) - le service de la FAO qui participe au Groupe de travail interinstitutions - conçoit l'élaboration des SICIAV comme un processus graduel et interactif. "A mesure que l'on disposera de meilleures données [nationales], elles alimenteront le SICIAV mondial par le biais de plusieurs bases de données internationales reliées entre elles", a expliqué Mme Huddleston. "Ces données améliorées permettront des analyses plus poussées, à la fois à l'intérieur des pays et à l'échelon international." Mme Huddleston se dit très encouragée par le travail qui se fait actuellement: "Avec les SICIAV, la FAO et ses nombreux partenaires se sont lancés dans une nouvelle phase de développement de l'information qui s'annonce passionnante et qui devrait faciliter la tâche de tous ceux qui sont soucieux de s'attaquer directement et efficacement aux problèmes de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition que nous nous sommes donnés pour but d'éliminer." 11 mai 1998 Autres liens:
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