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La FAO préconise une nette réduction de la capacité de pêche mondiale A l'occasion de l'inauguration de la prestigieuse EXPO 98 à Lisbonne - dont le thème est "Les océans, un héritage pour le futur" - la FAO a de nouveau mis en garde contre l'incapacité à changer les pratiques actuelles, désastreuses pour le secteur des pêches et qui risquent d'entraîner un écart énorme entre l'offre et la demande dès 2010. Réclamant une fois de plus un meilleur aménagement des ressources de la mer, l'Organisation a souligné que les ressources des océans pleinement exploitées ou surexploitées dans le monde - qui ne constituent pas moins de 60 à 70 pour cent du total - ne pourront échapper à une baisse encore plus prononcée et ne pourront être reconstituées que par une réduction marquée, de l'ordre de 30 pour cent, de la capacité de pêche mondiale. Serge Garcia, Directeur de la Division des ressources du Département des pêches de la FAO, a déclaré: "Dans de trop nombreuses pêcheries, les efforts d'aménagement n'ont pas toujours été en mesure d'empêcher la surexploitation des ressources et de rendre la pêche économiquement rentable". L'absence de volonté politique pour opérer les ajustements nécessaires constitue selon lui une des causes profondes de cet échec.
Dans les pays en développement, où la pêche demeure encore une activité artisanale à fort coefficient de main-d'oeuvre, les prises accessoires non vendables sont plus susceptibles de constituer le repas familial que d'être rejetées dans la mer. Au cours de la dernière décennie, si les captures maritimes ont stagné, les augmentations de la production aquicole ont suivi le rythme de la croissance de la demande. Toutefois, la demande mondiale en poisson de consommation devant se situer, d'après les estimations, entre 110 et 120 millions de tonnes en 2010, l'aquaculture risque de ne pouvoir suivre ce rythme et le déficit de l'offre pourrait atteindre quelque 40 millions de tonnes, estime la FAO. La production halieutique représente un élément important de la sécurité alimentaire mondiale et de l'économie de la planète. Depuis 1950, les disponibilités moyennes annuelles par habitant de poisson de consommation ont presque doublé, passant de 8 kg à 15 kg en 1996. La consommation moyenne quotidienne de protéines de poisson est passée de 2,5 grammes par habitant en 1960 à 4 grammes aujourd'hui, soit environ 15 pour cent de toutes les protéines animales consommées par une population mondiale qui compte aujourd'hui 6 milliards d'habitants. Les ventes des produits des pêches de capture ont totalisé 83 milliards de dollars E.-U. en 1995 et celles de l'aquaculture 43 milliards de dollars. Les exportations mondiales de poisson se sont chiffrées, pour la même année, à 52 milliards de dollars. Le nombre de personnes dans le monde dont la pêche constitue le principal moyen d'existence augmente également. En 1970, on comptait 13 millions de pêcheurs et d'aquaculteurs. En 1995, ce chiffre atteignait 30 millions, dont 90 pour cent en Asie. Dans le monde, près de 200 millions de personnes tirent leurs revenus du secteur des pêches. A EXPO 98, les Nations Unies présenteront dans leur stand une démonstration du futur "Atlas électronique des océans" qui comprendra statistiques, cartes géographiques, textes, graphiques et illustrations sur l'exploitation durable des océans. Il est prévu de le publier également sur CD-ROM et sur Internet. 20 mai 1998 Autres liens:
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