Ramener à la vie les steppes syriennes

Une utilisation durable des terres tire parti des traditions et du savoir des populations locales

Les restrictions sur le pâturage permettent la régénération de la flore

Un troupeau d'oryx d'Arabie saoudite a été introduit dans la réserve faunique syrienne

Le surpâturage et l'abattage des arbustes pour le bois de feu ont provoqué la destruction de milliers d'hectares de parcours naturels dans les steppes de Syrie et menacent la sécurité alimentaire des Bédouins qui habitent ces régions. Un projet portant sur les écosystèmes fortement dégradés des steppes de Al Badia est en voie de prouver qu'en interdisant provisoirement le pâturage des moutons et d'autres animaux domestiques dans ces régions et en ensemençant les parcours fortement dégradés, il est possible de remettre en valeur ces terres et de faire échec à la désertification.

Le surpâturage d'un cheptel ovin qui a quadruplé pour atteindre 15 millions de têtes de bétail au cours des vingt dernières années a dépouillé de sa végétation une bonne partie de la région. Dans certaines zones, la culture intensive de l'orge et l'arrachage ou l'abattage des arbustes fourragers pour le bois de feu ont également contribué à la disparition de la végétation naturelle. A mesure que le couvert végétal reculait, l'érosion éolienne et l'érosion hydrique ont accéléré le processus de désertification. L'emploi de plus en plus répandu des véhicules tout terrain, utilisés pour transporter les moutons, les aliments pour le bétail et les réserves d'eau, a également endommagé la végétation et les sols: en effet, rares sont les zones de parcours qui ont pu bénéficier d'une période de répit complet permettant à la végétation de se régénérer.

Les efforts destinés à remettre en valeur les parcours dégradés dans le cadre du projet de la FAO "Revalorisation des parcours et création d'une réserve faunique dans les steppes syriennes" ont comporté notamment une analyse des sols et leur réensemencement avec des plantes et des arbustes locaux. Le projet encourage également la recherche de sources d'énergie de substitution, comme l'énergie solaire, et l'amélioration de l'exploitation des sources de combustibles existantes afin de réduire la destruction du couvert végétal, qui atteint des niveaux élevés.

Après une deuxième année de bonnes précipitations, la différence entre les zones protégées et les parcours surexploités ne peut aujourd'hui manquer de sauter aux yeux des bergers bédouins de la région. Mohamad Mirreh, conseiller technique principal du projet, a déclaré: "Les bergers bédouins pouvant désormais constater par eux-mêmes les effets spectaculaires de cette mise en défens sur la régénération des parcours, nous redoublerons nos efforts pour travailler avec eux afin de mettre au point des plans d'aménagement concrets et durables".

Le projet, lancé en février 1996 grâce à un accord conclu entre la Syrie, l'Italie et la FAO, contribue également à la création d'une réserve faunique de quelque 22 000 hectares et au développement de l'écotourisme en Syrie. Une exposition de photos qui se tient au Siège de la FAO, à Rome, du 26 mai au 5 juin, lui est consacrée.

5 juin 1998

 

La dégradation des terres menace les modes de vie traditionnels des Bédouins en Syrie

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