Grâce à une méthode de préservation sûre et simple, le lait pourrait être commercialisé en plus grandes quantitésUn comité chargé d'élaborer des normes alimentaires pour le lait et les produits laitiers a réaffirmé son appui à une méthode de préservation du lait qui pourrait donner aux paysans pauvres vivant dans des zones isolées la possibilité de commercialiser leur lait sur des marchés éloignés. En adoptant le système de la lactopéroxidase (LPS), les producteurs laitiers gagneront cinq bonnes heures pour transporter leur lait jusqu'aux installations de réfrigération. Le système LPS consiste à ajouter un petit sachet de thiocyanate à un bidon de lait, puis un sachet de peroxyde d'hydrogène. Ces deux substances sont présentes à l'état naturel dans le lait mais en quantités qui ne permettent d'enrayer la croissance des bactéries que pendant une à deux heures. En renforçant ce processus naturel, le lait peut tenir trois heures de plus, ce qui suffit à le transporter à un point de ramassage réfrigéré.
L'adoption généralisée de ce système à faible coût pourrait entraîner une augmentation des revenus des paysans pauvres qui tirent fréquemment l'essentiel de leurs revenus de l'élevage, mais qui n'ont pas la possibilité de vendre leur lait en dehors de leur village. Le système LPS sera reconfirmé comme méthode privilégiée, si la recommandation du Comité du Codex sur le lait et les produits laitiers est adoptée. Le Comité a rouvert le débat sur l'utilisation du peroxyde d'hydrogène dans la préservation du lait lors d'une réunion qui s'est tenue à Montevideo, Uruguay, du 18 au 22 mai. Le Comité fait rapport à la Commission du Codex Alimentarius, un organe mixte FAO/OMS, qui élabore des normes, des directives et des principes généraux pour préserver la qualité et l'innocuité des approvisionnements alimentaires mondiaux et faciliter le commerce mondial des denrées alimentaires. La réunion de Montevideo est convenue qu'il était temps d'éliminer progressivement une méthode de préservation du lait plus ancienne qui utilise dix fois plus de peroxyde d'hydrogène dans le lait et a confirmé que, en l'absence de réfrigération, la méthode LPS à faibles doses lui est préférable. La Commission du Codex Alimentarius a approuvé l'emploi du système LPS en 1991 en même temps qu'un code de pratique et étudiera les toutes dernières recommandations du Comité lors de sa réunion bisannuelle qui aura lieu à Rome, en juin 1999. Une décision favorable à la méthode à faible teneur en peroxyde d'hydrogène pourrait relancer les efforts engagés par la FAO pour promouvoir le système LPS dans les pays en développement. La FAO a déjà tenu des ateliers régionaux sur l'emploi de cette méthode en Egypte, pour la région Proche-Orient, et à Cuba, pour l'Amérique latine. Quatre-vingt pays ont demandé à la FAO de réaliser chez eux des essais avec cette méthode. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) finance actuellement un projet de la FAO dans le cadre duquel la Chine, qui traite déjà 5 millions de litres de lait par jour avec la méthode LPS, introduira cette technologie en Mongolie, Corée du Nord et Corée du Sud. Jean-Claude Lambert, spécialiste principal de la production laitière à la FAO, se souvient de l'accueil enthousiaste qu'il a reçu lorsqu'il s'est rendu sur des sites d'essai de la nouvelle technologie dans de petites exploitations agricoles de la Mongolie situées à 150 kilomètres de la capitale, Oulan Bator, une distance trop importante pour transporter du lait non réfrigéré. "Avant l'introduction de la méthode LPS, les paysans devaient se contenter de produire avec leur lait un fromage traditionnel très sec, a-t-il déclaré, car lorsque leur lait arrivait au centre de réfrigération, il n'était déjà plus dans un état de fraîcheur suffisante et le centre refusait de le prendre. Pour eux, cette nouvelle méthode a été fantastique. Ils ont pu avoir accès à un marché beaucoup plus vaste et doubler leurs revenus presque instantanément". 17 juin 1998
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