La baisse des rendements en riz inquiète les participants à une réunion de la Commission internationale du riz

 


A sa dix-neuvième session, tenue au Caire en septembre 1998, la Commission internationale du riz (CIR) s'est penchée sur la question de la baisse des rendements en riz. Cette Commission qui compte actuellement 61 pays membres, les principaux producteurs de riz du monde, encourage des mesures nationales et internationales en matière de production, de conservation et de consommation du riz.

Un riziculteur et son jeune fils au Cambodge: y-aura-t-il assez de riz à récolter quand le garçon sera grand? (Photo FAO 19667)

Le riz est l'aliment de base de plus de la moitié de la population mondiale. La production devrait continuer de couvrir la demande jusqu'en 2005 environ, mais les prévisions à long terme sont préoccupantes, selon Dat Van Tran de la FAO, Secrétaire exécutif de la Commission internationale du riz.

L'Asie cultive et consomme actuellement 90 pour cent du riz produit dans le monde. Un document sur la production rizicole dans la région Asie/Pacifique présenté à la réunion qualifie d'"ahurissantes" les projections de la demande jusqu'en 2025. Dans de nombreux pays asiatiques, la consommation de riz devrait augmenter plus vite que la population.

Selon cette étude, il faut que le niveau de production actuel croisse régulièrement de 1,8 pour cent par an. "Ceci est effrayant si l'on pense que le taux d'accroissement de la production de riz de 1975-1985 (3,2 pour cent), tombé à 1,7 pour cent durant la période 1985-1995, continue de fléchir", commente l'auteur. Selon les prévisions de la FAO, la production mondiale de riz atteindra environ 760 millions de tonnes d'ici à 2025.

Au cours des 10 à 20 prochaines années, du fait que la production ralentira et que la libéralisation des échanges se poursuivra, de nombreux pays asiatiques qui produisaient tout le riz dont ils avaient besoin deviendront des importateurs nets. Mais qui produira ce riz?

Compte tenu de ces sombres prévisions, la réunion de la CIR s'est concentrée sur trois grandes questions:

  • planter davantage de riz hybride,
  • combler l'écart entre les rendements en champ et les rendements en station de recherche;
  • soutenir les niveaux de productivité.

Le riz hybride peut rendre jusqu'à 20 pour cent de plus que les variétés de riz traditionnelles à haut rendement. Des variétés hybrides sont cultivées de manière extensive en Chine, mais le transfert de technologie dans d'autres pays asiatiques n'a pas toujours été facile, bien que des progrès aient été faits au cours de la dernière décennie. L'Inde a cultivé plus 80 000 ha de riz hybride en 1997 et le Viet Nam 102 000 ha en 1996, grâce à l'assistance technique de la FAO, et le concours de l'Institut international de recherches sur le riz, de la Chine et du Japon.

Il est ressorti de la réunion que les obstacles les plus graves à l'adoption généralisée des variétés hybrides sont le coût et la difficulté de produire des semences de riz hybride. Les délégués sont convenus d'étudier des moyens de faire participer les producteurs de semences du secteur privé à cet effort concerté visant à encourager l'adoption de techniques d'hybridation.

L'écart de rendement est la différence entre les rendements que les riziculteurs obtiennent dans leurs champs et les rendements obtenus dans les stations de recherche à un endroit donné et à une période donnée. La recherche montre qu'en comblant cet écart, la production de riz mondiale augmenterait d'un quart. Aider les agriculteurs à améliorer leurs méthodes de gestion des cultures et à adopter les techniques disponibles est considéré comme un des éléments clés pour combler cet écart. La FAO et d'autres organisations étudient de nouveaux modes de transfert de technologie tels que les stages de pratique de terrain pour les agriculteurs, qui ont été très efficaces en Indonésie et en d'autres endroits.

Plusieurs pays membres de la Commission internationale du riz ont signalé que les rendements en riz diminuent dans les zones de culture irriguée intensive où l'on rentre deux ou trois récoltes par an. Des tendances analogues sont observées en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie, mais les causes exactes sont inconnues. La FAO étudie l'incidence et l'ampleur du problème en vue d'élaborer une stratégie d'attaque. Reconnaissant le fait que dans de nombreux pays en développement les femmes effectuent la quasi-totalité des tâches durant la récolte, le traitement après récolte, le nettoyage des grains et l'entreposage du riz, la réunion a souligné que le rôle clé des femmes dans la production rizicole devrait être une pierre angulaire des projets et stratégies de développement.

1er octobre 1998

 

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