Oranges et citrons à l'ordre du jour d'une réunion internationale


Le monde produit plus d'agrumes que n'importe quel autre fruit - une moyenne de 81 millions de tonnes par an ces dernières années. Les recettes annuelles totales provenant des exportations d'agrumes, principale culture de rente dans de nombreux pays en développement, se montent en moyenne à 8 milliards de dollars E.-U.

Vente d'oranges au bord de la route au Bangladesh (Photo FAO nº16095)

"Les agrumes ne sont pas seulement importants économiquement en termes de recettes en devises et de création d'emplois, mais ils couvrent aussi une bonne partie des besoins nutritionnels de nombreux pays à faible revenu", a déclaré Paola Fortucci de la FAO, dans son discours d'ouverture à la douzième session du Groupe intergouvernemental sur les agrumes.

Des représentants de tous les grands pays producteurs d'agrumes se sont réunis à Valence (Espagne), du 22 au 25 septembre 1998 pour examiner la situation du marché et trouver des moyens de maintenir la consommation d'agrumes à des niveaux élevés. Les producteurs de plus des trois quarts des agrumes exportés dans le monde étaient représentés, y compris les plus gros producteurs, c'est-à-dire le Brésil, la Chine et les Etats-Unis, 15 autres pays et la Communauté européenne.

Une des principales fonctions du Groupe consiste à évaluer les perspectives du marché à long terme. A ce sujet, on s'inquiète de ce que la demande pourrait ne pas progresser aussi vite que la production, ce qui ferait baisser les prix. On a noté également que la consommation de jus d'agrumes à base de concentré dans la CE et d'autres pays développés pourrait avoir atteint le seuil de saturation.

Parmi les principaux points de l'ordre du jour de cette session, il faut citer les perspectives du marché pour les agrumes dans les pays en transition et pour les mandarines aux Etats-Unis et un éventuel engouement pour les fruits et les jus biologiques. Le Groupe s'est penché sur les effets que pourraient avoir sur les prix des agrumes frais de nouvelles réductions des importations et est convenu que la situation devait être suivie de très près.

Un document spécial a été présenté sur les bienfaits des agrumes au plan nutritionnel et sur la manière dont les gouvernements pourraient les utiliser pour encourager la consommation. Au XVIIème siècle, les agrumes servaient principalement à soigner le scorbut. Aujourd'hui, de nouvelles informations arrivent chaque jour sur son potentiel dans la prévention de maladies comme l'obésité, l'asthme, l'ostéoporose et les troubles cognitifs.

"De nombreuses personnes savent que les agrumes leur font du bien", a expliqué M. Bill Clay du Service des programmes nutritionnels de la FAO, dans un document, "... mais elles ne comprennent pas toujours leur importance". M. Clay a déclaré qu'au cours des vingt dernières années, les consommateurs qui s'occupent de leur santé ont acheté plus d'agrumes, aussi bien frais que transformés. Il a souligné l'importance d'un partenariat mutuellement avantageux entre le secteur de l'agrumiculture et les professionnels de la santé publique et de la nutrition dans un effort concerté pour sensibiliser le public à la valeur des agrumes et, par là, maintenir la demande à un niveau élevé.

"Vendre l'idée que les agrumes sont bons pour la santé n'est pas forcer la vente", a précisé M. Clay.

19 octobre 1998

 

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