Une conférence électronique rapproche des petits exploitants de 67 pays


Grâce à une conférence électronique de la FAO sur les associations de groupements de petits exploitants agricoles, plus de 375 personnes du monde entier ont pu examiner leur travail avec des groupements d'exploitants agricoles dans les pays en développement. La conférence a attiré des spécialistes d'organisations non gouvernementales (ONG), d'établissements universitaires, de la Banque mondiale, de l'USAID, du FIDA et de la FAO, leur permettant de mettre en commun des années d'expérience au niveau local en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Europe de l'Est. Près du quart des participants provenaient desdits "pays moins avancés" - les pays les plus pauvres du monde - principalement de l'Asie et de l'Afrique.

Des agriculteurs malgaches prennent part à une discussion de groupe (Photo FAO nº 17498)

Des associations de groupements de petits exploitants agricoles sont créées lorsqu'un certain nombre de groupements de petits exploitants se rassemblent et unissent leurs forces, à titre officiel ou non, dans le but de mettre en commun les ressources et les fonds disponibles pour améliorer le sort de tous leurs membres.

La FAO contribue depuis plus de 20 ans à la promotion de ces groupements. Ceux-ci favorisent la coopération entre petits agriculteurs, fondée sur des activités collectives autonomes. Selon le principal document de travail préparé pour la conférence électronique, "le nombre de groupements de petits exploitants agricoles - qui se comptent maintenant par dizaines de milliers - continue de croître".

Intervenant à la conférence électronique, Christine Kahanda, directeur exécutif du Service de la participation populaire en Zambie, a mis en lumière certaines des raisons qui ont porté à la constitution des associations de groupements: "Dans la province de l'ouest de la Zambie, ces associations ont été constituées par des membres de groupements, principalement pour aider à régler les différends entre membres que le groupement ne peut résoudre, tels que la mauvaise utilisation des fonds collectifs et des conflits personnels ... qui affectent la coopération au sein du groupement.... il y a maintenant des cas où ces associations ont été formées pour rendre plus rapides certains mécanismes de crédit, par exemple pour se procurer des broyeurs à marteaux et des polisseurs de riz, des chars à boeuf ou des boeufs de trait, qu'il est parfois difficile d'obtenir auprès de groupements individuels".

"Je considère les associations comme un facteur de changement en soi, a écrit un autre participant à la conférence. Elles aident les gens à se rendre compte des réalités et à prendre des initiatives afin de trouver des solutions appropriées à leurs propres problèmes".

Les associations de groupements de petits exploitants sont la seconde génération de coordination et d'action commune, nécessitant un certain niveau de compétences et d'expérience en matière d'organisation de groupement. Dans de nombreux cas, les associations de groupements se forment naturellement là où des groupements plus petits ont fonctionné avec succès pendant plusieurs années.

La conférence électronique visait en particulier à amener des individus à échanger des idées sur ce qui a fonctionné et ce qui a échoué dans ces associations de seconde génération à base plus large, et à commencer à mettre en place une base d'informations destinées à ceux qui s'emploient à soutenir des associations durables. "Une chose est très claire maintenant", a déclaré Thorgeir Lawrence, modérateur de la conférence, "c'est l'importance du milieu culturel dans lequel les groupements opèrent. L'échec des groupements ou des associations est souvent attribuable à des structures sociales qui ne sont plus adaptées".

Le coup d'envoi de la conférence électronique a été donné par un document de travail et un document thématique contenant 27 questions. Les débats ont eu lieu principalement en anglais, les autres langues étant le français et l'espagnol, avec quelques participants bilingues. "Ce qui est le plus stimulant, ce sont les multiples expériences vécues", a expliqué un participant, "... et l'articulation des débats autour de certaines questions charnières permet à chacun d'intervenir au moment qui lui convient le mieux."

Les conférences électroniques sont une alternative très rentable aux conférences traditionnelles. Selon le modérateur, "elles permettent également de faire des commentaires plus réfléchis car chacun a le temps de penser à ce qu'il dit, et de se référer à des interventions précédentes sur le même thème".

La FAO a tenu sa première conférence électronique en avril 1995. La dernière en date a porté sur la mondialisation et le commerce du poisson.

29 octobre 1998

 

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