Commercialiser les médicaments d'origine forestière


Les plantes médicinales sont un des "fruits" de la forêt. En Afrique du Sud, environ 27 millions de personnes utilisent des médicaments indigènes et aujourd'hui, pour de nombreuses espèces végétales populaires, la demande dépasse l'offre. Dans la province de KwaZulu-Natal, plus de 4 000 tonnes de plantes médicinales sont commercialisées chaque année, pour un montant de 13 millions de dollars - soit un tiers de la valeur de la récolte annuelle de maïs de la province.

Au niveau national, on estime que 20 000 tonnes peuvent être vendues chaque année, pour un montant de 60 millions de dollars E.-U. L'importance de ces plantes ne réside pas seulement dans leurs propriétés médicinales, mais aussi dans le fait qu'elles fournissent un revenu individuel et soutiennent l'industrie.

Mais des méthodes de récolte non viables signifient que les disponibilités s'amenuisent et que de nombreuses espèces ont disparu hors de la zone protégée de KwaZulu-Natal. C'est pourquoi l'Institute of Natural Resources (INR) a entrepris une étude en Afrique du Sud afin d'examiner le secteur des plantes médicinales dans son ensemble. Le projet visait à étudier la rentabilité de la culture des plantes médicinales de grande valeur pour les marchés locaux et portait essentiellement sur le potentiel cultural, les coûts de production et la commercialisation.  

Vente sur le marché de produits dérivés de plantes médicinales (FAO/17502/R. Faidutti)

Par le biais de son Programme de commercialisation des produits forestiers, la FAO tente d'informer et d'améliorer la connaissance des méthodes de commercialisation en vigueur aujourd'hui dans le secteur forestier. La composante commercialisation du projet de l'INR a fourni à la FAO une excellente occasion d'élaborer et de mettre à l'essai des approches et des méthodes pour réaliser des études analogues dans d'autres pays. Ce travail a également débouché sur une nouvelle publication FAO en anglais: "Marketing of Indigenous Medicinal Plants in South Africa" (Commercialisation des plantes médicinales indigènes en Afrique du Sud).

Cet ouvrage décrit la demande, l'offre, les méthodes de commercialisation actuelles, le potentiel et les lacunes du marché des plantes médicinales dans la province de KwaZulu-Natal et formule des recommandations à l'usage de toutes sortes de décideurs. Il s'agit de la dernière étude de cas d'une série décrivant les méthodes de commercialisation pour des produits forestiers spécifiques, comme premier pas vers une amélioration de l'efficacité et de la transparence dans la commercialisation.

La FAO considère la commercialisation comme un élément fondamental dans l'utilisation durable des forêts. Une commercialisation efficace permet aux producteurs, aux récolteurs, aux industriels et aux vendeurs de cibler et d'adapter leurs produits, réduisant ainsi les déchets et maximisant les revenus. Par exemple, dans le domaine des plantes médicinales, tant les guérisseurs que les consommateurs ont montré qu'ils tiennent à la qualité des produits achetés sur les marchés. Cela porte à croire qu'un meilleur contrôle de la qualité pourrait stimuler les ventes.

Le Programme de commercialisation des produits forestiers couvre tous les produits forestiers tant ligneux que non-ligneux, et même les services forestiers, tels que l'écotourisme. "Alors que les produits ligneux disposent habituellement de bons systèmes de commercialisation déjà en place", a déclaré Leo Lintu, forestier principal à la FAO et coordonnateur du programme, "la commercialisation des produits forestiers non ligneux est un domaine très nouveau". Les études de cas s'adressent à tous les acteurs dans ce domaine, y compris aux décideurs et aux agents de commercialisation et de vulgarisation. Elles peuvent également servir de matériel pédagogique.

13 novembre 1998

 

Pour une copie gratuite (en anglais) de Marketing of Indigenous Medicinal Plants in South Africa, s'adresser à: Leo.Lintu@fao.org 

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