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Des mesures d'urgence s'imposent pour combattre la faim
Alors que le nombre total de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans les pays en développement tendait à diminuer depuis 1970, le nouveau rapport estime le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde à 828 millions pour la période 1994-96, contre 822 millions en 1990-92. Le pourcentage de personnes sous-alimentées dans le monde aurait légèrement baissé pendant la même période, passant de 20 à 19 pour cent, mais cela ne suffit pas à contrebalancer l'expansion démographique. C'est en Asie que se trouve le plus grand nombre absolu de personnes sous-alimentées, mais c'est en Afrique subsaharienne que leur pourcentage est le plus élevé. "Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation: réduire au moins de moitié d'ici à 2015, le nombre de personnes qui souffrent de faim et de malnutrition dans le monde", a déclaré Jacques Vercueil, Directeur de la Division de l'analyse du développement agricole et économique de la FAO, qui a élaboré SOFA 98. En novembre 1996, les chefs d'Etat et de gouvernement de 186 pays se sont réunis à Rome pour le Sommet mondial de l'alimentation et se sont engagés à réduire de moitié le nombre des personnes souffrant de sous-alimentation chronique dans le monde d'ici à 2015. L'augmentation du nombre des affamés est due principalement aux faibles progrès enregistrés au plan de la réduction de la pauvreté. "SOFA 98" montre, d'autre part, que l'élargissement du fossé entre les revenus est un autre facteur important de sous-alimentation dans plusieurs parties du monde, selon M. Vercueil. Les données montrent que la faim et les mauvais résultats économiques constituent un cercle vicieux. Durant la décennie 1985-1995, dans les pays ayant le pourcentage le plus élevé de sous-alimentés - 50 pour cent ou plus de la population - le revenu par habitant a stagné ou diminué. Il en a été de même de la croissance du revenu dans la plupart des pays où plus de 30 pour cent de la population souffre de faim chronique. Le seul groupe de pays dans lequel le revenu par habitant a augmenté est celui où moins de 20 pour cent de la population est sous-alimentée. Sections spéciales sur le ravitaillement des villes et les revenus non agricoles des rurauxLe rapport annuel vedette de la FAO analyse l'évolution de la situation de l'alimentation et de l'agriculture aux niveaux mondial et régional, y compris le secteur des pêches et des forêts, et examine les problèmes essentiels auxquels le secteur est confronté. L'édition 1998 de SOFA traite également des tendances récentes relevées dans la production agricole, du problème du ravitaillement des populations urbaines en augmentation et de l'importance des activités rémunératrices non agricoles pour les zones rurales.
Un chapitre spécial du rapport est axé sur les activités rurales non agricoles, telles que le commerce, les industries de transformation et d'autres services. On reconnaît de plus en plus que ces activités constituent une partie essentielle de l'équation qui détermine la qualité de vie des ménages agricoles et ruraux. Dans toutes les régions du monde, les activités rurales non agricoles assurent une partie importante des revenus et des ressources desdits "ménages agricoles". Le chapitre spécial souligne que les revenus provenant d'activités rurales non agricoles sont un facteur important dans l'économie des ménages et par conséquent également dans la sécurité alimentaire, étant donné qu'ils permettent d'accéder plus facilement aux aliments. En tant que source de revenu pouvant contribuer à la lutte contre la faim, ces activités peuvent aussi empêcher une urbanisation rapide ou excessive, ainsi que la dégradation des ressources naturelles par la surexploitation. Les activités rurales non agricoles interagissent de manière dynamique avec le développement agricole. L'argent gagné hors de l'exploitation est souvent réinvesti dans l'agriculture - pour des achats d'engrais, de semences de qualité ou de machines - conduisant à une augmentation de la production et des revenus agricoles. Les activités rurales non agricoles accrues dans le système alimentaire (y compris la transformation des produits agricoles, la distribution et la fourniture d'intrants agricoles) peuvent aussi rendre l'agriculture plus rentable en offrant de meilleurs intrants et en améliorant l'accès aux marchés. Un secteur agricole dynamique favorise le développement rapide des activités rurales non agricoles, du fait que des produits agricoles deviennent disponibles pour la transformation et la distribution; il y a des intrants à vendre et du matériel à réparer et les revenus agricoles en numéraire servent à acheter des marchandises et des services sur place. L'un des principaux objectifs du chapitre spécial est de sensibiliser les gouvernements, les donateurs et les organismes de développement à la question des activités rurales non agricoles et au rôle de catalyseur qu'elles pourraient jouer dans le développement rural et agricole, et de permettre aux ruraux d'échapper au piège de la pauvreté. La "Situation de l'alimentation et de l'agriculture 1998" est disponible en cinq langues: anglais, arabe, chinois, espagnol et français. Cette publication de 371 pages peut être commandée au Groupe des ventes et de la commercialisation de la Division de l'information de la FAO. 26 novembre 1998
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