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Peste porcine africaine au Nigéria: un coup terrible pour les ruraux pauvres
Dans l'Etat du Benue, au Nigéria, les porcs sont des animaux précieux. La viande de porc est la viande favorite pour les repas de mariages, funérailles et autres événements sociaux importants et les porcs ne sauraient manquer dans une belle dot. Il est commun que des groupes familiaux élargis élèvent plus de cent porcs. Pour les ruraux pauvres, les porcs sont un moyen de gagner de l'argent pour payer les services médicaux, les droits de scolarité, les taxes et les engrais.
La PPA est provoquée par un virus particulièrement résistant et peut avoir des effets destructeurs. Très peu de porcs survivent à l'infection et ceux qui le font restent contagieux. Il n'y a pas de vaccin. La seule façon d'enrayer la PPA est de mettre en quarantaine les animaux touchés, d'abattre les sujets malades ou rétablis et d'isoler les sujets à risque. La PPA se propage en Afrique de l'OuestLa PPA est endémique chez les porcs sauvages en Afrique australe et en Afrique de l'Est. En Afrique de l'Ouest, elle s'est propagée régulièrement au cours de ces dernières années, décimant la population de porcs domestiques avec des effets graves sur les races indigènes comme sur les races introduites. Après l'introduction de la maladie en Côte d'Ivoire en 1996, 22 000 porcs sont morts de la PPA et 100 000 autres ont été abattus dans la foulée pour éradiquer l'épizootie. La FAO a aidé le gouvernement moyennant un Projet de coopération technique (PCT) et, en avril 1997, l'épizootie aurait été jugulée (Voir le communiqué de presse). Le Bénin et le Togo ont aussi été infectés et des PCT ont démarré en 1997 et 1998 respectivement (voir la PPA au Bénin )
Au Cap-Vert, la FAO a établi en début d'année que l'épidémie récente de PPA était limitée à deux îles: Maio et Santiago. Un projet de coopération technique a été approuvé en avril. La maladie est endémique dans une partie au moins de l'archipel du Cap-Vert depuis 1985. Dans l'île de Santiago, cinq ou six zones sont maintenant infectées (Voir la PPA au Cap-Vert) Au Nigéria, la PPA a été d'abord détectée dans les Etats du sud-ouest - Lagos et Ogun - et on pense qu'elle est entrée dans le pays par des contacts à la frontière avec le Bénin. Un PCT a été mis en place en avril 1998 pour aider le gouvernement à sensibiliser l'opinion publique à l'épizootie et à juguler ce fléau. Les femmes chefs de famille sont touchées plus durementM. Timothy Obi, vétérinaire et chercheur invité auprès du système EMPRES de la FAO, s'est rendu au Nigéria en novembre et a constaté que la PPA s'est maintenant propagée très loin des Etats de Lagos et d'Ogun. Lors d'un atelier avec les autorités vétérinaires nationales, on a signalé que neuf Etats sont maintenant infectés. Les participants à l'atelier se sont dits "préoccupés par la menace sérieuse que constitue la maladie pour la sécurité alimentaire en général, et en particulier pour celle de la population rurale à faible revenu". M. Obi a souligné que l'épizootie de PPA au Nigéria - et dans l'Etat de Benue en particulier, où les porcs sont très importants pour les familles à faible revenu - a un effet destructeur sur les femmes chefs de famille. "La majorité des éleveurs de porcs sont des femmes, pour la plupart soutiens de famille. Le paiement des droits scolaires est l'une des premières choses qui n'a pu être faite", a-t-il expliqué. L'abattage obligatoire sans indemnités propage la PPASelon M. Obi, une des causes principales de la propagation de la PPA quand des mesures de lutte sont mises en oeuvre est l'abattage obligatoire des animaux infectés et des animaux à risque, sans indemnités pour les propriétaires. Risquant de perdre leurs animaux sans recevoir d'indemnités, les éleveurs de porcs font deux choses pour réduire leurs pertes, a expliqué M. Obi. Quand cela est possible, ils transfèrent leurs animaux loin des zones infectées, parfois chez des parents dans un autre Etat du pays ou dans des pays voisins. "Dans cette région d'Afrique, des liens socio-culturels existent indépendamment des frontières nationales, a précisé M. Obi; il est donc assez facile de passer les frontières avec les animaux pour les emmener chez des parents. Les animaux infectés déplacés de cette manière propagent la maladie". S'ils n'arrivent pas à éviter l'abattage, les éleveurs de porcs peuvent essayer de vendre ou de donner de la viande fumée provenant d'animaux abattus - souvent, là encore, à des parents éloignés. La viande provenant d'animaux infectés transmet la maladie et tout abat consommé par des porcs nécrophages la transmettra aussi. Les participants au dernier atelier ont averti que "l'abattage sans indemnités suffisantes aggravera la situation déjà préoccupante en aidant à propager encore la maladie par le mouvement massif de porcs vivants et de produits dérivés". Il est recommandé d'"indemniser les éleveurs de porcs de préférence en nature afin qu'ils puissent reconstituer leurs élevages". 11 décembre 1998
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