Epuration des eaux d'égout par l'aquaculture


L'Inde poursuit ses travaux de recherche afin de trouver un moyen d'utiliser une de ses ressources les moins convoitées: les 15 millions de mètres cubes d'eaux d'égoût qu'elle produit chaque jour.

Partant du principe que les eaux d'égout ne sont pas simplement des eaux usées mais aussi une source de nutriments, une station expérimentale opérationnelle depuis 1994 traite les eaux d'égout avec des plantes aquatiques et des poissons. Chaque jour, un million de litres d'eaux d'égout subissent un premier traitement dans des étangs contenant des lentilles d'eau, puis dans des étangs contenant des carpes et des crevettes. Au bout de cinq jours, la qualité de l'eau s'est améliorée au point qu'elle peut être utilisée pour l'agriculture, sans pour autant être potable.

Des eaux d'égout s'écoulent à la sortie de la ville de Cuttack (photo de gauche). Un million de litres sont pompés chaque jour dans une station expérimentale d'épuration des eaux d'égout par l'aquaculture (photo de droite) où elles sont traitées avec des plantes aquatiques et des poissons.
Encore que des coliformes fécaux aient été trouvés dans l'organisme, les intestins et les branchies des poissons élevés dans ces eaux, la chair en est exempte. La vente de poissons séjournant dans ces étangs d'épuration pendant 8 à 12 mois a presque couvert les frais d'exploitation de la station, les dépenses nettes s'élevant à 15 000 roupies par an, soit environ 385 dollars E.-U. Cette station, qui couvre un demi-hectare, est gérée par deux hommes.

Le coût de la construction de l'Aquaculture Sewage Treatment Plant (ASTP) (Station d'épuration des eaux d'égout par l'aquaculture) s'élève à 1,5 million de roupies (38 000 dollars E.-U.), contre 5 à 6 millions de roupies (128 000 à 154 000 dollars E.-U.) pour un établissement d'épuration standard en Inde et 10 millions de roupies (256 000 dollars E.-U.) pour un établissement comparable en Occident.

La station située à Cuttack (Etat d'Orissa), dans l'est de l'Inde, est l'oeuvre de l'Institut central d'aquaculture d'eau douce (CIFA), fondé en 1986 avec l'aide de la FAO.

Cuttack, ville de 700 000 habitants, aurait besoin d'un établissement d'une capacité 60 fois supérieure à celle de la station expérimentale pour épurer les eaux d'égout produites chaque jour, actuellement non traitées.

Un Atelier national sur l'épuration des eaux d'égout par l'aquaculture, tenu en 1997 au siège du CIFA, a conseillé de continuer d'étudier cette méthode, approuvé le plan de la station et recommandé que les administrations d'autres Etats de l'Inde l'adoptent.

 

Pour plus d'informations sur la technique ASTP, veuillez écrire au Directeur du CIFA - M. Ayyappan, CIFA, Kausalyaganga, Bhubaneswar, 751002, Orissa, Inde; courrier électronique: cifa@x400.nicgw.nic.in

20 août 1998

 

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