L'élevage du lapin procure aliments et revenus


Les lapins sont capables d'améliorer la sécurité alimentaire des petits paysans dans le monde, selon une nouvelle publication de la FAO intitulée Le lapin: élevage et pathologie. Activité relativement simple, l'élevage de lapins de clapier peut procurer un revenu modeste et contribuer à améliorer le régime alimentaire des ménages urbains et ruraux, avec un apport d'intrants et des frais de main-d'oeuvre minimaux.

Chine: coupe des poils d'un lapin angora. Les poils de lapin sont une bonne source de revenu pour les petits paysans

L'ouvrage est un travail de recherche encyclopédique et un manuel technique sur le lapin: production et commerce mondial, nutrition et alimentation, reproduction, amélioration génétique et sélection, pathologie, logement et matériel, gestion, production de fourrures et de poils pour l'industrie textile.

"L'élevage de lapins de clapier est la réponse parfaite à la demande actuelle de projets de développement", a déclaré René Branckaert, spécialiste de la production animale à la FAO.

Pour plusieurs raisons, les lapins sont uniques parmi les petits animaux pour l'alimentation et le commerce:

  • leur viande est très nourrissante, à faible teneur en matière grasse et en cholestérol, riche en protéines, en certaines vitamines et sels minéraux;
  • étant des herbivores, ce ne sont pas des rivaux de l'homme dans la course aux aliments et ils s'adaptent facilement aux conditions locales;
  • l'investissement et les frais de main-d'oeuvre sont peu élevés et les lapins peuvent être soignés par les membres de la famille les plus vulnérables;
  • ils sont faciles à transporter et à commercialiser (viande, poils et peau);
  • ils sont très prolifiques, avec des périodes de gestation et de lactation de courte durée (jusqu'à 40 petits par an, contre 0,8 pour les bovins et 1,4 pour les ovins).

Des tabous persistants découragent la consommation de lapin

Mais l'ouvrage indique que le développement de l'élevage du lapin se heurte à de grands obstacles. Il souligne la nécessité de former aux techniques d'amélioration génétique et de gestion ainsi qu'à la lutte contre les maladies.

Les tabous persistants concernant la consommation de viande de lapin sont peut-être le plus grand obstacle à l'expansion de ce secteur. Une étude FAO portant sur 64 pays en développement a constaté que pour 30 pour cent des personnes interrogées, des raisons sociales, religieuses ou autres freinent le développement de l'élevage du lapin.

"Il est beaucoup plus facile de faire progresser la consommation de viande de lapin là où les populations ont déjà l'habitude de manger de la viande de différentes sortes, par exemple du gibier, selon l'auteur. Cela s'appliquerait à l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Les individus dont le régime alimentaire est monotone auront plus de mal à accepter ce nouveau produit. Toutefois, l'exemple du Mexique, avec son alimentation traditionnelle à base de maïs et de haricots, montre qu'une campagne de promotion bien planifiée peut contribuer sensiblement à encourager les changements nécessaires dans les habitudes alimentaires".

Avec des gouvernements et des organisations non gouvernementales s'occupant de développement, la FAO a appuyé et préparé des projets d'élevage du lapin dans différents pays, en particulier l'Egypte, le Ghana, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, Haïti, le Mexique, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe et la République du Congo.

L'Europe est le premier producteur mondial de lapins

Pour certains, toutefois, la viande de lapin est un mets délicat. Le centre de production mondiale de lapins est l'Europe où la demande est très forte, représentant 75 pour cent de la production mondiale. En 1990, la production mondiale totale a été estimée à 1,5 million de tonnes. L'Italie était le premier producteur de lapins du monde avec 300 000 tonnes par an, suivie de la CEI avec 250 000 tonnes et de la France avec 150 000 tonnes.

Si les obstacles d'ordre culturel et autres pouvaient être surmontés, le lapin permettrait de résoudre à peu de frais les problèmes de la faim, de la sous-alimentation et de la pauvreté rurale.

"Le potentiel est là, a expliqué M. Branckaert. Il faut seulement l'exploiter davantage. Et avec un peu plus de conviction. Le lapin est un exemple de la manière dont les petits paysans pauvres peuvent obtenir des protéines et un revenu avec un investissement minimal".

Contenant plus de 50 tables et 26 photos couleurs, la publication de 219 pages rassemble toutes les données disponibles sur l'élevage, la santé et la production des lapins. Elle peut être commandée auprès du Groupe des ventes et de la commercialisation de la Division de l'information de la FAO: Collection FAO: Production et santé animales nº 19 - ISBN 92-5-203441-2 - ISSN 0253-3731, au prix de 45 dollars E.U.

12 janvier 1999

 

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